ven. Juin 26th, 2026

Le futur de la monarchie britannique suscite régulièrement débats et spéculations. Quoi qu’il en soit, il semble certain qu’elle continuera d’inspirer les artistes, même ceux issus de l’intelligence artificielle.

Une nouvelle œuvre intitulée “Algorithm King” donne un avant-goût de ce que pourraient devenir les portraits royaux dans les décennies à venir. Cette peinture du roi Charles a été réalisée par Ai-Da, une artiste robotisée dotée d’intelligence artificielle.

Portrait du roi Charles peint par Ai-Da
Crédit photo : Ai-Da Robot Studios

Ai-Da, première robot artiste à peindre un souverain, a utilisé des algorithmes avancés ainsi qu’un bras robotisé pour créer son tableau à l’huile. Grâce à des caméras installées dans ses yeux, elle a pu capter les détails nécessaires à son œuvre.

Cette création fait suite à un précédent portrait d’Élisabeth II, peint par Ai-Da en 2022 à l’occasion du jubilé de platine de la reine.

Ces deux œuvres, réalisées sans que les monarques ne posent, ont été présentées ensemble lors du sommet « AI For Good » organisé par l’ONU à Genève. Cette plateforme a ainsi mis en lumière la manière dont l’intelligence artificielle s’immisce dans le domaine culturel.

Portraits du roi Charles et de la reine Élisabeth par Ai-Da
Crédit photo : Ai-Da Robot Studios

Créée au Royaume-Uni par le marchand d’art Aidan Meller et construite en Cornouailles par Engineered Arts, Ai-Da se distingue comme le premier robot ultra-réaliste capable de converser avec des humains grâce à des modèles de langage IA sophistiqués.

Lors de la présentation à l’ONU, Ai-Da a déclaré : « Participer à cet événement majeur entouré de ceux qui façonnent l’avenir de la technologie et de la culture est un privilège. Exposer mon portrait de Sa Majesté le roi Charles III est bien plus qu’un acte artistique : c’est une prise de position sur le rôle croissant de l’IA dans notre société et la manière dont elle transforme le paysage culturel. »

Simon Manley, ambassadeur britannique auprès de l’OMC et des Nations unies à Genève, a qualifié Ai-Da de « merveille technologique et moteur de réflexion culturelle », soulignant avec fierté cet exemple d’innovation britannique et son potentiel à nourrir le débat mondial sur l’art, l’éthique et l’identité.

Ai-Da, baptisée en hommage à Ada Lovelace, première programmeuse de l’histoire, s’est déjà illustrée en s’exprimant à la Chambre des Lords, au 10 Downing Street et à l’ONU. Ses œuvres ont été exposées dans des lieux prestigieux comme la Tate Modern, le Victoria & Albert Museum, Somerset House et le Design Museum en Grande-Bretagne, ainsi qu’aux Pyramides d’Égypte ou à la Biennale de Venise.

Elle a marqué l’histoire en 2024 lorsque l’une de ses peintures a atteint le million de dollars chez Sotheby’s.

Aidan Meller résume ainsi : « Les plus grands artistes ont toujours interrogé leur temps, célébrant autant qu’interrogeant les mutations de la société. Ai-Da, en tant que technologie, est l’artiste parfait aujourd’hui pour discuter des bouleversements actuels et de leur héritage. »

Points à retenir

  • Le futur artistique de la monarchie pourrait bien passer par… des robots peintres.
  • Ai-Da, mélange de bras mécanique et d’algorithmes, est capable de produire des portraits sans que personne ne pose – pratique pour une famille royale peu disponible.
  • La machine s’inscrit dans une longue tradition où l’art questionne le temps présent, sauf que cette fois, le temps est technologiquement programmé.
  • Le succès d’Ai-Da rappelle que l’innovation britannique ne se limite pas à la politique ou au thé, mais s’étend également à la création artistique futuriste.
  • Au passage, ses ventes record posent une question tout à fait charmante : qui sera vraiment propriétaire de l’œuvre – la machine, son inventeur, ou peut-être le robot lui-même ?

Au fond, tout cela ouvre une réflexion stimulante sur la place de l’intelligence artificielle dans nos cultes culturels – et si bientôt, c’était un robot qui plaçait la couronne ? À l’heure où même nos rois posent sans poser, la monarchie ne perd-elle pas un peu de son mystère ? En tout cas, si c’est à un automate qu’elle confie son image, espérons qu’il maîtrise l’art du sourire royal… ou au moins le rendu du corgi en arrière-plan.


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