
(Crédits : Far Out / Sony Music)
Pink Floyd fut un groupe aux multiples facettes.
Leur musique pouvait tantôt offrir des instants de pure sérénité, emblématiques du rock des années 70, tantôt se transformer en véritables cris passionnés de Roger Waters, comme lorsqu’il réprimandait le public sur des sujets aussi inattendus que le pudding lié à la viande. Leurs performances en live, elles, naviguaient entre ces extrêmes, captant toute une palette d’émotions. Cela laisse penser qu’une certaine alchimie régnait entre les membres du groupe. Or, la réalité est plus complexe.
En effet, dès l’éviction de Syd Barrett, remplacé par David Gilmour, les tensions ne tardèrent pas à apparaître entre les membres. Roger Waters s’empara du contrôle artistique du groupe, un choix qui, bien que contesté, fut à l’origine de chef-d’œuvres incontestés comme The Dark Side Of The Moon, Wish You Were Here et The Wall.
Mais ce leadership s’est révélé lourdement problématique. Waters semblait oublier, ou ignorer délibérément, que Gilmour, le claviériste Richard Wright et le batteur Nick Mason pouvaient également apporter des idées créatives. Il les traitait presque comme des automates, façonnant la musique selon sa propre vision, ce qui créa des frictions majeures au sein du groupe.
Cette dynamique fut encore plus palpable lors de l’élaboration de The Wall. Waters considérait cet album comme son projet solo, déclenchant un climat de tension extrême. Ces tensions poussèrent certains membres à remettre en question leur place dans un groupe pourtant à l’apogée de sa renommée.

Les départs marquants de la période
Parmi les départs les plus notoires, celui de Richard Wright fut le premier. Les raisons demeurent sujettes à controverse : Waters estimait que Wright n’apportait rien de significatif, tandis que Wright dénonçait le manque d’écoute de Waters. Une interview de David Gilmour dans le magazine Mojo apporte une nuance importante.
Gilmour explique qu’il soutenait Wright malgré les difficultés, lui ayant même proposé de rester dans le groupe. Il reconnaît cependant que l’apport de Wright à l’album était limité, mais considérait sa place dans le groupe comme non négociable.
Waters, pour sa part, affirme que Gilmour aurait également envisagé d’éloigner Nick Mason : « J’ai eu une réunion avec Dave dans mon jardin dans le sud de la France où il a dit : ‘Écartons aussi Nick.’ Je parie qu’il ne s’en souvient pas. »
La véracité de ces accusations reste incertaine, dans un contexte où l’ego et les tensions jouaient un rôle majeur. Cette période conflictuelle ne fut pourtant pas vaine : elle donna naissance à des disques devenus des classiques intemporels.
Points à retenir
- La tension entre les membres de Pink Floyd remonte à la période suivant le départ de Syd Barrett et le remplacement par David Gilmour.
- Roger Waters, en prenant les rênes, a fortement influencé la direction artistique du groupe, parfois au détriment de l’implication de ses camarades.
- Richard Wright fut le premier à partir, victime des conflits internes et du contrôle accru de Waters.
- David Gilmour a tenté de protéger Wright, mais les différends ont persisté, culminant dans des décisions difficiles.
- Les tensions provoquées lors de la création de The Wall révèlent à quel point la collaboration n’était plus au centre, souvent au profit d’égo fortement marqués.
- Malgré ces conflits, ces années sombres ont donné naissance à certains des albums les plus marquants de l’histoire du rock.
Au final, Pink Floyd illustre parfaitement que même les collaborations les plus brillantes sont souvent teintées de rivalités intenses. N’est-ce pas un paradoxe fascinant que ces tensions aient pu engendrer une musique si majestueuse ? Et puis, entre nous, si c’était si simple de rester zen dans un groupe où les personnalités hautes en couleur ont le dernier mot, on aurait beaucoup plus de groupes parfaits sur scène… Mais où serait alors le spectacle ?
