
Vijay Sethupathi dans une scène de ‘Viduthalai Part 2’
| Crédit Photo : Arrangement Spécial
Dans l’une des scènes marquantes de Viduthalai Part 2, un moment éphémère montre une feuille tombant sur Perumal Vaathiyaar (Vijay Sethupathi), plongé dans l’inconscience. On dirait que la nature souhaite le réveiller pour mettre un terme à l’injustice qui se déroule. Lorsque cela n’a pas d’effet, un orage éclate, le rendant conscient tant au sens propre qu’au figuré. De tels instants ponctuent le film de Vetri Maaran, qui se révèle être son opus le plus engagé politiquement, laissant le spectateur sur sa faim.
Le premier film de la série suivait le parcours de l’agent Kumaresan (Soori), un nouvellement recruté qui n’avait d’autre choix que de s’adapter rapidement aux conditions difficiles de son unité et à la manière de traiter les villageois qu’il est censé protéger. Viduthalai Part 2, quant à lui, délaisse cette intrigue pour se concentrer sur les épreuves de Vaathiyaar, présentant le chemin parsemé de sang, de sueur et de larmes qu’il a emprunté pour devenir le leader d’un groupe séparatiste. Alors que Vaathiyaar, capturé, est ordonné de rejoindre un camp, Kumaresan et son supérieur dépravé, Ragavendar (Chetan), doivent braver un terrain hostile, avec un Vaathiyaar dans son mode « Oru kadha sollata saar? », en traversant la forêt.

Le premier chapitre, en établissant les deux côtés du conflit, a présenté des faits sans chercher à dévoiler les zones grises les séparant. Il s’est concentré sur l’affrontement entre les forces armées et le groupe, ainsi que sur la vie de Kumaresan, contraint d’abandonner son innocence et ses principes pour gagner une reconnaissance professionnelle et connaître l’amour avec Tamizharasi (Bhavani Sre). Cependant, cette suite, en utilisant le passé de Vaathiyaar comme outil narratif, se focalise sur la manière dont le système, conçu pour protéger les gens, s’érige contre eux, étiquetant ceux qui s’y opposent comme des extrémistes.
Viduthalai Part 2 (Tamil)
Réalisateur : Vetri Maaran
Distribution : Vijay Sethupathi, Manju Warrier, Soori, Chetan
Durée : 170 minutes
Synopsis : Lorsque un enseignant peu remarquable est poussé à bout, il prend les armes dans une révolte ardente, se transformant en leader populaire.
Viduthalai Part 2 évoque fermement les inégalités humaines, l’oppression systémique et les forces qui retardent la recherche de solutions, en montrant un système qui favorise les puissants. Comme le moment où Vaathiyaar enseigne aux policiers la différence entre les faits et l’information fragmentée à reconstituer, le film véhicule suffisamment d’idées pour enflammer ceux dont les idéologies s’opposent à celle du film.
Cependant, les idées ne suffisent pas toujours, et il serait exagéré de qualifier cette suite d’aussi complète que le premier volet. Kumaresan, interprété par Soori, tout comme les précédents héros de Vetri, est un outsider entraîné malgré lui dans un monde chaotique dont il doit s’échapper. Face à un tel pandémonium, il trouve refuge en aidant une villageoise harcelée. De la même manière, le point de rupture du personnage de Vaathiyaar est similaire, mais la suite semble étouffer sous le poids de son prêchi-prêcha.


Une scène de ‘Viduthalai Part 2’
| Crédit Photo : Arrangement Spécial
Si le premier film racontait une histoire se déroulant sur quelques jours, Viduthalai Part 2 capte les décennies de vie de son personnage principal, qui évolue au fil du récit. Cela, tout en alourdissant un film qui dure déjà près de trois heures, dilue également l’impact émotionnel qu’il tente de créer.
Bien entendu, Vijay Sethupathi brille dans le rôle de Vaathiyaar, et après Maharaja, il est réjouissant de le voir interpréter à nouveau des rôles principaux mettant en avant son talent d’acteur. Ken Karunas et Manju Warrier apportent également leur touche, tandis que Chetan et Rajiv Menon incarnent des fonctionnaires malveillants qui semèrent plus de trouble que dans le premier film. Toutefois, contrairement à Viduthalai Part 1, qui présentait la plupart de ses personnages principaux comme de simples pions dans un jeu dominé par des forces supérieures, la suite repose entièrement sur l’épaule de Vijay Sethupathi, laissant peu de place aux autres. Sans surprise, lorsque les émotions sont partagées ou lorsque des vies sont brutalement ôtées, Viduthalai Part 2 ne parvient pas à reproduire l’impact de son prédécesseur.

À une époque où les cinéastes peinent à créer des méchants convaincants, Viduthalai Part 2 propose un éventail de personnages aux nuances variées de malveillance. Alors que le personnage de Rajiv Menon incarne le mal bureaucratique, Chetan joue un maniaque égocentrique prêt à tuer pour défendre son honneur. Vetri remplit son film de nombreux tels personnages, tentant d’ajouter un brin d’individualité, voire un arc complet. On apprend que le personnage de Rajiv soutient l’apprentissage de l’hindi et qu’un autre policier n’hésite pas à sacrifier un collègue pour protéger ses propres intérêts. On note même une mention sur l’origine de certains termes de gauche, issus de la Révolution française. Ces éléments ajoutent peu à l’intrigue principale, qui demeure désespérément mince. On en vient à se demander si Viduthalai n’aurait pas pu être un film à part entière, chacun de ses volets montrant comment Kumaresan et Vaathiyaar sont deux faces d’une même pièce.

Une scène de ‘Viduthalai Part 2’
| Crédit Photo : Arrangement Spécial

Tout comme son aspect politique, le film affiche une solide aptitude technique, notamment durant les séquences d’action. Le génial compositeur Ilaiyaraaja sublime l’atmosphère avec une partition remarquable, et parfois, par un silence assourdissant. Toutefois, cela, ainsi que les dialogues percutants, ne parviennent pas à compenser les problèmes de synchronisation labiale. Probablement le plus gros reproche fait à Viduthalai est son incapacité à développer l’histoire de Kumaresan ou à clarifier ce qu’il est advenu de sa bien-aimée et de ses amis, soumis à des sévices en détention. La fin ouverte ne rend pas hommage à un récit qui s’étend sur plus de 320 minutes.
Malgré un fond politique solide qui véhicule un message malheureusement actuel, ainsi que des performances impressionnantes (on espère voir Vijay récompensé par des distinctions), la suite de Vetri Maaran manque des émotions qui avaient magnifiquement fonctionné dans le premier volet. Néanmoins, Viduthalai Part 2 demeure captivant par son approche de la notion de liberté et de son véritable coût.
Viduthalai Part 2 est actuellement à l’affiche dans les cinémas
Publié – 20 décembre 2024, 19h44 IST
Bon à savoir
- Nouveau film de Vetri Maaran : Ce réalisateur, reconnu pour ses récits captivants, continue d’explorer des thèmes sociopolitiques à travers son œuvre.
- Importance du scénario : Le film, bien qu’il traite de sujets sérieux, est parfois critiqué pour son rythme et la profondeur de ses personnages secondaires.
- Réception critique : Les critiques s’accordent à dire que, bien qu’il y ait de fortes performances, le film pourrait bénéficier d’une narration plus équilibrée.
En somme, Viduthalai Part 2 amène les spectateurs à engager une réflexion sur le rôle du cinéma dans la représentation des luttes sociales contemporaines. La question persiste : comment le cinéma peut-il non seulement divertir, mais aussi éveiller les consciences et engager le dialogue sur des injustices souvent passées sous silence ?
