sam. Juin 27th, 2026
Katarina Barley, Vizepräsidentin des EU-Parlaments
« Les parents ne peuvent aujourd’hui presque plus contrôler quels contenus leurs enfants rencontrent en ligne », a déclaré Katarina Barley, vice-présidente du Parlement européen.
Getty Images

  • Le Parlement européen réclame l’interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 13 ans.
  • Les adolescents âgés de 13 à 16 ans ne pourront accéder aux réseaux sociaux qu’avec l’accord de leurs parents.
  • La Commission européenne travaille sur des solutions techniques pour améliorer la vérification des âges et lutter contre les abus.

Le Parlement européen accentue la pression sur les géants de la tech. Lors d’un vote ce mercredi, 483 députés ont soutenu la demande à la Commission européenne d’introduire une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 13 ans, contre 92 votes opposés.

Ce projet de réglementation stipule que les jeunes de 13 à 16 ans ne pourront utiliser les réseaux sociaux qu’avec l’autorisation de leurs parents. Il n’y aura pas d’exception, même avec le consentement parental, pour les enfants de moins de 13 ans.

Le Parlement justifie cette initiative par les risques pour la santé. En effet, 78 % des 13-17 ans consultent leur appareil au moins une fois par heure, et un quart d’entre eux montre des comportements problématiques liés à l’usage du smartphone.

Katarina Barley a déclaré : « Les parents ne peuvent aujourd’hui presque plus contrôler quels contenus leurs enfants rencontrent en ligne. Les enfants sont exposés à des contenus nuisibles, des chatbots manipulatoires et des algorithmes addictifs, ce qui peut entraîner des dépressions, des images corporelles déformées et des problèmes de sommeil.»

L’Australie comme modèle pour l’Europe

Cette initiative s’inspire du modèle australien, qui prévoit l’interdiction des réseaux sociaux pour les utilisateurs de moins de 16 ans à partir du 10 décembre 2025, sans exceptions. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé que les expériences menées en Australie influenceraient les nouvelles réglementations européennes.

Christel Schaldemose, présidente du groupe social-démocrate danois, a souligné l’urgence de la situation. D’après des sondages au Danemark, 70 % des jeunes souhaitent réduire leur temps passé sur les réseaux sociaux, et la moitié d’entre eux a déjà été exposée à des contenus violents ou blessants.

Andreas Schwab, député européen de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), a plaidé pour des mesures plus globales. Il a insisté sur le fait qu’il est nécessaire d’adopter des règles contre les « dark patterns » et la publicité ciblée visant les mineurs, tout en ne fermant pas la porte à la possibilité d’une éducation numérique.

Création d’une application de vérification de l’âge par l’UE

La Commission européenne travaille également sur des solutions techniques, notamment une application nommée « Kids Wallet », qui vérifie l’âge des utilisateurs via un document d’identité et bloque l’accès à des plateformes comme Facebook si l’utilisateur est trop jeune.

La Grèce teste une version nationale de l’application depuis environ un mois, et le Danemark prévoit de faire de même. D’autres pays tels que l’Espagne, l’Italie et la Belgique sont également en phase de développement de leurs propres versions du prototype européen.

Henna Virkkunen, commissaire européenne au numérique, y voit un véritable potentiel. Cette application pourrait établir une norme globale pour les tests d’âge, sans que les utilisateurs aient à partager leurs données avec les plateformes en ligne.

Un groupe d’experts devra soumettre des recommandations d’ici la fin de l’année, qui seront envoyées à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission soutenant l’idée d’un âge minimum.

Parallèlement : le Conseil de l’UE rejette le contrôle des chats

Comme le rapporte “Il Sole 24 Ore”, un quotidien économique italien, le Conseil de l’UE a approuvé simultanément une position de négociation pour lutter contre les abus sexuels sur les enfants. L’Italie s’est abstenue lors du vote.

Cette position adoptée évite le controversé « contrôle des chats ». Les États membres ont rejeté l’obligation faite aux services de messagerie de surveiller massivement les messages privés à la recherche de contenus d’abus.

Au lieu de cela, le Conseil a décidé de rendre permanente une règle de transition existante. Les entreprises resteront libres d’analyser leurs services pour détecter des contenus abusifs. Une clause exige que la Commission évalue la nécessité d’exiger de futures obligations de détection.

L’Italie a justifié son abstention par des préoccupations concernant la protection des droits fondamentaux. Bien que le pays partage l’objectif de lutter contre les abus en ligne, il s’oppose à un contrôle massif des chats et des données personnelles par l’État ou des acteurs privés.

Nouvelles prérogatives pour les autorités nationales

La nouvelle réglementation oblige les entreprises du numérique à prévenir la diffusion de contenus abusifs et le cyber grooming. Les autorités nationales obtiennent le pouvoir d’ordonner aux entreprises de retirer ou de bloquer des contenus. Les moteurs de recherche doivent supprimer des résultats de recherche à la demande.

De plus, l’UE met en place un centre de lutte contre les abus sexuels sur les enfants, qui aidera les États membres et les services en ligne dans leur mise en œuvre.

Ces deux initiatives montrent que l’UE avance sur plusieurs fronts pour protéger les enfants en ligne. Pendant que le Parlement demande des restrictions d’âge plus strictes, le Conseil opte pour des méthodes moins intrusives que prévu initialement dans la lutte contre les abus.

Points à retenir

  • Le Parlement européen prône une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans.
  • Les adolescents de 13 à 16 ans doivent obtenir une autorisation parentale pour accéder à ces plateformes.
  • Une application de vérification d’âge est en développement pour renforcer la sécurité en ligne des enfants.
  • Un modèle australien pourrait influencer l’approche européenne dans la régulation des réseaux sociaux.
  • Le contrôle des chats a été largement rejeté, soulignant des différences d’approche au sein de l’UE sur la vie privée.

En tant que passionné du sujet, je pense qu’il est essentiel d’adopter des mesures équilibrées, qui protègent nos enfants tout en préservant leur droit à la vie privée. Le défi réside dans la mise en œuvre de solutions techniques tout en respectant les libertés individuelles. Comment pourrions-nous garantir un internet sûr tout en développant une culture numérique responsable ? Les décisions en ce sens sont cruciales pour l’avenir de la jeunesse.


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