sam. Juin 13th, 2026
Qui devons-nous choisir ?

Dani Juncadella est l’un des pilotes espagnols les plus titrés sur la scène internationale, mais également l’un des plus prolifiques. Récemment, il a été annoncé comme le premier partenaire de Max Verstappen pour son projet aux mythiques 24 Heures du Mans. Ce dimanche, ils ont concouru ensemble sur le célèbre circuit lors de la course du NLS2 allemand, qu’ils ont remportée avec Jules Gounon, avant d’être disqualifiés pour une infraction réglementaire.

En parallèle de ce projet médiatique d’envergure — comme on a pu le constater ce dimanche au Nürburgring — Juncadella est pilote officiel de Génesis (la marque premium de Hyundai), où il fera ses débuts cette année dans la catégorie Hypercar, tant au Championnat du Monde d’Endurance qu’aux 24 Heures du Mans. De plus, il jongle avec des sessions sur le simulateur d’Aston Martin.

Le **Confidencial** a eu l’occasion de discuter avec le pilote catalan quelques jours avant sa première course avec Verstappen, évoquant la genèse de ce projet et la vie trépidante d’un pilote professionnel avec une agenda sportive chargée.

PRESSE: La question actuelle. Verstappen réalise son rêve de courir aux 24 Heures du Nürburgring, et vous êtes son premier coéquipier. Comment cette collaboration s’est-elle concrétisée ? Quel est le projet ?

REPONSE: Cela fait évidemment plusieurs mois, voire des années que nous y travaillons. J’ai une excellente relation avec Max depuis l’époque du COVID, grâce au simulateur et à son équipe de Sim Racing, dont j’ai fait partie. J’ai toujours dit : « Cher ami, le jour où tu iras à Nürburgring, compte sur moi. Pas seulement pour les 24 heures. » L’an dernier, alors qu’il parlait de renouveler avec Corvette, il mentionnait en même temps sa volonté de courir à Nürburgring. J’ai donc su qu’il ne fallait pas laisser passer cette occasion.

L’idée de travailler ensemble pour le projet du GT World Challenge a été évoquée fin octobre, et j’ai senti que son calendrier F1 le permettrait. La réglementation actuelle ne l’enthousiasmait pas trop. Il a donc proposé : « Je veux courir et je compte sur toi. Formons une équipe, qui devrions-nous engager, quel est ton avis ? » Être impliqué dans un projet avec une personne comme lui est vraiment fascinant.

P. Quel défi représente pour vous le fait de partager un véhicule avec Verstappen, surtout lors d’une course unique comme les 24 Heures de Nürburgring ?

R. C’est difficile à expliquer, car c’est une course totalement folle. Aucune autre épreuve ne lui ressemble. Le circuit est si dangereux et long, avec tant de facteurs en jeu, et des conditions météo qui peuvent varier d’un endroit à l’autre. Tout cela rend l’expérience incroyablement complexe et risquée.

Il y a de nombreuses catégories, avec des véhicules de divers types, une combinaison de pilotes professionnels et amateurs… C’est une course unique et il va demeurer spécial d’y participer. Ce qui impressionne le plus, c’est que le circuit représente un réel défi pour le pilote, avec ses virages sur un tracé aussi long et peu d’espaces de dégagement, ce qui le rend très différent de ce que nous connaissons habituellement.

P. Compte tenu de votre vaste expérience avec les voitures de la catégorie GT, que pensez-vous de Verstappen ? Est-il tout aussi compétent avec ces véhicules ?

R. C’est un véritable prodige, sans aucun doute. Il est important de comprendre qu’adapter son style de pilotage à un véhicule de GT après avoir passé dix ans en F1 est très complexe. Cependant, son talent et sa capacité d’adaptation sont impressionnants. Même s’il a réalisé peu d’essais, ceux-ci se sont révélés remarquables, tant il semble naturel et confiant derrière le volant.

P. Vous entamez également un nouveau défi avec le Championnat du Monde d’Endurance avec Génesis…

R. Absolument, je suis à un moment très excitant de ma carrière. Ce projet avec Max est exceptionnel, et le hypercar était mon objectif depuis plusieurs années. C’est un projet passionnant, car Hyundai a toujours lutté pour la victoire avec sa marque premium, et cela me motive davantage. Ce ne sera pas simple, cela demandera du temps et de la patience, mais c’est un projet sur le long terme. Faire partie des débuts est toujours captivant.

P. Cette année, vous participerez aux 24 Heures du Nürburgring et du Mans. Peu de pilotes peuvent en dire autant…

R. Je vais également participer aux 24 Heures de Spa. Je me sens dans un très bon moment et je suis plein d’énergie pour faire tout cela, et quoi de mieux que de courir dans les meilleures épreuves de 24 heures au monde.

P. En plus, vous avez eu la possibilité d’utiliser le simulateur Aston Martin pour anticiper ce qui se profile en F1. Vous vous attendiez à cela ? Que pensez-vous de cette nouvelle réglementation en F1 ?

R. J’avais quelques doutes. Dans le simulateur, j’ai pressenti que la réglementation prendrait cette direction. C’est assez frustrant ; j’ai exprimé publiquement mon mécontentement à ce sujet. Les pilotes sont également des passionnés, et ce type de réglementation peut enlever une partie de cette passion. Nous sommes ici pour nous exprimer et profiter au maximum de notre expérience sur la piste.

P. Verstappen est certainement celui qui exprime le plus son désaccord.

R. Oui, ce qu’il a dit publiquement reflète ses opinions. Il n’a jamais eu peur de s’exprimer directement. Disons que ce n’est pas le meilleur pour le moral des pilotes.

P. Comment se déroule votre quotidien ? Vous voyagez constamment d’un projet à l’autre avec des véhicules très variés. Quelle est la vie d’un pilote professionnel de votre niveau ?

R. Ma vie est très dynamique. Heureusement, je mène une existence plutôt paisible en dehors des circuits. J’aime passer du temps avec mes amis proches, faire du sport, et profiter de ma conjointe, qui est très compréhensive envers ma carrière. Je sais que ce rythme ne durera pas éternellement. Le jour où je sentirai que ce n’est plus ma passion sera le moment d’arrêter.

P. Les gens ont souvent une image idéalisée de la vie d’un pilote de courses, mais elle n’est pas dépourvue de défis, n’est-ce pas ?

R. Lorsque j’ai rencontré ma femme, elle a rapidement compris que ce métier, bien que passionnant, a aussi des inconvénients : les voyages incessants, la solitude, les moments où l’on se retrouve seul… Je pense que tant que ce que je fais a du sens, c’est positif. Le soutien de ceux qui m’entourent est essentiel.

P. Continuerez-vous à partager vos opinions sur les réseaux sociaux ?

R. Oui, cela fait partie de moi. J’aime débattre et exprimer des avis, même si cela m’amène parfois dans des situations délicates. Cela reste un espace pour discuter et échanger.

Points à retenir

  • Dani Juncadella est un pilote reconnu avec une carrière riche, récemment associé à Max Verstappen pour le projet aux 24 Heures du Mans.
  • Le Nürburgring pose un défi unique aux pilotes en raison de ses conditions variées et de son tracé dangereux.
  • Les adaptations des pilotes de F1 à d’autres catégories de véhicules, comme les GT, témoignent de leur talent extraordinaire.
  • Les défis de la vie d’un pilote incluent la solitude et les sacrifices nécessaires pour atteindre des objectifs élevés.
  • La réglementation actuelle en Formule 1 suscite des débats parmi les pilotes, mettant en avant des préoccupations sur la passion et l’adrénaline qui les animent.

Au-delà des faits rapportés, cette conversation nous éclaire sur les dessous d’une carrière souvent idéalisée, mais tantôt solitaire et exigeante. En tant que passionné d’automobile, je suis fasciné par la dualité de l’engagement d’un pilote : savourer le frisson de la compétition tout en faisant face à des sacrifices parfois méconnus. À la fois admiratif et pragmatique, ce parcours, j’aimerais en savoir plus sur la manière dont il façonne les héros du monde automobile.


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