dim. Juin 14th, 2026

Le valencien, en tant que réalité linguistique distincte au sein du catalan, fait son entrée remarquée au Congrès des Députés. Ce mercredi, la présidente de la Chambre basse, la socialiste Francina Armengol, et la responsable de l’Acadèmia Valenciana de la Llengua (AVL), Verònica Cantó, signeront un accord de collaboration.

Cet accord visera à promouvoir la formation, la connaissance et la diffusion du valencien, bénéficiant d’un financement de l’institution étatique pour soutenir des actions dans le cadre des activités législatives du Congrès.

Il est important de noter que cet accord n’est pas anodin. Armengol milite depuis des années pour la diversité linguistique espagnole au sein de la Chambre basse. Il est désormais courant d’entendre la langue d’Ausiàs March, ainsi que d’autres langues co-officielles, au sein du Congrès. Récemment, le président de la Députation de València, Vicent Mompó, a même témoigné en commission quasi entièrement en valencien, avec un service de traduction simultanée en espagnol. Cet accord vise, semble-t-il, à renforcer l’utilisation normalisée du valencien.

Accords avec les langues co-officielles

Armengol favorise ce type d’accords. En fin d’année 2024, le Congrès a également signé un accord de coopération avec la Real Academia de la Lengua Vasca-Euskaltzaindia, dans le but d’avancer vers la pluralité linguistique, un principe respecté par la Constitution. Cet accord vise à développer la formation nécessaire à l’utilisation de la langue basque dans tous les domaines, en particulier sur le plan juridique.

La pression sur l’AVL

Au-delà de la promotion quotidienne du valencien, cet accord intervient dans un contexte politique difficile. Depuis un an, l’AVL fait face à des attaques budgétaires de la part du Consell dirigé par Carlos Mazón, soutenu par Vox, qui a exprimé publiquement son intention de mettre à mal financièrement l’institution régissant le valencien.

Depuis le changement de direction au Palau en 2023, la langue est redevenue un terrain de conflit. Vox souhaite littéralement faire disparaître l’entité, même si celle-ci est protégée par l’Estatut. Le PP a proposé des modifications législatives pour changer son nom. Cependant, aucune de ces propositions ne peut être mise en œuvre sans une majorité qualifiée aux Corts, que ni le PP ni Vox ne possèdent.

Le nouveau président, Juanfran Pérez Llorca, devra faire face à cette situation difficile. Lors du débat d’investiture, il a positionné la défense de l’AVL comme une limite qui le sépare de Vox, ce qu’il a presque cité comme unique point de son discours.

Pour l’instant, l’accord de l’AVL reflète précisément ce dont le PP l’accuse : ne pas défendre la singularité du valencien au sein du contexte espagnol, en le subordonnant au catalan.

Diana Morant (PSPV), Verònica Cantó (AVL) et Natàlia Enguix (Ens Uneix) lors de la dernière ouverture de cours.

Diana Morant (PSPV), Verònica Cantó (AVL) et Natàlia Enguix (Ens Uneix) lors de la dernière ouverture de cours.

Récemment, le Ministère de la Science a également signé un accord avec l’AVL pour lui apporter un soutien financier à travers le financement d’activités, de programmes ou d’applications informatiques. Avant cela, la vice-présidente de la Députation de València, Natàlia Enguix (Ens Uneix), avait également engagé une somme similaire (environ 200 000 euros), destinée à financer des activités que l’AVL ne pouvait pas mener en raison des restrictions budgétaires imposées par Mazón pour 2025.

Ces fonds permettront notamment de soutenir le programme d’événements de l’Escriptor de l’Any 2026 (Almela i Vives) ainsi que des rééditions de bandes dessinées et d’autres programmes destinés à promouvoir l’usage social du valencien.

Points à retenir

  • Un accord significatif est signé entre le Congrès et l’AVL pour soutenir le valencien.
  • Le valencien est progressivement intégré dans les institutions gouvernementales.
  • L’AVL fait face à des pressions financières et politiques importantes.
  • Des programmes de soutien financier sont mis en place pour le valencien.
  • La nécessité de défendre la singularité du valencien est soulignée dans le débat public.

En tant que passionné de la langue et de sa diversité, je me demande comment ces initiatives pourront véritablement renforcer le valencien dans un climat où les tensions linguistiques sont palpables. Notre langue est je crois, un reflet de notre culture et de notre identité. Comment pouvons-nous garantir qu’elle ne soit pas réduite à des effets matériels ou politiques? Le débat est ouvert et mérite notre attention.


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