mer. Juin 24th, 2026
John Wayne et Clint Eastwood
(Crédits : Far Out / MUBI / Universal Pictures)

Vers la fin de sa carrière, John Wayne eut le sentiment que Hollywood le laissait sur le bord du chemin. Ce n’était pas totalement faux, son image commençait à dater à mesure que l’industrie se renouvelait, avec des scénarios plus audacieux et des récits qui repoussaient les limites traditionnelles.

Pour « The Duke », ce tournant n’était pas celui qu’il espérait. Il avait bâti sa légende autour de principes solides qu’il a défendus sans faillir pendant des décennies. Même conscient de la transformation en cours, il s’accrochait aux clichés qui avaient fait de lui une figure emblématique du cinéma américain.

À l’aube des années 70 et alors que la « Nouvelle Hollywood » prenait de l’ampleur, un nouveau défi pointa à l’horizon : Clint Eastwood. Avec le triomphe de la trilogie Dollars, ainsi que Dirty Harry, Hang ‘Em High ou encore High Plains Drifter, Eastwood fut rapidement perçu comme le successeur naturel de Wayne, incarnant une nouvelle ère d’héroïsme taciturne et roublard qui menaçait de lui voler la vedette dans le western.

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Inutile de dire que « The Duke » n’appréciait guère cette concurrence. La tension entre les deux stars était palpable. Observant Eastwood de loin, Wayne conclut qu’il valait mieux faire cause commune ou du moins essayer. C’est ainsi qu’il accepta de jouer dans McQ, un thriller d’action de 1974, avec pour seul objectif de prouver qu’il pouvait rivaliser – et surpasser – son jeune adversaire dans son propre registre.

Si cela peut paraître exagéré, ce n’en est rien. Wayne lui-même déclara que la seule raison pour laquelle il accepta le rôle était : « Je pensais pouvoir être le Dirty Duke », pour démontrer qu’il pouvait faire ce qu’Eastwood faisait et aussi pour se racheter d’avoir refusé Dirty Harry.

Dans son ouvrage Conversations with Clint, Paul Nelson qualifia McQ de copie maladroite et embarrassante de Dirty Harry. Eastwood lui-même admit : « Je sais. En réalité, l’un des scripts, c’était McQ. Je l’avais refusé. »

Le monde est petit, après tout. Wayne avait décliné le rôle de Harry Callahan, Eastwood l’avait repris, en avait fait une icône mondiale et s’était imposé comme l’un des plus grands héros du cinéma. Wayne, rongé par la jalousie, partit donc à la chasse d’un autre projet similaire.

C’est ainsi qu’il se retrouva dans McQ, projet initialement proposé à Eastwood qui, réalisant que le scénario manquait de profondeur, l’avait décliné. Wayne dit oui, mais le film fut accueilli fraîchement par la critique et le public. Le verdict unanime : pourquoi John Wayne s’acharne-t-il à mimer Clint Eastwood ? Probablement un coup d’ego qui n’a pas eu l’effet escompté.

Points à retenir

  • John Wayne, malgré sa stature légendaire, a eu du mal à suivre le renouveau du cinéma dans les années 70.
  • La Nouvelle Hollywood, avec ses récits plus audacieux, redéfinit la figure du héros, parfois au détriment des anciens codes incarnés par Wayne.
  • Clint Eastwood est devenu le visage d’un nouveau genre de héros, plus sombre et plus complexe, bousculant ainsi la suprématie de Wayne dans le western.
  • Le film McQ symbolise aux yeux des critiques et du public cette tentative maladroite de Wayne de rajeunir son image en imitant celui qu’il considérait comme son successeur.
  • Refuser un rôle clé peut parfois coûter cher, surtout quand celui-ci propulse un autre acteur au rang d’icône.

Au fond, cette histoire nous rappelle que le cinéma est un théâtre de rivalités et d’egos démesurés où s’entremêlent hasard, calcul et parfois maladresse. Et si Wayne n’est pas devenu le « Dirty Duke » qu’il espérait, il nous montre que même les géants peuvent trébucher quand ils tentent de danser sur la musique du futur. Mais bon, comme dirait l’autre, chacun son style… Personnellement, je trouve fascinant que dans ce jeu d’ombres et de lumières, ce soit souvent l’ego qui fasse le plus de bruit.


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

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