Aleix Espargaro, pilote d’essai chez Honda, insiste sur la nécessité d’intégrer les séances « time attack » dans les plans d’essais de la marque japonaise afin de mieux appréhender ses apparitions en wildcards en MotoGP.
Triple vainqueur en MotoGP, Espargaro a déjà pris part à deux courses en wildcards pour Honda en 2025, lors des Grands Prix d’Espagne et de Grande-Bretagne.
Si son rythme de course s’est montré solide, le pilote a rencontré des difficultés en qualifications, où il n’a pas retrouvé le niveau qu’il affichait lorsqu’il était pilote à temps plein.
À Silverstone, il s’est retrouvé à 1,4 seconde du meilleur temps en Q1, tandis qu’à Jerez, l’écart était de 0,697 seconde. Dans les deux cas, il était le quatrième pilote Honda le plus rapide, devant le débutant Somkiat Chantra, en difficulté.
Aleix Espargaro réclame un changement de méthode chez Honda
Espargaro explique que la manière d’aborder un tour rapide sur la Honda est très différente de ce qu’il connaissait chez Aprilia. Résultat : il est « vraiment perdu » en configuration qualifications.
« Ce deuxième Grand Prix fut un peu plus facile, mais en termes de pilotage à la limite, c’était très proche de ce que j’ai vécu à Jerez », confiait-il lors du GP britannique. « J’ai vraiment besoin de plus de temps, je ne roule pas au niveau que je souhaiterais. »
Il avoue aussi ne pas apprécier le comportement des pneus neufs : « Avec Aprilia, quand je passais au pneu tendre, je relâchais un peu les freins pour entrer rapidement dans le virage et laisser la moto accélérer à l’intérieur. Sur cette Honda, si je fais ça, la moto se met à vibrer. Ici, il faut freiner très tard, puis relâcher et accélérer vite. Ce n’est pas du tout mon style de pilotage… en mode ‘time attack’, je suis complètement largué. »
Le pilote souligne cependant les contraintes liées aux essais : la limitation du nombre de pneus freine la possibilité de travailler les tours rapides dans les meilleures conditions.
« J’en ai parlé avec l’équipe, il faut qu’on planifie ça. C’est compliqué car quand ils amènent beaucoup de nouvelles pièces lors des tests, il faut faire attention au nombre de pneus. D’habitude, on teste différents bras oscillants, et on essaie de poser un temps précis pour refaire plusieurs tours afin de comparer. C’est important pour les ingénieurs que je réalise cinq tours avec le même chrono. Donc le ‘time attack’ n’est pas vraiment prévu au programme. Mais s’ils veulent que je continue à faire des wildcards, c’est un point qu’il faut vraiment améliorer. »
Points à retenir
- Aleix Espargaro s’adapte à une Honda très différente de son ancienne Aprilia, surtout en qualifications.
- Le « time attack », ou séance de tours rapides, n’est pas encore une priorité chez Honda lors des essais officiels.
- Les contraintes de budget et la gestion des pneus limitent la possibilité d’expérimenter pleinement lors des tests.
- En wildcard, le défi est de taille : revenir à son meilleur niveau sur une moto qui exige un pilotage totalement différent.
- Espargaro réclame une organisation adaptée pour améliorer ses performances, ce qui pourrait profiter à Honda sur le long terme.
On pourrait se demander si cette « perte de repères » d’Aleix ne cache pas un léger choc culturel entre le pilote et la machine japonaise, voire une forme de respect excessif des contraintes techniques qui freinent l’audace. Mais au fond, n’est-ce pas un peu rafraîchissant de voir qu’en MotoGP, même les pros ont besoin de réapprendre leur métier ? Reste à voir si Honda saura jouer le jeu et offrir à son pilote test les outils pour se réinventer, ou si le temps d’adaptation continuera de rimer avec tour perdu… Je ne sais pas vous, mais personnellement, ça me donne presque envie d’enfourcher une moto… ou au moins de suivre ça de très près chez LesNews !