Christian Horner n’est plus le directeur de l’écurie Red Bull. Son départ, officialisé après le Grand Prix de Grande-Bretagne, était entouré de tensions et de rumeurs internes. Ralf Schumacher a récemment apporté un éclairage sur ce qu’il considère comme la véritable racine du problème : la personnalité même d’Horner.
«Il a soudainement eu beaucoup plus de pouvoir et, à mon avis, son comportement a changé par rapport aux années précédentes. C’est là qu’il s’est planté», a expliqué Schumacher dans le podcast Backstage Boxengasse. Il a aussi souligné que l’attention médiatique s’est largement focalisée sur Horner, au détriment des performances de l’équipe. «Il y a eu un tel battage que le projecteur s’est détourné de l’équipe pour ne plus éclairer que lui. Pendant cette période, il n’a pas pu travailler efficacement.»
La relation houleuse entre Horner et la famille Verstappen
Un tournant majeur serait survenu durant le weekend de Silverstone, avec une altercation à la fois verbale et visuelle entre Horner, Jos Verstappen—le père de Max—et le responsable de la communication de l’équipe.
Les relations entre Horner et la famille Verstappen s’étaient dégradées depuis le début de la saison. Un épisode révélateur date du Grand Prix d’Autriche, lorsque Horner aurait tenté d’empêcher Jos de participer à un défilé de voitures historiques. Max Verstappen avait expliqué cet incident en soulignant que «mon père n’est pas spécialement intéressé par la conduite, mais il a été sollicité par Red Bull Autriche, en raison de notre passion familiale.»
Ralf Schumacher interprète ces tensions comme une perte de contrôle de la part de l’ancien directeur : «Il ne supporte pas la critique», a-t-il assuré. «Nous (Sky Allemagne), ou du moins moi, sommes sur une liste noire, donc il ne nous parle plus. Un homme ayant remporté autant de titres devrait pouvoir assumer ses paroles devant les caméras.»
Il a également pointé du doigt le manque d’empathie d’Horner : «C’est un personnage difficile. Il n’a pas réussi à maintenir l’unité du groupe, et cela se sentait. De plus, tout le monde chez Red Bull ne partageait pas ses choix sportifs. Par exemple, Nico Hülkenberg aurait été un meilleur coéquipier pour Max Verstappen.»
La fin d’un chapitre
Le climat au sein de l’écurie est devenu de plus en plus tendu, à tel point que Günther Steiner, ex-patron de Haas, a donné son avis sur la situation. Dans une interview accordée à Business of Sport, il a minimisé l’importance du matériel dans les succès de Verstappen : «La voiture est ce qu’elle est, mais le seul capable d’en tirer tout le potentiel, c’est Max. Il a un talent exceptionnel et surpasse tout le monde. Les autres essaient, mais n’y arrivent pas.»
Le départ d’Horner marque donc la clôture d’une ère. Red Bull a choisi Laurent Mekies pour prendre la relève. Son expérience et son aptitude à fédérer ont été saluées par Schumacher : «Il a traversé toutes les étapes, de Minardi à Ferrari. Il sait créer du lien avec les gens. En Formule 1, au final, tout repose là-dessus : le travail collectif.»
L’héritage de Christian Horner est indéniable, avec titres et victoires à la clé. Mais cette fin d’épisode rappelle que dans la F1 contemporaine, le succès ne dépend plus seulement des prouesses sur la piste, mais aussi de la manière dont on manie les coulisses.
Points à retenir
- Christian Horner a vu sa posture changer : trop de pouvoir, peut-être, trop peu de recul.
- La relation complexe avec la famille Verstappen a ajouté de l’huile sur le feu.
- Une ambiance électrique dans l’équipe ne peut jamais être un bon signe, surtout dans un sport où la nervosité se paie cash.
- Le manque de communication avec les médias allemands a contribué à creuser l’isolement du directeur.
- La critique sur le choix des coéquipiers souligne que même chez les champions, les décisions sportives ne font pas consensus.
- Red Bull mise désormais sur la compétence en management humain plutôt que sur une main de fer seule, espérons que ça change vraiment la donne.
En résumé, cette saga Horner démontre que la F1, en plus d’être un sport de vitesse, est une course d’endurance diplomatique et psychologique. Finalement, on se demande si la pole position ne devrait pas se jouer autant dans le paddock que sur la piste. Je dis ça, je dis rien, mais à force de rois du volant, va falloir élire un roi des coulisses… ou s’attendre à un nouveau feuilleton passionnant. Affaire à suivre, comme toujours.