Le passage de la brouillard Therese à travers les Canaries a mis en lumière non seulement des incidents météorologiques, mais aussi un problème latent au sein du système de santé publique. Le Syndicat des Infirmiers (Satse) met en garde contre un « vide normatif » dans le Service Canarien de Santé (SCS) qui impacte directement les professionnels lors de situations d’urgence.

D’après les déclarations de l’organisation, des épisodes récents d’alerte maximale ont contraint des infirmières, des spécialistes et des physiothérapeutes à se rendre à leur poste, même lorsque les autorités recommandaient d’éviter les déplacements. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans un contexte difficile : routes bloquées, écoles fermées, problèmes de logement ou absence de soutien familial, des facteurs rendant souvent impossible un déplacement normal.

Satse souligne que, bien que le personnel de santé soit essentiel, cela ne devrait pas se traduire par une exposition au risque sans nécessité ni par un manque de protection légale. Selon eux, la législation actuelle ne répond pas adéquatement à ces situations exceptionnelles.

Improvisation face aux urgences

Le cœur du problème se trouve, expliquent-ils, dans le Manual de Gestion des Permissions du SCS, qui ne traite pas spécifiquement de scénarios d’urgence tels que des tempêtes ou des catastrophes naturelles. En pratique, des formules génériques comme le congé pour « devoir inexcusable » sont appliquées, mais leur mise en œuvre varie selon chaque direction, créant ainsi inégalité et incertitude parmi les professionnels.

Face à cette problématique, le syndicat appelle à une régulation urgente et uniforme permettant de justifier l’absence des travailleurs ne pouvant se déplacer pour des raisons de force majeure dûment documentées, sans encourir de sanctions professionnelles. Il suggère également d’adapter et de flexibiliser les congés existants et d’introduire un congé spécifique pour les situations d’urgence, en alignement avec le Code du Travail concernant la conciliation et la protection de l’intégrité physique.

Débat à la table sectorielle

L’organisation a aussi demandé que cette question soit abordée lors de la prochaine Table Sectorielle de Santé prévue pour fin mars, dans le but d’engager une négociation aboutissant à une réponse consensuelle.

Au-delà de cette situation spécifique, Satse insiste sur la nécessité d’établir des protocoles clairs d’action en cas d’urgence future. L’objectif est de garantir la continuité des soins ainsi que la sécurité juridique et physique des professionnels de la santé. Pour le syndicat, les événements survenus aux Canaries servent d’avertissement : sans réglementation claire, les professionnels essentiels peuvent se retrouver sans protection au moment où ils sont le plus sollicités.

Points à retenir

  • La situation critique lors de l’alerte rouge a mis en évidence le manque de réglementations adaptées.
  • Les professionnels de santé doivent pouvoir justifier leurs absences sans risques de représailles.
  • Les congés actuels nécessitent une adaptation pour mieux répondre aux urgences.
  • Une discussion à la Table Sectorielle de Santé pourrait apporter des solutions consensuelles.
  • Des protocoles clairs sont cruciaux pour garantir la sécurité des soignants lors des crises futures.

En tant qu’observateur passionné, je ne peux m’empêcher de réfléchir à l’importance d’un cadre législatif robuste et approprié pour nos professionnels de santé, surtout en période d’urgence. Il est essentiel de protéger ceux qui œuvrent sans relâche pour notre bien-être, et ce serait un pas en avant indéniable de leur accorder la reconnaissance et la sécurité qu’ils méritent.


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