Une idée qui semblait relever de la science-fiction s’invite dans le débat climatique : la création de nouveaux lacs dans les grands déserts afin de réduire le volume d’eau dans les océans et freiner la montée du niveau des mers. L’exemple pilote concerne la dépression de Qattara, une vaste cuvette située en dessous du niveau de la mer dans le désert occidental égyptien.
Selon Amir AghaKouchak, le coordinateur du projet à l’Université de Californie, Irvine, le principe est plutôt simple : reconnecter ces dépressions à la mer à l’aide de canaux ou de tunnels, permettant à l’eau de regagner des bassins qui étaient autrefois submergés. L’objectif est double : créer un « puits » permanent qui prélève de l’eau dans les océans et générer des bénéfices locaux.
« Le concept du Inland Sea Reflooding consiste à relier de grands bassins en dessous du niveau de la mer à l’océan pour créer des mers intérieures stables », explique le chercheur. Le remplissage de la dépression de Qattara, qui atteint une profondeur de 133 mètres, pourrait retirer des centaines de kilomètres cubes d’eau des océans, entraînant une légère réduction du niveau de la mer. L’évaporation et le flux constant d’eau pourraient maintenir cet effet sur le long terme.

La dépression de Qattara est jugée idéale pour trois raisons. Sa grande superficie, son climat aride propice à l’évaporation et sa proximité avec la mer Méditerranée. « Qattara possède des caractéristiques uniques : une vaste étendue, une forte évaporation et une connexion relativement courte à la mer », souligne AghaKouchak.
Cependant, ce projet pose d’énormes défis : impacts écologiques, menaces sur les nappes phréatiques et les habitats désertiques, questions de gouvernance internationale et gestion des populations locales. Néanmoins, il offre également des opportunités potentielles : énergies renouvelables lors du remplissage, aquaculture, tourisme, et enrichissement de la biodiversité aquatique. « C’est une solution complémentaire, pas un remplacement de la réduction des émissions », précise le scientifique. « Nous devons évaluer rigoureusement les avantages et les inconvénients, et éviter les conjectures. »
Parmi les autres dépressions candidates figurent la mer Morte et la dépression Danakil en Éthiopie. Chacune nécessiterait néanmoins des accords géopolitiques complexes et des analyses environnementales approfondies.

AghaKouchak insiste sur le fait que ces projets ne sont pas des solutions miracles, mais des contributions marginales, destinées à examiner leur faisabilité. « Notre mission est de fournir des preuves solides », conclut-il, « afin que les gouvernements et les communautés puissent décider de manière éclairée. »
Points à retenir
- La proposition de créer des lacs intérieurs pourrait réduire le niveau des océans.
- La dépression de Qattara est un site pilote pour ce projet ambitieux.
- Des défis écologiques et géopolitiques doivent être pris en compte.
- L’initiative pourrait stimuler l’énergie renouvelable et l’aquaculture.
- C’est une approche complémentaire, et non un remplacement, aux efforts de réduction des émissions.
En tant qu’observateur passionné des problématiques environnementales, je trouve cette initiative fascinante. Elle soulève des questions importantes sur la manière dont nous pouvons aborder la crise climatique de manière innovante. Ce projet pourrait bien ouvrir un nouveau chapitre dans la quête d’un équilibre entre développement humain et préservation de notre planète. Quelles autres solutions créatives pourrions-nous envisager pour sauvegarder notre environnement ?
