Dans une saison où un pilote accumule 396 points, dans la course au titre mondial, tandis que son coéquipier peine à atteindre les 33 points et se retrouve en bas du classement, toute comparaison devient secondaire. Cependant, pour Fernando Alonso, la situation semble encore plus marquée.
Sa carrière exceptionnelle, qui se distingue par sa longévité, démontre comment il parvient, tout au long des saisons, à dominer ses coéquipiers, sauf rares exceptions, qui, pour ses fans, ont toujours des justifications.
Fernando Alonso, terreur de ses coéquipiers
Un trait marquant de la carrière d’Alonso est sa capacité à s’élever face à l’adversité, à tirer le meilleur parti de monoplaces qui, en théorie, ne devraient pas être compétitives. C’est précisément dans ces moments qu’il écrase souvent ses coéquipiers.
Dès ses débuts, Giancarlo Fisichella, l’espoir italien de l’époque, n’a réussi à devancer Alonso que lors de trois courses durant les saisons 2005 et 2006. Même lors de saisons au goût amer, comme en 2007, Alonso a surpassé Lewis Hamilton lors de 10 courses, contre 7 pour le Britannique.
On peut également mentionner le 18-0 infligé à Nelson Piquet en qualifications, avec un 13-3 en course. De même, la rivalité avec Felipe Massa est devenue de plus en plus évidente, surtout lorsque la Ferrari devenait difficile à maîtriser, le Brésilien, à deux virages d’un titre mondial, ne parvenant à s’imposer que deux fois, tout en se faisant largement doubler au classement des points.
La même histoire s’est répétée avec Kimi Räikkönen, qui a rejoint Ferrari pour défier Alonso, qui avait été trop à l’aise avec Massa comme coéquipier. Le résultat fut un 16-3 en course, avec Alonso triplant les points en fin d’année.
Le cas de Stoffel Vandoorne mérite également d’être souligné. Considéré comme un grand espoir de la F1, le Belge, protégé de McLaren, a découvert une réalité difficile à gérer avec un McLaren Honda et plus tard un McLaren Renault, entraînant un 21-0 en qualifications et un écart de points significatif.
Fernando Alonso s’illustre lorsque la performance de la F1 est faible
En revenant à sa dernière étape chez Aston Martin, où il fait équipe avec Lance Stroll, ancien membre de Racing Point, leurs premiers déboires dataient de 2023. Cette saison a marqué le retour d’Alonso sur le podium, ravivant l’espoir de nombreux aficionados.
Lors de cette saison, Alonso a encore dominé Stroll avec un score de 19-3 en qualifications et 17-3 en course, affichant un rapport de points de 207 à 74. Cependant, l’année 2024 a vu le décrochage de la performance d’Aston Martin, Alonso devançant Stroll avec un 19-5 en qualifications et 17-7 en course, creusant encore une fois l’écart avec 70 à 24 en points.
Cette saison a été particulièrement difficile pour Aston Martin, avec un véhicule imprévisible, et c’est précisément dans ces conditions qu’Alonso brille, montrant une résilience et une capacité d’adaptation remarquables. Sa domination en qualifications est impressionnante, souvent devant des véhicules ayant une bien meilleure performance en course. Actuellement, la différence entre les deux pilotes en qualifications est de 23 à 0 alors qu’il ne reste qu’un Grand Prix à disputer.
Lance Stroll, au bord du gouffre
Il est souvent dit qu’Alonso a le pouvoir de miner le moral de ses coéquipiers. Ceci a été particulièrement évident lors du dernier Grand Prix de Qatar, où une version désespérée de Stroll a été observée. Après la qualification, où Alonso s’était classé huitième et Stroll dix-neuvième, ce dernier montrait des signes de détresse dans le paddock, partagé entre colère et incompréhension face à ses difficultés à rivaliser avec Alonso.
Actuellement, Stroll termine la saison relativement proche d’Alonso en termes de points, avec un score de 48 à 32 en faveur de l’Espagnol, alors que le dernier Grand Prix à Yas Marina approche.
Points à retenir
- Fernando Alonso a constamment surpassé ses coéquipiers, même face à des adversités techniques.
- Des performances marquées en qualifications montrent l’aptitude d’Alonso à tirer le meilleur de son véhicule.
- La rivalité avec des pilotes comme Hamilton, Massa et Räikkönen souligne l’impact d’Alonso sur la dynamique d’équipe.
- Stroll, en difficulté cette saison, fait face à des défis moraux et techniques face à Alonso.
- Les distinctions en qualifications les placent souvent dans des situations de pression psychologique.
En considérant la situation d’Alonso, il est fascinant de réfléchir à l’impact qu’un pilote peut avoir sur ses coéquipiers, tant sur le plan sportif que psychologique. La pression intense de la compétition, couplée à l’excellence d’Alonso, soulève des questions sur la résilience humaine et la manière dont la performance peut influencer la dynamique d’une équipe. Pour ma part, c’est cet aspect psychologique qui m’intrigue le plus, révélant la beauté complexe du sport automobile.