sam. Juin 27th, 2026
Proposition de Fonds Souverain d'Investissement par l'IA de Bernie Sanders : Une Vision pour le Peuple

Plus tôt ce mois-ci, Bernie Sanders a publié un article dans le New York Times, dans lequel il propose que les fournisseurs d’IA cèdent 50 % de leurs actions à un fonds souverain géré par l’État. Dans cet article, Sanders avance trois raisons principales pour justifier cette politique :

  1. Les modèles d’IA sont formés sur l’ensemble de la création humaine. Ces contenus n’ont pas été produits par les entreprises d’IA, mais par tout un chacun. Il est donc juste que cette contribution soit compensée pour éviter des gains excessifs pour ces sociétés.
  2. La détention d’actions avec droits de vote permettrait au gouvernement de diriger plus directement la prise de décision dans un sens favorable à la société.
  3. Les bénéfices tirés de cette propriété seraient accessibles au public sous forme de dividendes ou de revenus pour l’État-providence.

Par la suite, Sanders a présenté des législations allant dans ce sens.

Cependant, j’ai quelques réserves sur la façon dont cela est décrit. Dans les taxonomies habituelles de la propriété publique, ce qui est proposé ici ressemble davantage à convertir Anthropic, OpenAI et une spin-off de Gemini en entreprises publiques. Des exemples similaires existent dans le monde, comme en Norvège avec Telenor, Equinor ou la DNB, qui sont majoritairement détenues par l’État. Toutefois, la Norvège classe ces entreprises dans son portefeuille d’entreprises publiques, et non dans celui de son fonds souverain, qui se concentre sur des actifs diversifiés pour des retours financiers.

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Les critiques de cette proposition n’ont pas vraiment soulevé de problèmes de définition, mais plutôt des objections substantielles. Au cours des dernières semaines, j’ai compilé ces critiques afin d’y répondre ici.

Confusion

Comme souvent avec toute proposition, diverses critiques ont soit mal compris soit volontairement déformé ce qui était proposé. La critique la plus courante reposait sur l’idée que Sanders proposait d’acheter 50 % des parts de ces entreprises, ce qui serait une mauvaise utilisation de l’argent public. En réalité, la proposition de Sanders vise à obtenir une participation de 50 % par le biais d’une taxe unique sur ces entreprises, payé en actions plutôt qu’en liquidités. Cela correspondrait à transférer plus de 1 000 milliards de dollars d’actions d’Anthropic, OpenAI et la spin-off Gemini à l’État, non pas par un achat, mais par le biais de cette taxation.

Contre l’IA elle-même

Une autre série de critiques découle d’une opposition générale à la production ou à la consommation des inférences d’IA. Ces inférences sont générées par des ordinateurs, qui consomment de l’électricité, produisent de la chaleur et nécessitent des systèmes de refroidissement. Cela soulève des préoccupations sur l’utilisation de ressources telles que l’eau, le terrain et l’énergie. Pour certains, ces intrants ne justifient pas la production d’inférences d’IA.

Cependant, il est important de noter que toute technologie dépend de ces mêmes ressources. L’argument ici semble plus être qu’un usage particulier des ordinateurs n’est pas optimal. Par conséquent, le débat évolue vers l’utilité des inférences d’IA elles-mêmes.

Contre la propriété publique

Un autre argument avancé est que la propriété publique donne trop de pouvoir à l’État, en particulier lorsque celui-ci est dirigé par des politiciens controversés. Dean Baker illustre cela en citant Donald Trump, en insistant sur le risque que des gouvernements soient tentés d’exploiter des entreprises pour leur profit personnel.

Cependant, cet argument me semble contradictoire. Trump a démontré que ce pouvoir, dans un secteur privé, peut être utilisé à des fins douteuses. Par ailleurs, même sans propriété publique d’Anthropic, Trump a pu agir contre l’entreprise sans résistance particulière.

Enfin, l’inquiétude selon laquelle un État propriétaire aurait du mal à réguler les entreprises en raison d’un conflit d’intérêts mérite d’être discutée. Les critiques oscillent entre une mise en avant d’un manque de contrôle ou au contraire d’une emprise trop forte dans la gestion d’entreprises publiques.

Points à retenir

  • La proposition de Sanders suggère une approche alternative de la propriété d’entreprise en matière d’IA.
  • Les critiques portent souvent sur des malentendus quant à la nature de la taxation envisagée.
  • Le débat sur l’IA lie des préoccupations écologiques et éthiques, tout en soulevant des questions sur son efficacité réelle.
  • La question de la propriété publique dans un contexte politique variable continue d’être un sujet de discussion crucial.

En somme, ces réflexions soulèvent des enjeux essentiels sur l’avenir de l’IA et le rôle de l’État dans ce domaine. L’équilibre entre innovation technologique et responsabilité sociale mérite notre attention, et il est crucial d’interroger la direction que nous souhaitons donner à cette industrie en pleine expansion. Comment pourrions-nous mettre en place un modèle qui assure à la fois des retours économiques et un bénéfice général pour la société ?


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Pas des conseils en investissement

Avis de non-responsabilité

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