Álex Márquez a dû patienter avant de passer la visite médicale au centre de Sachsenring, en attendant l’arrivée du docteur Ángel Charte. Ce dernier l’a jugé apte à participer au Grand Prix d’Allemagne de MotoGP, sous réserve d’un contrôle médical après la première séance d’essais libres. Son doigt index gauche, opéré suite à une fracture, présente des signes d’amélioration. Actuellement deuxième au classement du championnat, à 68 points de Marc Márquez, Álex est conscient qu’il ne pourra pas viser la victoire, mais il entend aborder chaque journée au fil de l’eau.
Un état physique sous contrôle
« Je suis ici parce que je me sens prêt à courir, sinon je ne serais même pas venu. Si la blessure était à la main droite, je ne serais pas sur la grille, car freiner avec cette main serait trop risqué, autant pour moi que pour les autres. Ici, c’est la main gauche, donc ça touche juste l’embrayage, et j’ai encore une bonne prise avec toute la main, ce qui est un bon point. Je n’ai pas d’objectif précis ce week-end, si ce n’est rester calme, donner le meilleur de moi-même à chaque séance et voir comment ça évolue. Le docteur Charte m’a autorisé à rouler, mais je dois revenir pour un nouveau contrôle après le premier libre. Souvent, avec ce type de fracture, ça va en s’arrangeant. Juste être présent sur cette course, c’est déjà une victoire. Ce qui viendra après sera du bonus. »
Sachsenring plutôt favorable
« Cette piste ne demande pas beaucoup de freinage puissant, seulement à la première courbe et dans la descente ; le reste est un travail de douceur et de précision, de ne pas brusquer la moto. Je suis d’habitude assez fin dans mon pilotage, mais ce week-end, je crois que vous verrez un Álex encore plus délicat. L’objectif est d’y aller doucement, de ramener le maximum de points en minimisant les risques au possible. »
Deux Grands Prix consécutifs
« La question au docteur était claire : si je reste à Sachsenring et vais à Brno, dans quel état serai-je ? Sa réponse : dans trois ou quatre jours, je serai dans le même état. J’ai donc décidé de venir ici parce que je me sens prêt. Clairement, une blessure avant deux courses de suite n’est jamais idéal, mais la vie est ce qu’elle est. »
Objectif réaliste, pas de victoire surprise
« Pour être honnête, si tu me demandes si je serai sur le podium dimanche, ma réponse est ‘impossible’. Ce n’est même pas une ambition. Mon souhait est simplement de piloter correctement et de voir comment ça se passe, avec la météo encore incertaine, ce sera un peu la loterie. Je me concentre sur le vendredi matin et rien d’autre. Obtenir un podium en étant blessé n’est pas ma manière de juger ma saison. Une bonne saison, c’est tenir ce rythme jusqu’à Brno, revenir en forme après l’été, et garder le cap. »
L’accrochage avec Acosta expliqué
« Il y a eu contact entre Acosta et moi, les deux avions avec notre espace respectif. Puis un changement de trajectoire, sans utiliser le dispositif qui abaisse l’arrière de la moto, ce qui a provoqué un ‘wheelie’. À ce moment-là, je crois qu’il m’a touché légèrement le frein, que ce soit avec son genou ou sa protection. La roue arrière s’est bloquée à l’arrêt, ce qui a provoqué ma chute. J’ai eu la malchance de tomber à droite, avec un gros impact. En glissant, j’ai ressenti un choc très fort sur le doigt, c’est là que l’os s’est cassé. C’était clairement un incident de course. »
Points à retenir
- Opération effectuée, mais piloter avec un doigt cassé, c’est un peu comme faire du vélo avec un glaçon à la place de la main.
- La main gauche est plus clémente pour Márquez, la droite, c’est le freinage, le nerf de la guerre ; c’est tout dire.
- Sachsenring ne se résume pas à des freinages brutaux, ce qui arrange bien notre héros qui préfère caresser la moto plutôt que de la martyriser.
- Deux courses à suivre, pas question de ménager la monture, même si le corps fait un peu la grimace.
- Un podium, dans son agenda, ce n’est pas encore écrit, mais on ne lui en veut pas : Rome ne s’est pas faite en un jour.
- L’accrochage avec Acosta ? Une danse un peu chaotique, un “wheelie” fatal et ce fameux doigt blessé pour célébrer la chorégraphie.
En fin de compte, voilà un pilote qui comprend qu’il ne gagnera pas ce week-end la course à la bravoure, mais qui mise sur le bon sens et une bonne dose de patience. Je me demande bien s’il ne faudrait pas que l’on décerne un prix spécial à celui qui sait le mieux gérer ses ambitions en jonglant avec les bobos : ce serait sûrement un succès, non ?