Le caractère privé des essais de Formule 1 de Ferrari à Barcelone limite les détails concernant l’accident de Lewis Hamilton survenu cette semaine. Selon plusieurs médias italiens, Hamilton aurait eu un accrochage en fin de matinée, vers la fin de sa demi-journée de roulage, probablement à la dernière courbe du circuit. Bien que la cause précise de cet incident ne soit pas encore déterminée, l’erreur de pilotage apparaît comme l’explication la plus probable, ce qui semble confirmer la volonté de Ferrari de minimiser l’incident.
Les accidents font partie des aléas inhérents aux essais. Bien que ce ne soit pas l’idéal, cela survient souvent lorsque les pilotes tentent de dépasser leurs limites au volant d’une voiture qu’ils découvrent. Hamilton a déjà rencontré des situations similaires, ayant par exemple été victime d’accidents lors des essais précédant sa première saison de F1 en 2007 avec McLaren, puis à nouveau avec Mercedes en 2013.
Dans le cas de la Ferrari 2023, les risques d’accident peuvent être accrus en raison de certaines caractéristiques problématiques. La voiture présentait un défaut spécifique qui pouvait piéger un pilote encore peu familier avec ses réactions, notamment dans la dernière courbe rapide de Barcelone.

En effet, si Hamilton devait connaître un tel incident dans une Ferrari de l’ère des effets de sol, ce serait presque certainement avec la voiture de 2023, la moins réussie à ce jour et dotée des pires traits de caractère. Carlos Sainz et Charles Leclerc ont dû relever un véritable défi pour piloter cette voiture de manière cohérente, comme en témoigne le fait qu’elle n’a remporté qu’une seule course l’année passée (avec Sainz au Grand Prix de Singapour, qui demeure la seule victoire non-Renault de la saison).
Comme l’a écrit Mark Hughes pour The Race à la fin de 2023, Ferrari avait continué cette année-là avec un concept de sidepod à l’avant large qui avait bien fonctionné pour rivaliser pleinement avec Red Bull au début de 2022. Cependant, à mesure que Ferrari cherchait à optimiser l’aérodynamisme de cette configuration, le flux d’air ne parvenait plus à alimenter correctement le sous-sol et les côtés de la voiture, entraînant une défaillance soudaine à grande vitesse qui conférait à la voiture un comportement imprévisible dans les virages rapides, en particulier sous les rafales de vent.
La première mise à jour majeure de la voiture a eu lieu à Barcelone, avec un allongement et un rétrécissement des sidepods visant à rendre ce flux d’air moins sujet au décrochage. Cependant, le problème demeurait : même Leclerc, qui a une préférence pour un équilibre en survirage, a constaté qu’il ne pouvait pas s’engager correctement dans les virages rapides.

D’autres ajustements ont été réalisés, mais la performance de la voiture variait principalement en fonction du tracé. Sainz avait demandé à tester un autre réglage qui lui permettait de contourner l’imprévisibilité de l’arrière en induisant un survirage délibéré, ce qui lui a été bénéfique lors de sa victoire à Singapour. Une dernière mise à jour en fin d’année, avec un nouveau plancher conçu pour améliorer l’efficacité aérodynamique, a apporté une maîtrise inattendue de l’arrière.
C’est cette version de la voiture qu’Hamilton a pilotée cette semaine. Bien qu’elle ait fait l’objet d’améliorations, ses traits de caractère sous-jacents n’ont jamais été totalement éliminés. Cette observation n’est pas une excuse pour Hamilton, car il lui incombe d’atténuer le risque d’accident avec la voiture qu’il conduit, même si celle-ci peut s’avérer capricieuse. Toutefois, cela illustre les défis spécifiques auxquels Hamilton doit s’adapter ; ceux qui pensaient qu’il laisserait derrière lui les pires voitures à effet de sol chez Mercedes auront eu une autre vision !
Cela souligne également la valeur limitée de ces anciens tests de voiture. En effet, la voiture Ferrari 2024, plus performante et fiable, a été conçue de manière très différente de son prédécesseur. Ainsi, la Ferrari 2025 – la SF-25 – que Hamilton pilotera cette année sera une évolution de la voiture de 2024.
Ce qu’il a testé à Fiorano (de manière brève) et maintenant à Barcelone ne correspond pas pleinement aux caractéristiques de maniabilité qu’il peut attendre pour cette année. Il est à espérer, en tout cas, que ce soit la moins bonne Ferrari qu’Hamilton ait à piloter. Cet exercice a toujours été plus utile pour l’habituer aux autres différences comme la position de conduite, le confort, la sensation au freinage, la communication avec son ingénieur de course, sans oublier les réglages des systèmes et du volant Ferrari.

Bien qu’Hamilton prenne le volant à nouveau la semaine prochaine, cette fois-ci avec une version de la bien meilleure voiture 2024, ce ne sera pas aussi simple qu’il y paraît. En effet, cet essai vise à soutenir le développement des pneus Pirelli pour 2026, ce qui impliquera des modifications pour s’adapter à de nouvelles caractéristiques de performance attendues pour l’année prochaine.
Au final, Hamilton ne fait que s’instruire sur ce qu’il peut avant que les travaux plus significatifs ne débutent lors de l’essai de pré-saison à Bahreïn avec la voiture 2025, qui aura elle aussi ses propres traits et limitations à appréhender.
Bon à savoir
- Les essais privés en Formule 1 sont souvent cruciaux pour les pilotes afin de s’adapter à leur nouvelle voiture.
- Ferrari a connu une série de défis techniques avec son modèle 2023, influençant les performances des pilotes.
- Le développement des pneumatiques est un aspect essentiel des tests de pré-saison, impactant les réglages de la voiture pour l’année en cours.
Cet article met en lumière les défis auxquels Hamilton est confronté avec Ferrari. J’espère qu’il tirera de précieux enseignements de ces essais pour sa saison !