« Sk+te’kmujue’katik (Au lieu des fantômes) » est une œuvre narrative saisissante qui traite de thèmes profonds. Au cœur de ce récit signé par le scénariste et réalisateur Bretten Hannam, on suit deux frères et sœurs (interprétés par Blake Alec Miranda et Forrest Goodluck) qui traversent une forêt hantée afin de faire face à des démons personnels. Leur périple les pousse à réfléchir sur leur passé et leur avenir, tout en offrant un aperçu de la manière dont le peuple Mi’kmaw, originaire de la Nouvelle-Écosse, se connecte à sa terre et aux autres. Le film se dévoilera lors de sa première mondiale le 6 septembre au Festival de Toronto.
Hannam, qui utilise les pronoms ils/elles, considère que les films de genre sont un moyen efficace d’attirer le public dans des récits effrayants tout en explorant des idées profondes.
« Le genre est un langage universel qui permet de rassembler ceux qui souhaitent regarder un film d’horreur, » expliquent-ils. « Il existe des codes à respecter, ou des façons de les détourner. C’est l’occasion de présenter des expériences humaines, de la douleur et de la joie, des triomphes ou des interrogations. J’aime poser des questions et voir le parcours que mes œuvres emmènent le public à vivre, pour qu’il se sente entraîné dans l’histoire. C’est subversif. »
Résident en Mi’kma’ki, Hannam signe ici son troisième long-métrage mettant en avant les récits des peuples autochtones canadiens, après le film d’action de 2015 « North Mountain » et le film d’initiation de 2021 « Wildhood ». Cependant, la genèse de « Fantômes » remonte à bien avant ces projets, l’idée ayant mûri pendant 11 ans.
« Sa conception a été peu conventionnelle, » confient-ils. « J’écris tout. Donc, j’ai eu cette idée originale, puis celle de naviguer à travers différentes époques, et finalement, tout a pris sens quand les différentes pièces se sont assemblées. »
Interrogé sur les conversations qu’ils souhaiteraient susciter après la projection du film, Hannam se montre enthousiaste à l’idée de voir l’impact de leur art.
« Ce serait formidable d’entendre les gens discuter de leurs relations avec leur propre histoire, » ajoutent-ils. « Ou sur l’histoire de leur communauté et de leur terre, et comment ces aspects sont interconnectés. L’histoire est lourde d’émotions et de traumatismes intergénérationnels. Chaque famille porte des blessures similaires. »
Cependant, malgré ces idées pesantes, Hannam est convaincu que les spectateurs trouveront de l’espoir dans « Fantômes ».
« Ce film offre une possibilité : rien n’est irréparable, » affirment-ils. « Même si cela peut s’avérer inconfortable et difficile, il est toujours possible de rouvrir ces blessures, de les nettoyer et de commencer à bâtir ou rebâtir les relations avec votre entourage : votre communauté, votre famille, vos amis. »
Bon à savoir
- Le film met en avant les réalités des peuples autochtones, une thématique de plus en plus explorée dans le cinéma contemporain.
- La réalisation de Hannam illustre l’importance d’une représentation authentique au sein de l’industrie cinématographique.
- Les discussions autour des relations intergénérationnelles sont essentielles pour aborder des blessures sociales dans les communautés.
Le cinéma dispose d’un potentiel unique pour aborder des questions fondamentales sur notre humanité. À mesure que les récits autochtones prennent de l’ampleur, il est essentiel de réfléchir à l’impact que ces histoires peuvent avoir sur la conscience collective, tant au Canada qu’ailleurs. Quels liens tissons-nous avec notre histoire personnelle et celle de notre communauté ?
