Le studio AdHoc, composé d’anciens vétérans de Telltale, a choisi de s’écarter des normes du secteur vidéoludique avec la sortie de son jeu *Dispatch*, partagé en épisodes et publié chaque semaine. Michael Chung, le producteur exécutif et directeur de la société, a qualifié cette décision de “folie”, mais cette approche a permis d’engendrer un succès viral bien au-delà des espérances de l’équipe.
<p>Ces dernières années, le format épisodique, popularisé par Telltale, a perdu en pertinence, la culture du binge-watching ayant largement dominé les jeux et les séries. Lorsque AdHoc a annoncé que *Dispatch* serait divisé en parties avec des sorties hebdomadaires, la décision a suscité des débats.</p>
<p>Cependant, ce modèle épisodique a réussi à créer une communauté qui, semaine après semaine, s'est réunie autour de théories captivantes, partageant les divers choix qui ont influencé leur expérience. Ce sentiment collectif de progression aurait été perdu avec un lancement complet, réduisant le jeu à une course frénétique, où les participants évitaient les réseaux sociaux par crainte de spoilers.</p>
<blockquote><p>Sur le plan des métriques et de la production, il n'est pas judicieux de suivre cette voie. Croire que l'épisodicité seule déterminera le succès est risqué. L'essence de tout cela réside dans la créativité. Si celle-ci est forte, le format importe peu, cela pourrait fonctionner même si c'est un choix discutable.</p></blockquote>
<p>Le choix du format épisodique n'a pas été pris à la légère. Chung a mentionné que "tout le monde nous a déconseillés de le faire", mais AdHoc a fait preuve de suffisamment de confiance en son récit pour maintenir cette structure. </p>
<p>Heureusement, pour *Dispatch*, l'histoire d'un héros démuni, contraint de travailler dans un bureau tout en rassemblant une équipe d'anciens "méchants", a trouvé son public. Chaque épisode a généré une campagne de bouche-à-oreille qui a largement dépassé les anticipations d'AdHoc.</p>
<p>Chung attribue ce succès retentissant au modèle épisodique, affirmant que si le jeu avait été lancé en une seule fois, il "aurait probablement connu des résultats normaux, mais pas de cette envergure".</p>
<blockquote><p>Choisir l'épisodicité sans une histoire solide revient à perdre l'intérêt des joueurs. On peut dire que c'est un multiplicateur : si l'histoire est bonne, les résultats seront meilleurs. Le contraire est tout aussi vrai. Si d'autres s'engagent dans cette démarche, nous espérons qu'ils réussiront.</p></blockquote>
<p>Pour le moment, l'histoire est close, mais l'équipe a indiqué qu'elle envisagerait la possibilité d'une seconde saison.</p>Points à retenir
- Le format épisodique favorise l’engagement communautaire autour du jeu.
- Une bonne histoire est essentielle pour maximiser le succès d’un format épisodique.
- La sortie hebdomadaire peut devenir un élément stratégique pour maintenir l’intérêt des joueurs.
- La confiance dans sa création est primordiale, même face aux critiques.
- AdHoc envisage un potentiel second saison, signe de la bonne réception de l’œuvre.
À mon sens, ce choix audacieux d’AdHoc soulève des questions fascinantes sur l’évolution du médium vidéoludique : et si l’épisodicité retrouvait ses lettres de noblesse face à la consommation instantanée actuelle ? Cela nous amène à réfléchir sur le rôle des récits partagés et la communion d’expérience entre les joueurs. Il serait intéressant de voir d’autres studios s’orienter vers ce modèle et de constater comment ils le renouvellent pour captiver auditoire et communauté.
