When Pragmata a été dévoilé lors de l’annonce de la PlayStation 5 en 2020, son bande-annonce brillante promettait des scènes d’action sci-fi palpitantes dans l’espace. Cependant, ce que je n’avais pas anticipé, c’était la délicate histoire d’amour paternel qui s’y cache. Capcom se lance ici de manière inattendue dans le genre des jeux à la narration empreinte de mélancolie.
Dans cette fiction proche du futur, une entreprise nommée Delphi a établi une station de recherche sur la Lune pour expérimenter des technologies avancées d’impression 3D, utilisant un matériau appelé “Lunafilament” pour créer facilement tout, des outils aux bâtiments. Comme il fallait s’y attendre, les choses tournent mal. Alors que la station cesse soudainement de fonctionner, l’ingénieur Hugh est envoyé depuis la Terre pour enquêter.
Dès les premières minutes, Pragmata dégage une mélancolie captivante. Des couloirs étincelants mènent à des laboratoires inquiétamment désertés. Des créations à moitié imprimées stagnent, avec des fils de filament dépassant de leurs cadavres inachevés, tandis que des hologrammes montrent des conversations de chercheurs de plus en plus inquiets. Hugh découvre rapidement que les employés humains ont rencontré un destin funeste, mais heureusement, il n’est pas seul. Attaqué par des droïdes de sécurité en panne, il est secouru par un Pragmata – un acolyte androïde imprimé en 3D, ressemblant à une petite fille de six ans. Ce détail pourrait bien s’avérer crucial par la suite.
Le nouvel ami de Hugh – qu’il nomme Diana – peut repousser des ennemis meurtriers en piratant directement leurs systèmes. Diana, installée confortablement sur ses épaules, utilise ses compétences pour infiltrer en temps réel les ennemis, révélant leurs points faibles. En naviguant dans un mini-jeu de piratage tout en tirant sur des ennemis robotiques, on peut sentir l’influence de l’incontournable RPG de la Nintendo DS, The World Ends With You. Bien qu’au départ l’armement et les options de piratage soient limités, la découverte de nouvelles modifications et l’amélioration de l’équipement transforment le combat en un défi stratégique de réflexes.
En dépit du vernis sci-fi métallisé de Pragmata, une chaleur bienvenue émane de cette aventure. À mesure qu’Hugh et Diana explorent des couloirs chargés de dangers, leur relation père-fille fictive s’épanouit. Ce qui aurait facilement pu sembler forcé prend une tournure naturelle autour de personnages auxquels on s’attache immédiatement. Chaque ligne de dialogue fait naître un sourire.
Au fil de l’histoire, les mystères de cette colonie lunaire abandonnée se dévoilent. Heureusement, prendre du recul par rapport à l’action et à l’énigme est possible en se rendant dans un abri souterrain. Cet endroit améliorable permet de débloquer des améliorations pour le costume et les armes, d’effectuer des simulations d’entraînement, puis d’approfondir les échanges avec Diana. Après chaque discussion, la fillette est inspirée pour dessiner des images tendres de leurs échanges. Apprenant à connaître l’humanité à travers les récits d’Hugh, elle explore avec ravissement chaque nouvelle découverte. Il est même possible de jouer à cache-cache avec elle et d’installer une aire de jeux imprimée en 3D dans l’abri.
Grâce aux scientifiques friands d’impression de la station, Pragmata révèle une variété visuelle plaisante, nous transportant rapidement de couloirs blancs à des jungles tropicales, des plages et la surface lunaire, où l’on flotte sans gravité. La mythologie du monde est tout aussi bien développée. En arpentant une réplique inquiétante de New York à moitié imprimée, je découvre des courriels d’employés de Delphi, exprimant leur ennui profond depuis que des robots réalisent toutes les tâches à leur place.
Bien qu’une période creuse en milieu de jeu fasse redescendre l’action dans une sorte de galerie de tir sans but, une série d’améliorations et des révélations intrigantes veillent à ce que Pragmata se termine sur une note exaltante. Tout est sublimé par une direction artistique saisissante signée Cho Yonghee, l’artiste derrière l’envoûtant Nier Automata. Je m’attendais à ce que le jeu soit beau sur la PlayStation 5 Pro, mais j’ai été agréablement surpris de le voir tourner aussi bien sur la console Switch 2.
Malgré son cadre futuriste étincelant, Pragmata réussit à évoquer l’âge d’or des jeux vidéo. C’est une aventure solo magnifiquement conçue, portée par un combat novateur, avec un accent fort sur le récit et l’atmosphère. Là où les tentatives de jeux à l’émotion touchante peuvent parfois paraître écoeurantes, Pragmata parvient à traiter cette relation père-fille avec une délicatesse inattendue.
Points à retenir
- La relation entre Hugh et Diana évolue au fil de l’histoire, apportant une dimension émotionnelle à l’aventure.
- Le gameplay combine action et piratage, offrant une expérience interactive variée.
- Le design visuel est non seulement captivant, mais aussi varié, passant d’un décor lunaire à des jungles luxuriantes.
- Des éléments de personnalisation et d’amélioration sont intégrés, permettant une meilleure immersion dans le jeu.
- Le récit est développé à travers des dialogues et des interactions significatives, enrichissant l’expérience globale.
En tant que passionné de jeux vidéo, je trouve fascinant de voir comment Pragmata réussit à lutter contre l’ennui souvent ressenti dans les paradigmes modernes du jeu. Les émotions humaines, représentées ici par des personnages attachants, sont au cœur de l’expérience. Cela soulève la question : jusqu’où les développeurs iront-ils pour fusionner des récits poignants avec des mécaniques de jeu innovantes ? Je suis impatient de voir quelle direction prendra l’industrie à cet égard.
