« Something » est indéniablement l’une des cinq plus belles chansons des Beatles. Elle déborde de romance et d’une sensualité palpable. L’œuvre de George Harrison, véritable hymne atypique, se présente comme le cadeau idéal pour toute personne amoureuse. Chaque vers, délicatement émergeant, a le pouvoir de donner des frissons, et ce pont musical peut émouvoir quiconque.

Pattie Boyd a été la muse de cette composition, qui marque peut-être les derniers éclats de leur relation. Dans ses mémoires, elle évoque : « George a écrit une chanson appelée ‘Something’. Il m’a dit de manière très directe qu’il l’avait écrite pour moi. »

Bien qu’elle ait finalement partagé sa vie avec Eric Clapton, le souvenir de cette déclaration reste doux. « Je trouvais cela magnifique et c’est devenu la chanson la plus réussie qu’il ait jamais écrite, avec plus de 150 reprises. » George, quant à lui, préférait la version de James Brown, tandis qu’elle gardait un tendre souvenir du moment où il lui a joué la mélodie dans leur cuisine.

Malgré la nostalgie qui entoure leurs souvenirs, il est essentiel de se rappeler la beauté des débuts plutôt que de s’attarder sur la fin. Ce moment de sérénade demeure l’image romantique que j’associe à cette chanson, même si elle souligne que leur relation était déjà en difficulté.

Ils s’étaient connus très jeunes, pris dans un tourbillon qui a finalement eu des répercussions sur eux. « Après un voyage au ashram du Maharishi Mahesh Yogi en 1968, George est devenu obsédé par la méditation », se souvient-elle.

« Il était aussi parfois distant et déprimé. »

Néanmoins, cette track reste une magnifique ode à l’amour et à la dévotion. Harrison, à travers son processus créatif complexe, a cristallisé des sentiments profonds dans cette chanson, marquée par une inspiration chaque fois plus tangible. À telle enseigne que certains pourraient voir une frontière floue entre influence et appropriation.

Avant de composer « Something », Harrison et Paul McCartney avaient auditionné un jeune James Taylor pour leur label Apple Records. Sa chanson « Something in the Way She Moves » a directement influencé Harrison. En fait, le refrain de Taylor a été intégré dans la mélodie de Harrison.

Pour Taylor, cette influence n’a jamais posé de problème. Il a confié à Guitar World en 2021 : « J’étais extrêmement flatté. J’avais joué cette chanson pour George et Paul lors de mon audition, et je pense que cela lui a simplement marqué l’esprit. » Cela se remarque d’ailleurs dans le documentaire de Let It Be, où Harrison cherche encore ses mots.

Taylor a ajouté : « Je pense que toute la musique se base sur la réitération. Nous reprenons des éléments et les utilisons à nouveau. » Ironiquement, le morceau de Taylor contient également une référence à la chanson « I Feel Fine » des Beatles, comme quoi la créativité est un éternel cycle.

Finalement, Apple Records a signé James Taylor, qui a connu un succès phénoménal en vendant plus de 100 millions de disques. Quant à « Something », elle est devenue l’une des chansons préférées de John Lennon dans l’album Abbey Road, et même Elton John ne tarit pas d’éloges, la qualifiant de « probablement l’une des meilleures chansons d’amour jamais écrites ».

Points à retenir

  • « Something » est considérée comme une des plus grandes œuvres des Beatles, révélant un mélange de romance et de mélancolie.
  • Pattie Boyd, l’ancienne compagne de George Harrison, a joué un rôle clé dans l’inspiration de la chanson.
  • James Taylor a eu une influence musicale significative sur Harrison durant ses débuts.
  • Le processus créatif de Harrison montre la richesse des émotions humaines souvent enchevêtrées dans les relations.
  • La chanson demeure intemporelle, résonnant encore dans la culture musicale actuelle.

En réfléchissant à « Something », je suis frappé par la magie des instants fugaces d’une relation, ces moments éphémères qui peuvent laisser une empreinte indélébile sur nos vies. Ces œuvres nous rappellent combien l’amour, même dans ses complexités, est un moteur essentiel de l’inspiration artistique. Quelle place avons-nous pour ces petites étincelles d’amour dans notre quotidien ? Cette quête de beauté et d’authenticité dans nos vies personnelles et artistiques est un reflet de la condition humaine elle-même.


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