mar. Juil 28th, 2026

Dans le travail, en famille ou dans les relations, lorsqu’on se sent atteint, on recherche souvent la réponse parfaite. Cependant, la réactivité verbale n’est pas toujours la réaction la plus appropriée. La spécialiste en communication, Marie-Theres Braun, nous explique pourquoi il peut parfois être plus sage de sortir du jeu des répliques.

Lors d’une réunion, une phrase telle que « c’est basique » peut sembler anodine, mais pour ceux qui sont visés, comme Julia, elle engendre un flot de pensées sur les réponses qu’ils auraient pu formuler. Éprouver cette frustration de ne pas avoir su trouver les mots au bon moment est courant. L’envie de répliquer est souvent alimentée par un sentiment d’impuissance, une peur de paraître incompétent aux yeux des autres.

Des phrases comme « c’est basique » ou « vous devez vous familiariser avec ce sujet » manquent de fondement, mais véhiculent un message : « Je suis en position d’évaluer votre compétence. » Face à ce type de critique, beaucoup se sentent contraints de justifier leur savoir, piégés dans une sorte de compétition verbale.

Lorsque la réactivité devient un piège

Il est possible d’apprendre à réagir plus rapidement, mais cette réactivité dépend souvent de l’expérience. Ainsi, la confiance en soi pourrait s’amenuiser face à une situation nouvelle. Ce que la psychologie de la communication définit comme une « souveraineté de premier ordre » implique de répondre parfaitement à chaque défi, une norme difficilement atteignable.

En revanche, une « souveraineté de second ordre » se demande si ces défis valent vraiment la peine d’être relevés. Cette approche nous libère de la nécessité de fournir des réponses rapides et parfaites, permettant d’accepter un moment de silence ou de montrer que l’on est touché par une remarque.

La liberté de refuser le défi

Être souverain, c’est aussi choisir, librement, de ne pas jouer selon les règles des autres. Une remarque peut être réinterprétée pour en atténuer l’impact, comme en changeant « il a tenté de me rabaisser » à « il a essayé de me rabaisser ». Ce décalage permet de reprendre contrôle sur la situation.

Il peut parfois suffire de nommer l’effet d’une remarque : « Cela me semble offensant » ou « Cette question est personnelle ». Cela recentre le dialogue sur la manière dont les choses sont dites plutôt que sur la compétence personnelle.

Réorienter le regard

Certaines critiques, touchant à notre identité, provoquent des réflexes de défense. Plutôt que de justifier notre préparation ou nos compétences, il devient pertinent de rediriger la conversation vers le fond du propos : que critique-t-on exactement ? Cela permet d’éviter de s’enliser dans un débat stérile sur notre valeur personnelle.

En réunion, les gens réalisent souvent que la majorité perçoit des critiques inappropriées. Plus qu’un bon contre, une réponse calme et mesurée peut parler d’elle-même. Cela souligne l’intérêt d’une approche coopérative, sans se transformer en adversaire.

Réfléchir à la communication

À l’occasion, articuler le sentiment provoqué par une critique peut être suffisant pour désamorcer la tension. Parfois, partager son incapacité à répondre : « Ça me laisse sans voix » peut ouvrir un espace de dialogue plus authentique.

Déceler le schéma

Dans certaines dynamiques, des commentaires piquants sont utilisés de manière habituelle. On peut soit participer, soit désamorcer la situation en disant, par exemple, : « Je remarque que les blagues sont fréquentes ici ; parlons du sujet à l’ordre du jour. »

Le véritable malentendu

Souvent, des techniques de réponse rapide sont recherchées. Si améliorer sa réactivité peut être utile, il est essentiel de rappeler que réagir sereinement et en toute confiance peut s’avérer bien plus puissant qu’une réplique instantanée. Il ne s’agit pas simplement de gagner des mots, mais de décider si cet échange a de l’importance.

Points à retenir

  • La réactivité verbale ne doit pas être la seule réponse à une critique.
  • Il existe différentes formes de souveraineté dans la communication.
  • Réfléchir plutôt que répondre immédiatement aide à mieux gérer les échanges.
  • Nommer l’effet des remarques peut aider à recentrer le débat sur la substance.
  • Évaluer si l’on souhaite vraiment engager un échange est une compétence précieuse.

À travers ces réflexions, je me rends compte que la véritable maîtrise de la communication réside dans notre capacité à choisir nos batailles. Plutôt que de répondre à tout prix, savoir se retirer avec assurance est un signe de sagesse. Cela ouvre des perspectives enrichissantes sur nos interactions, parfois plus profondes qu’une simple réplique bien placée. Qu’en pensez-vous ? Chaque silence peut être aussi pertinent qu’une parole, n’est-ce pas ?


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