mar. Juin 23rd, 2026

Quand avez-vous quitté votre domicile pour aller au cinéma plutôt que de vous installer simplement sur votre canapé pour regarder un film en streaming ? Hollywood espérait qu’avec l’arrivée de l’été, les suites et les blockbusters attireraient à nouveau un grand nombre de spectateurs dans les salles. Nous sommes après la fête du Travail, et les chiffres sont tombés.

David Brancaccio, animateur de l’émission “Marketplace Morning Report”, a passé en revue les données avec Abraham Ravid, professeur de finance à l’Université Yeshiva. Voici un extrait de leur échange.

David Brancaccio : J’ai entendu dire qu’il y avait une sorte de mantra dans le milieu du cinéma, quelque chose comme : “Survivre jusqu’en 2025.” Eh bien, nous y sommes, en 2025. Quelles sont vos observations ? Nous allons au cinéma, mais ce n’est pas vraiment en masse, n’est-ce pas ?

Abraham Ravid : En effet, nous n’y allons pas. Et je crains qu’au moins d’après les chiffres que j’analyse, nous ne retournerons pas massivement au cinéma de sitôt. On constate une baisse continue de l’affluence dans les salles de cinéma depuis quelques décennies. Cela ne signifie pas que les gens ne consomment plus de films, mais simplement qu’il existe désormais d’autres méthodes de consommation, comme regarder des films dans le confort de leur domicile sans avoir à chercher une place de parking ou à trouver un baby-sitter.

Brancaccio : Oui, il y a plusieurs facteurs à prendre en compte. Par exemple, beaucoup de personnes passent leur temps sur leur téléphone. Mais en parlant d’écrans, je viens de vérifier : il est possible d’acheter en ce moment même, professeur, une télévision à écran plat de 55 pouces, résolution 4K, pour moins de 300 dollars. On peut assez facilement simuler l’expérience cinématographique sans débourser une fortune.

Ravid : Je fais même mieux que cela, David. J’ai un écran de 100 pouces, mais ce n’est pas une télévision, c’est un projecteur que j’ai installé dans le sous-sol. Vous pouvez pratiquement vivre la même expérience qu’au cinéma, mais à la maison. D’ailleurs, si l’on examine la valeur boursière des chaînes de cinéma restantes, le marché n’est pas très optimiste quant à l’avenir des salles.

Brancaccio : Voyez-vous émerger de nouvelles idées concernant les modèles économiques qui régissent le streaming ?

Ravid : À mon avis, le meilleur modèle serait similaire à la fréquentation des cinémas. Autrement dit, lorsque vous regardez quelque chose en streaming, vous payez pour cela, ce qui permet de quantifier les revenus générés. De cette manière, l’équipe créative peut recevoir des droits et un pourcentage des bénéfices. Cela permet également aux plateformes de streaming de comprendre la valeur économique de leur contenu. À l’inverse, si vous ne facturez rien et ne vous basez que sur des abonnements, il est difficile de connaître la valeur économique de chaque contenu. Cependant, les gens devraient payer un abonnement pour les sports et les actualités en streaming, car ce sont des contenus qui sont toujours nouveaux et en constante évolution.

Bon à savoir

  • La fréquentation des salles de cinéma a considérablement diminué au cours des dernières décennies, avec un changement vers le contenu en ligne.
  • De nombreux spectateurs préfèrent regarder des films chez eux grâce à des équipements de qualité à des prix abordables.
  • Les modèles économiques du streaming doivent évoluer pour s’approcher davantage des pratiques cinématographiques traditionnelles, permettant une meilleure évaluation de la valeur du contenu.

Cela soulève des questions sur l’avenir du cinéma et la manière dont l’industrie devra s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation. Alors que la technologie facilite l’accès à une vaste bibliothèque de films, comment les producteurs et les cinéastes pourront-ils inciter les spectateurs à revenir dans les salles ? Ce débat mérite d’être exploré plus en profondeur.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *