Cela fait maintenant un an que Simon Crafar, ancien vainqueur de course en 500cc et désormais consultant TV, a succédé à l’ex-champion du monde Freddie Spencer en tant que directeur de course de la FIM, le garant de la justice en MotoGP.
L’arrivée de Crafar était annonciatrice d’un changement de mentalité indispensable après des années de critiques envers son prédécesseur. Cela s’est-il concrétisé dans le MotoGP ?
En résumé, oui. Bien que certains choix aient pu susciter des controverses (notamment auprès de certains pilotes et responsables d’équipes), Crafar, en 22 week-ends de course, a provoqué de nombreux changements espérés. Son remplacement s’est véritablement révélé être un succès.
Les critiques à l’égard de Spencer avaient émergé presque immédiatement après sa prise de fonction, notamment en raison de sa gestion du processus de décision. Les pilotes, tant ceux sanctionnés que ceux victimes de conduite agressive, se retrouvaient souvent sans explications, rendant difficile la compréhension des limites à respecter.
Au fil du temps, un problème majeur a également été révélé : l’inconsistance de Spencer dans l’application des sanctions, laissant perplexes non seulement les fans et les médias, mais également les pilotes et les équipes concernées.
Cette situation a fini par devenir intenable. Des pilotes cédaient parfois à des insultes directes envers les commissaires, une attitude inconcevable dans d’autres sports, alors que les journalistes étaient régulièrement repoussés lorsqu’ils souhaitaient comprendre les décisions prises.
Étant donné le parcours de Crafar dans les médias (en tant que journaliste dans le paddock MotoGP) et son approche amicale, la nouvelle de sa nomination a été accueillie avec enthousiasme. Ce retour positif s’est rapidement confirmé à travers le fonctionnement de la salle des commissaires sous sa direction.
“Avant tout, je suis satisfait des nouveaux commissaires,” a fait savoir le pilote Aprilia Trackhouse, Raul Fernandez, lors du Grand Prix d’Argentine, peu après le début du mandat de Crafar et après avoir été pénalisé pour un contact avec Enea Bastianini. “On peut discuter avec eux, ils expliquent leur point de vue, ce qui est agréable. On ne parle pas à un mur.”
Ainsi, une meilleure communication, à la fois formelle et informelle, a conduit à une meilleure compréhension des réactions des commissaires dans différentes situations, et à la définition plus claire de la ligne entre une course compétitive et une conduite inacceptable.
La philosophie de Crafar a été de laisser les pilotes courir librement, répondant ainsi à un souhait exprimé par les coureurs eux-mêmes, qui avaient auparavant critiqué le manque de sanctions sous la direction de Spencer. De nombreux incidents, qui auraient entraîné des pénalités dans le passé, ont ainsi été jugés non sanctionnables, offrant plus de liberté à la course.
Il est indéniable que Crafar et son équipe ont connu des erreurs en apprenant les rouages du métier. Mais celles-ci semblaient plutôt provenir d’une tendance à accorder un peu trop de clémence que de sanctions injustifiées pour des comportements qui, autrefois, auraient été réprimandés.
Il est juste de dire que le principal obstacle rencontrant Crafar est la matrice de sanctions rigide de MotoGP, qui annotent les actions avec des sanctions spécifiques sans tenir compte du contexte ou d’incidents antérieurs.
Par exemple, Franco Morbidelli a pu éviter des sanctions sérieuses durant l’année, malgré plusieurs infractions répétées dans différentes catégories de conduite. Cela découle de la suppression du système de points de pénalité de MotoGP, un sujet controversé depuis la fin de la saison 2015. Réformer cette situation pourrait bien être le prochain défi de Crafar, fort d’une année d’expérience.
Points à retenir
- Simon Crafar a succédé à Freddie Spencer en tant que directeur de course de la FIM, entraînant un changement bienvenu au sein de MotoGP.
- Sa gestion a favorisé une meilleure communication entre les pilotes et les commissaires.
- Les pilotes bénéficient désormais de plus de latitude durant les courses, ce qui a également plu aux fans.
- Des erreurs dans la gestion des sanctions sont inévitables, mais la tendance semble aller vers plus d’équité.
- Le défi à venir porte sur la réforme de la matrice de sanctions de MotoGP pour y introduire plus de flexibilité.
En tant que passionné de MotoGP, je trouve fascinant de constater comment la direction prise par Crafar peut transformer l’environnement du sport. Les discussions autour des sanctions et de la communication nous amènent à réfléchir sur l’équilibre entre compétitivité et fair-play, une question qui trouvera encore des échos dans les courses à venir. Il serait intéressant d’explorer les retombées de ces changements sur le long terme et de voir comment ils influenceront les dynamiques au sein des équipes et entre les pilotes. La saison qui s’annonce promet d’être riche en enseignements et en surprises !
