Des documentaires poignants sur les tragédies à Gaza et en Argentine à un film d’horreur gothique à cœur et à âme — les moments forts de la 50ème édition du Festival international du film de Toronto.
Joyeux 50e anniversaire, TIFF ! Le Festival international du film de Toronto a célébré sa jubilaire en se consacrant à sa vocation originelle en tant que « festival des festivals » : présenter une multitude de films provenant des quatre coins du globe. Comme toujours, l’événement a été jalonné de moments marquants et de désillusions, de déceptions et de surprises inattendues — difficile de programmer plus de 200 longs métrages en 11 jours sans quelques ratés ou, au contraire, quelques véritables joyaux qui deviennent des pivots critiques et des favorites du public. Voici nos 10 choix de films à retenir du TIFF 50 (s’il vous plaît, évitez de l’appeler TIFF-ty) qui continueront de résonner en nous bien après la fin de l’événement, le 14 septembre. Des documentaires sur des tragédies en Gaza et en Argentine à un film d’horreur qui a su se démarquer, un monstre gothique touchant, et un drame d’époque sur le dramaturge emblématique qui pourrait bien se faire couronner meilleur film, l’année fut riche en émotions.
(Aussi : mention spéciale à Blue Heron, Erupcja, Hen, A Poet, Rose of Nevada, et Tuner.)
‘Bad Apples’

Crédit image : Pulse Films Jonathan Swift proposait, avec un brin de satire, que la surpopulation pourrait être résolue par la consommation des enfants. Ce film, mettant en vedette Saoirse Ronan, suggère que les élèves laissés pour compte par un système scolaire défaillant pourraient profiter d’un tutorat personnalisé — spécifiquement sous contrainte dans un sous-sol. Le réalisateur suédois Jonatan Etzler n’hésite pas à aborder les aspects plus sombres d’un tel sujet, et son personnage enseignant se révèle plutôt antipathique. Néanmoins, cette comédie noire ne se contente pas de critiquer les lacunes de l’éducation moderne, mais soulève également des problématiques systémiques plus larges — exigences de l’économie de précarité, inégalités dans le système de méritocratie — qui aggravent le problème. Et puis, c’est réellement très drôle, maniant l’ironie comme une épée.
‘The Christophers’

Crédit image : TIFF Nous aurions été parfaitement satisfaits si Steven Soderbergh nous avait simplement offert un bon film de braquage d’art avec Michael Coel et Ian McKellen, sans briser sa série gagnante de 2025. Sa drame plus contemplatif sur un artiste engagé pour retrouver et « achever » les œuvres inachevées d’un peintre controversé va bien au-delà et propose une réflexion profonde sur le blocage créatif et l’importance des héritages. La dynamique entre les deux acteurs, McKellen en vieux grincheux et Coel avec son aire distante, correspond parfaitement au ton concocté par Soderbergh et Ed Solomon.
‘Exit 8’

Crédit image : TIFF Le concept est simple : vous marchez dans un couloir d’une station de métro à Tokyo. Vous remarquez tout autour de vous, des affiches aux autres usagers. Après quelques tournants, vous vous retrouvez dans le même couloir — mais si vous remarquez des “anomalies”, comme une affiche différente ou une porte supplémentaire, retournez en arrière. Réussissez cela huit fois et vous pourrez sortir. Le réalisateur Genki Kawamura parvient à capturer le sentiment de panique existentielle et crée une parabole sur l’anxiété parentale et les conséquences de mauvais choix, en soumettant son héros, l’Homme Perdu (Kazunari Ninomiya), à diverses épreuves. C’est à la fois stylé, angoissant et touchant, là où il faut.
Bon à savoir
- Le TIFF a accueilli plus de 200 films, mettant en avant une diversité de genres et de styles.
- La plateforme a réussi à attirer l’attention sur des questions sociales et politiques à travers des récits poignants.
- Le festival a établi des liens entre des cinéastes de renommée internationale et de nouvelles voix prometteuses.
Le festival de Toronto continue de se positionner comme une plateforme incontournable pour découvrir des œuvres variées et significatives. Alors que les différences culturelles s’estompent au travers du langage universel du cinéma, ces films nous rappellent la capacité du septième art à engager et à réfléchir sur des sujets qui touchent l’humanité dans son ensemble.



