sam. Juin 13th, 2026
TikTok Continue de Diffuser du Contenu Autodestructeur et Suicidaire en France !

Ce texte aborde la thématique du suicide. Si vous ou une personne que vous connaissez avez besoin d’aide, des lignes d’assistance sont disponibles. N’hésitez pas à chercher du soutien.

Dès ses premières minutes sur TikTok, un jeune Français a visionné une vidéo évoquant la tristesse. Au bout de quelques heures, le fil d’actualité « Pour Vous » de ces comptes fictifs, créés pour des recherches, commençait à recommander des vidéos présentant des méthodes de suicide.

« Ils n’ont même pas ‘aimé’ le contenu triste. Ils n’ont pas partagé, ni s’abonnés à des comptes. Ils l’ont juste regardé », explique Piotr Sapiezynski, chercheur à l’Université Northeastern, qui a observé l’évolution algorithmique. « En regardant ces vidéos et en ignorant les autres, ils ont implicitement signalé à TikTok qu’ils étaient intéressés par ce type de contenu. »

Ce passage de vidéos tristes à des contenus suicidaires est documenté dans une étude menée par l’Université Northeastern et Amnesty International, intitulée “Entraînés dans le Trou Noir”. Cette recherche met en lumière que le fil d’actualité « Pour Vous » de TikTok en France pousse les jeunes à entrer dans un cycle de dépression, d’auto-mutilation et de contenus suicidaires.

Celle-ci fait suite à des rapports d’Amnesty de 2023 qui soulignaient « les abus subis par les enfants et les jeunes sur TikTok ». Les témoignages soulignant comment TikTok influence les jeunes sont particulièrement préoccupants.

« Voir des personnes se mutiler, d’autres qui recommandent des médicaments pour mettre fin à leurs jours, ça influence et encourage à se faire du mal », témoigne Maëlle, une jeune de 18 ans.

Le rapport “Entraînés dans le Trou Noir” se concentre sur TikTok en France, où sept familles, dont deux sont en deuil d’un enfant, poursuivent l’entreprise pour ne pas avoir modéré les contenus nuisibles et exposé des enfants à des matériaux dangereux.

En France, TikTok doit également respecter la Loi sur les Services Numériques de l’Union Européenne, qui vise à créer un espace numérique plus sûr tout en protégeant les droits fondamentaux des utilisateurs.

Pour cette étude, Amnesty a créé des comptes TikTok pour deux filles et un garçon de 13 ans, tous fictifs. Au cours des cinq premières minutes de navigation, les fils d’actualité de ces comptes ont largement démontré un contenu catégorisé comme « triste / dépressif ». En se limitant à ces vidéos, les chercheurs ont constaté qu’après 15 à 20 minutes, les comptes étaient presque exclusivement alimentés par des contenus dépressifs.

« Au bout de trois à quatre heures, les comptes d’adolescents étaient exposés à des vidéos qui romancent le suicide et montrent des jeunes exprimant des intentions suicidaires », déclare Lisa Dittmer, chercheuse sur les droits numériques des jeunes pour Amnesty International.

Les chercheurs ont duplicité l’expérience via des comptes automatiques pour évaluer si cette tendance était systémique, et il s’est avéré que cela l’était effectivement.

Il convient de noter que ces résultats ne signifient pas nécessairement que l’algorithme de TikTok produise les mêmes effets dans d’autres pays, comme les États-Unis. Sapiezynski souligne que la surveillance du contenu peut varier selon les langues et les régions.

De son côté, TikTok a critiqué les recherches en affirmant que l’application dispose de nombreux mécanismes pour préserver la sécurité de ses utilisateurs, avançant que la majorité des contenus montrés aux comptes artificiels n’étaient pas relatifs à l’auto-mutilation.

Amnesty International a formulé des recommandations aux organismes régulateurs, aux gouvernements européens, ainsi qu’à TikTok, en insistant sur la nécessité de mesures efficaces pour protéger les jeunes utilisateurs.

Points à retenir

  • Les comptes fictifs créés pour l’étude ont révélé rapidement un contenu préoccupant lié à la santé mentale.
  • Les victimes de contenus nuisibles sur TikTok expriment un besoin urgent d’une régulation plus stricte.
  • Amnesty International appelle à des actions concrètes pour protéger les jeunes utilisateurs dans l’Union Européenne.
  • Les résultats de cette recherche soulèvent des questions sur la responsabilité des plateformes en matière de sécurité numérique.

En tant que société, il est crucial de réfléchir à l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale de nos jeunes. Nous devons nous interroger sur les responsabilités qui incombent aux plateformes numériques et sur la manière dont nous pouvons, ensemble, œuvrer pour un environnement plus sûr. Comment pouvons-nous, en tant que communauté, soutenir nos jeunes face à ces défis croissants ?


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By Sandrine Dubois

Sandrine Dubois est une Journaliste indépendante trilingue, elle est née sur île de la Grenade, puis a fait ses études aux Etats-Unis à l' "University of Northern Iowa" , aujourd'hui elle intervient sur différents médias Web pour partager ses compétences dans les thématiques sociétales, business, lifestyle et culture.

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