Sete Gibernau, pilote espagnol emblématique, s’est récemment exprimé lors d’un podcast sur sa rivalité avec Valentino Rossi, évoquant son ressenti face à des situations qui l’ont poussé à remettre en question sa passion pour le sport. Il souligne que certaines actions sur la piste ont été mal comprises et ont eu des conséquences néfastes pour les courses.
Pilote renommé dans le monde de la MotoGP, Sete Gibernau a été un adversaire redoutable de Valentino Rossi entre 2003 et 2005, en compagnie d’autres talents comme Max Biaggi et Loris Capirossi.
Avec deux podiums aux championnats du monde en 2003 et 2004, Gibernau a également accumulé huit victoires de GP. Dans cet extrait d’une récente interview accordée à un podcast, il partage ses réflexions sur ces années de compétition acharnée.
Comment avez-vous vécu cette période de batailles avec Valentino ?
« Nous avons combattu de 2003 à 2006, surtout jusqu’en 2005. En 2006, cela a été moins intense en raison de mes blessures. »
Concernant l’incident de Jerez en 2005, première course de la saison…
« Oui, il m’a percuté à la dernière courbe. Je suis sorti de la piste. »
Vous avez tout de même terminé second…
« Oui, mais il n’a reçu aucune sanction. C’est là que j’ai commencé à perdre foi dans le sport. »
Cette course avait été une véritable bataille entre vous…
« C’était souvent le cas. En 2003, 2004 et 2005, je ne comprenais pas comment on pouvait accepter de telles manœuvres dans un sport qui n’est pas de contact. »
Après cela, vous avez signé pour Ducati…
« À la fin de l’année, j’ai signé avec Ducati pour construire un nouveau rêve. J’étais déterminé à gagner dès ma première course avec eux. »
“Il n’a reçu aucune sanction. C’est là que j’ai commencé à perdre foi dans le sport.”
“L’un des mécaniciens a oublié de resserrer un boulon, j’ai chuté au premier tour et j’ai dû me retirer. Ce jour-là, je me suis retiré mentalement des courses.”
Que s’est-il passé ensuite ?
« Un mécanicien a négligé un détail, et j’ai chuté. C’est ce jour-là que j’ai décidé de me retirer mentalement des compétitions. J’étais en plein combat contre mes propres démons. »
Comment vous sentiez-vous à ce moment-là ?
« C’était déroutant. J’aurais souhaité que les choses soient plus équitables sur la piste. Le contact ne devrait pas être accepté dans notre discipline si fragile. »
“Je vivais un combat contre tout, et j’avais l’impression que le championnat ne respectait pas certaines règles.”
Le développement de la moto de 2007 et le retrait
Quel est votre avis sur le courage dans ce contexte ?
« Chaque pilote de MotoGP est courageux, mais ce n’est pas cela le courage. Cela ne devrait pas inclure de percuter un adversaire. »
Concernant Valentino en particulier ?
« Pour un pilote de la stature de Valentino, accepter cela est problématique. Cela a engendré un comportement malheureux chez d’autres pilotes. »
Avez-vous préparé la moto pour 2007 ?
« Nous avons travaillé dur, mais dans mon esprit, je pensais déjà à me retirer. Ultime ironie, cette moto s’est révélée très performante. »
Mais avez-vous des regrets ?
« Non, je ne regrette rien. Je suis reconnaissant pour mon parcours. J’ai appris énormément, même si je ferais certaines choses différemment si je pouvais revenir en arrière. »
Points à retenir
- La rivalité entre Sete Gibernau et Valentino Rossi a marqué les années 2000.
- Des incidents controversés sur la piste ont eu un impact sur l’état d’esprit de Gibernau vis-à-vis de son sport.
- Le courage dans le MotoGP ne devrait pas impliquer de comportements dangereux envers les adversaires.
- Le développement de nouvelles motos demande un engagement total des pilotes.
- La retraite d’un pilote peut être profondément influencée par des expériences passées et des réflexions sur sa carrière.
En conclusion, l’histoire de Sete Gibernau illustre les dilemmes moraux auxquels sont confrontés les pilotes dans le monde compétitif de la MotoGP. À travers son parcours, je me demande combien d’autres sportifs pourraient ressentir une pression similaire. Les véritables défis ne sont-ils pas ceux qui se déroulent sur la piste, mais aussi ceux que l’on affronte en soi-même ? C’est une réflexion sur ce que signifie réellement concilier passion et éthique dans le sport, un thème que je trouve fascinant à explorer.
