Pit Beirer, le responsable de KTM, a qualifié les règles de pression des pneus en MotoGP d’« absurdes ». Cette réglementation impose à chaque pilote de réaliser un pourcentage minimum de tours de course à une pression définie, ce qui a entraîné des pénalités tant pour KTM que pour ses concurrents.
Si un pilote ne respecte pas les pourcentages requis – 30 % lors d’un Sprint et 60 % pendant un Grand Prix – il se voit infliger une pénalité de temps de 8 ou 16 secondes, respectivement.
Cette règle a récemment coûté une place sur le podium au pilote vedette de Beirer, Pedro Acosta, lors du Sprint à COTA. Même si la déception de KTM a été atténuée par le fait que le grand bénéficiaire a été Enea Bastianini de Tech3, la situation fut moins réjouissante lorsque Maverick Vinales a été déclassé d’un podium au Qatar l’année dernière pour la même infraction.
KTM a également tiré profit de ces règles, comme en témoigne la promotion de Dani Pedrosa à la troisième place après une pénalité infligée à Fabio Quartararo de Yamaha lors du Sprint à Jerez en 2024. Néanmoins, Beirer a exprimé son désir de changement.
« Cette règle est tout simplement absurde », a-t-il déclaré à Speedweek.com. « J’ai fortement plaidé pour que les pressions de pneus soient contrôlées sur la grille de départ. C’est une mesure équitable pour tous. »
« La règle de pression des pneus fondée sur le pourcentage de tours est absurde, car elle n’a rien à voir avec de la tricherie. Si vous avez prévu une marge suffisante pour rester au-dessus de la limite mais que vous vous retrouvez dans le sillage d’un autre pilote, la pression augmente considérablement et la moto devient difficile à contrôler. »
« En revanche, si vous roulez seul à l’avant, la pression chute. Nous ne sommes pas dans la situation de Marc Marquez l’année dernière, qui pouvait supposer qu’il serait seul devant et mettre tout en place en conséquence. Parfois, nous luttons au milieu du peloton et nous nous retrouvons soudainement seuls, ce qui fait chuter la pression. »
Pedro Acosta prend la tête du peloton lors du Sprint MotoGP aux États-Unis en 2026.
Beirer a ajouté : « Cette règle doit vraiment être modifiée ou abolie. Le fait qu’une telle chose puisse décider des courses est simplement scandaleux. »
« On ne gagne ni un avantage ni un désavantage avec 0,03 bar de pression de pneu. C’est complètement insensé, car cela ne dit rien sur le fait de savoir si quelqu’un a bien ou mal travaillé. »
Beirer est conscient que ce problème est rapidement oublié après quelques courses sans incident. « Ça m’énerve d’autant plus maintenant, parce que cela nous a directement impactés à COTA. Si cela ne vous affecte pas pendant trois ou quatre courses, vous avez tendance à l’ignorer. »
« J’ai rencontré le président de la FIM sur la grille de départ, et il a dit : ‘Cette règle doit être changée immédiatement.’ Je lui ai répondu : ‘Vous êtes le président de la FIM, changez-la !’ »
« Commençons tous avec la même pression de pneu et ensuite, faisons la course. »
MotoGP passera de Michelin à Pirelli pour 2027, ce qui pourrait offrir l’occasion de revoir les pourcentages, les pénalités ou la méthode utilisée pour déterminer la légalité de la pression des pneus.
Points à retenir
- La règle actuelle impose des pénalités en fonction des tours réalisés à une pression précise.
- Des cas fréquents de pénalités soulèvent des questions sur l’équité des règles.
- KTM a bénéficié et été pénalisé par les mêmes règles dans les courses passées.
- La pression des pneus peut changer de manière significative selon les conditions de course et le positionnement du pilote.
- Un passage à Pirelli en 2027 pourrait ouvrir la voie à des ajustements des régulations en vigueur.
L’article met en exergue un questionnement essentiel sur l’équité dans la compétition. Au-delà des règlements, comment les instances du sport peuvent-elles garantir que la performance se mesure surtout au talent et à la stratégie des pilotes, plutôt qu’à des facteurs imprévisibles tels que la pression des pneus ? C’est une problématique qui mérite d’être approfondie et qui affecte l’intégrité même de ce sport passionnant.