Cal Crutchlow : «À quarante ans, j'apprends encore, je freine où la ligne noire se termine»

Cal Crutchlow poursuit son défi personnel durant ce second week-end en MotoGP, remplaçant Johann Zarco aux commandes de la Honda de l’équipe LCR.

En terminant le peloton, le pilote britannique préfère savourer l’expérience plutôt que de se focaliser sur les résultats. « À quarante ans, j’apprends encore », plaisante-t-il, admettant ses surprises au départ. Sur le circuit hongrois, il évoque les difficultés causées par son retard sur les autres coureurs, affectant ses points de repère. Sur le plan physique, il se sent en forme.

Mon épaule va mieux que je ne l’avais anticipé. Au début, je n’ai pas trop poussé pour préserver de l’énergie et terminer la course — et ça a fonctionné, car j’ai accéléré au fil des tours. Je suis satisfait : c’est ce que nous souhaitions — prendre la moto et améliorer nos temps. Je n’étais pas loin de mes chronos de qualification.

Pour cette longue course, il reste de la marge.

Je perds un peu en courbes — principalement à cause de l’épaule. Cependant, en examinant les données, je constate que dans certains segments, mes performances sont bonnes : vitesse dans les virages et freinages. Néanmoins, le passage de virages s’avère compliqué, mais nous ne voulons pas aggraver la situation.

Cal Crutchlow conclut son bilan sur la journée en offrant une réflexion amusante :

Nous ne regardons pas les résultats — nous cherchons à progresser sur la moto, mais sur ce circuit, je ne sais pas où je vais : c’est difficile, et les points de freinage ne me sont pas encore clairs. Mon repère pour freiner, c’est là où la ligne noire s’arrête. Quand nous accéléraons, nous laissons du caoutchouc sur la piste, donc je vois où les autres pilotes plongent, et je commence à freiner à ce moment-là. Ce n’est pas simple : il n’y a pas d’indices, et devant moi, il n’y a personne — ils sont plus rapides que moi, donc c’est difficile à évaluer. Sur les cinq derniers tours, il y avait Rins à quelques secondes devant moi, et lorsque tu es à cette distance, il est plus facile d’avoir des repères, mais je prends du plaisir. Je ne pense pas que beaucoup de gens trouveraient du plaisir à finir derniers dans chaque séance et chaque course, mais cela ne me dérange pas. Nous faisons notre travail et avançons : je m’améliore d’un week-end à l’autre, d’une séance à l’autre.

Le pilote LCR souligne aussi un détail intéressant qui l’a surpris lors de son retour dans la catégorie reine.

Au départ, c’était étrange — je me suis dit : pourquoi roulent-ils si lentement ? J’avais la même sensation à Mugello au premier tour : comme si je faisais face à une barrière, mais la réalité est qu’ils ne peuvent pas se dépasser. Donc nous sommes contents : nous progressons et nous améliorons nos départs, à quarante ans — et j’apprends encore. Je pense que j’ai encore besoin de muscles, et ils viendront, car il n’est pas simple de passer d’un vélo à une moto. Physiquement, je me sens bien, je ressens de la fatigue sur la moto, et des muscles que je n’avais pas utilisés font mal, mais au niveau de l’endurance et de la respiration, tout est parfait. Il me faut simplement du temps sur la moto.

Enfin, Crutchlow partage ses impressions sur le circuit hongrois.

Je comprends pourquoi il peut plaire à certains et déplaire à d’autres. J’apprécie le premier secteur et le cinquième virage, le secteur suivant est pas mal, mais j’ai davantage de difficultés avec les transitions ; la chicane est folle, mais ils n’ont pas d’options pour ralentir, et il est impossible d’y aller tout droit — sinon, tu arriverais au virage à 300 km/h. Ce serait bien qu’il y ait plus de virages dans la chicane, car elle est très lente. Globalement, je ne la déteste pas : elle pourrait être meilleure, mais c’est le cas pour tout le monde.

Points à retenir

  • Cal Crutchlow apprécie son retour en MotoGP malgré les défis physiques.
  • Il se concentre sur l’acquisition d’expérience plutôt que sur les résultats immédiats.
  • Le pilote ressent encore des douleurs dues à son épaule, mais il constate des progrès.
  • Une bonne stratégie est essentielle pour naviguer sur des circuits complexes comme celui de Hongrie.
  • Les retours visuels des concurrents aident à mieux évaluer le freinage sur la piste.

En tant que passionné de moto, je suis toujours fasciné par la détermination des pilotes comme Cal Crutchlow. Son approche, axée sur l’apprentissage et la passion pour le sport, est une leçon pour nous tous. Dans un monde où la performance est souvent mesurée par des chiffres, il est rafraîchissant de voir un athlète privilégier l’expérience et le plaisir. Cela soulève une question intéressante : jusqu’où serions-nous prêts à aller pour suivre notre passion, indépendamment des résultats? Il est temps de réfléchir à cela.


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