sam. Juin 27th, 2026

Jaque Silva | Nurphoto | Getty Images

OpenAI annonce aujourd’hui le lancement d’un centre de données d’intelligence artificielle baptisé Stargate en Norvège, une première incursion du géant américain sur le continent européen dans ce domaine.

Ce projet est conçu et réalisé par Nscale, une entreprise britannique, en partenariat égalitaire avec la société norvégienne Aker, spécialisée dans les infrastructures énergétiques.

Dans ce cadre, OpenAI jouera le rôle d’« acheteur » de capacité, ce qui signifie qu’il acquérira une partie des ressources informatiques fournies par ce centre de données.

Josh Payne, PDG de Nscale, expliquait dans une interview que « l’objectif est de collaborer avec OpenAI et d’exploiter une puissance de calcul européenne souveraine pour offrir de nouveaux services et fonctionnalités directement sur le sol européen ».

Le site ambitionne de déployer pas moins de 100 000 processeurs graphiques NVIDIA (GPU) d’ici fin 2026, avec un projet d’expansion à long terme. Alimenté uniquement par des énergies renouvelables, le centre bénéficiera d’une capacité de 230 mégawatts, ce qui en fera l’un des plus importants d’Europe.

Les GPU de Nvidia sont aujourd’hui largement plébiscités dans les centres de données, notamment pour leur aptitude à gérer des charges de travail complexes en intelligence artificielle.

Pour cette initiative en Norvège, Nscale et Aker ont chacun investi environ un milliard de dollars dans la première phase du projet, estimée à 20 MW. Le centre sera implanté à Kvandal, près de Narvik, au nord du pays, une région caractérisée par un approvisionnement hydroélectrique abondant, une faible demande locale en électricité et des capacités de transmission limitées.

Josh Payne n’a pas souhaité préciser les modalités de financement ni les retombées économiques prévues pour Nscale. Il a toutefois indiqué qu’aucun autre centre Stargate n’était actuellement planifié, bien que Nscale dispose de ses propres projets ambitieux d’expansion en Europe.

Lancé aux États-Unis cette année, Stargate est une infrastructure conjointe impliquant OpenAI, Oracle, SoftBank et MGX, avec un investissement annoncé de 500 milliards de dollars sur quatre ans destiné à renforcer le déploiement de l’intelligence artificielle.

OpenAI ambitionne d’étendre ce modèle à l’international, comme en témoigne l’annonce récente d’un campus Stargate aux Émirats arabes unis.

Sur le vieux continent, les autorités prônent une « IA souveraine », insistant pour que les données et les traitements liés à l’intelligence artificielle restent sur le territoire européen.

Selon Josh Payne, l’Europe fait face à deux défis majeurs : un déficit de capacité de calcul et une fragmentation importante du marché. « Ce qui manque au continent, ce sont de vastes projets d’infrastructures dédiés à la puissance informatique pour que l’écosystème puisse en tirer profit, développer des produits IA et stimuler la croissance économique », résume-t-il.

En réponse, des acteurs comme Nvidia et OpenAI mettent en avant leur savoir-faire pour offrir une intelligence artificielle souveraine tout en poursuivant leur expansion commerciale.

Lors d’une tournée européenne cette année, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a d’ailleurs appelé l’Europe à intensifier ses investissements dans les infrastructures IA. En parallèle, la société française Mistral a annoncé vouloir exploiter les GPU Nvidia dans un futur centre de données basé en France.

Points à retenir

  • OpenAI adopte une stratégie européenne avec Stargate, mais en optant pour un partenariat local qui allie expertise britannique et norvégienne.
  • Le choix de la Norvège ne doit rien au hasard : énergie renouvelable abondante et conditions géographiques favorables pour ce genre d’infrastructure gourmande en électricité.
  • Les GPU Nvidia dominent clairement ce marché, à tel point que sans eux, il semble difficile d’imaginer un centre IA performant.
  • Le concept d’« IA souveraine » semble poser une base européenne qui pourrait éviter de se faire récupérer par des géants extra-européens, tout en étant un argument marketing habile.
  • L’Europe reste un terrain un peu désordonné quand il s’agit de concentration des ressources, mais cela ouvre des opportunités à qui saura rassembler les forces vives.
  • Le montant investi (plus d’1 milliard de dollars pour la phase initiale) soulève l’éternelle question : qui finance réellement tout cela et à quel bénéfice réel pour les populations ?

En définitive, on pourrait se demander si cette course aux méga-centres de données et à la souveraineté numérique n’est pas en train de devenir la nouvelle ruée vers l’or — mais sous forme de serveurs hyper-puissants en terres glacées. À voir si cette belle idée de « souveraineté » ne va pas finir par nous faire dépendre davantage d’un petit cercle d’acteurs privés, européens certes, mais tout aussi gourmands en puissance que leurs collègues américains ou asiatiques. Après tout, qui pourrait leur en vouloir ? Moi, je reste curieux de voir comment tout cela va bouleverser notre quotidien… ou s’il ne restera qu’un énorme monolithe digital à admirer de loin.


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