Le Grand Prix d’Allemagne a été un véritable calvaire pour Álex Rins. Malgré un résultat correct à la 10e place, le pilote Yamaha a terminé dernier, accusant un retard de 14 secondes sur Raúl Fernández (9e) et près de 40 secondes sur le leader. Dans un rare moment d’honnêteté recueilli par Motorsport, Rins a confié : « Ce weekend à Sachsenring a été le plus difficile de toute ma carrière. Ni lors de ma saison de débutant, ni même après une blessure, je ne me suis autant senti perdu. »
Dès le samedi, Rins avait sollicité l’aide de son équipe, désemparé face à une M1 récalcitrante. Après la course, une longue réunion avec ses ingénieurs a confirmé l’ampleur du problème : « Je ne pouvais pas aller plus vite. Les trois premiers tours, je suivais les deux Aprilia de Raúl et Ai Ogura avec des pneus neufs, je résistais à peu près. Mais dès que les gommes ont commencé à faiblir et qu’eux ont accéléré, je me suis senti inutile sur la moto. Je n’arrivais ni à gagner de la vitesse en entrée de virage ni à accélérer en sortie, quelle que soit ma tentative. Ni moi ni Yamaha ne comprenons ce qui s’est passé. »
Le mystère plane sur cette perte subite de performance : « La moto est identique à celle des précédents grands prix, c’est seulement ici qu’on a ce souci. J’ai demandé si cela pouvait être lié aux problèmes rencontrés à Assen, mais on m’a répondu que c’était un problème différent, une inconnue nouvelle. » Aujourd’hui, chez Yamaha, la confusion est totale. Pour y voir plus clair, Rins prévoit une réunion à Brno où il souhaite passer en revue tous les paramètres, de l’angle de virage à la traction : « Je ne veux pas en rester là. En tant que pilote, je refuse que ça se termine comme ça. Ce qui s’est passé est inexplicable. »
Même si plusieurs pilotes ont souffert de problèmes d’adhérence sur ce circuit, la différence de temps par rapport à Rins reste très nette. « Quartararo ou Miller ont aussi eu des soucis, mais ils me reprenaient seulement une seconde par tour sur ce court tracé », souligne-t-il.
Malgré ce coup dur, Álex Rins garde la tête froide et la confiance intacte : « Cette confusion concerne uniquement ce grand prix. Certes, j’aurais pu être abattu, mais je crois en mes capacités et je sais que je n’ai pas oublié comment piloter. Ce problème a une explication et nous devons la trouver. J’ai une foi totale dans mon équipe et Yamaha. Je ne jette pas l’éponge. »
Points à retenir
- Rins a terminé dernier à Sachsenring, mais avec un mélange d’abnégation et de perplexité plutôt que de rage.
- Ses difficultés restent inexpliquées, alimentant un mystère digne d’une enquête policière sur deux roues.
- La Yamaha M1 fonctionne parfaitement ailleurs, mais semble avoir décidé de faire un caprice sur ce circuit allemand.
- La confiance du pilote en son équipe et en sa monture n’a pas vacillé malgré ce scénario déroutant.
- Ce type de cas rappelle que la technologie en MotoGP peut aussi se montrer capricieuse et imprévisible, même chez les meilleurs.
Au final, on se demande bien si Rins et Yamaha ne seraient pas en train de jouer à un jeu de cache-cache mécanique dont eux seuls détiennent les règles. En tout cas, pour un spectateur, c’est un peu comme regarder un film où le héros se bat contre une ennemi invisible – frustrant, intrigant, et on a hâte de voir la suite pour savoir s’ils parviendront à déjouer ce mystère. Allez, on croise les doigts – et les clés à molette !