mar. Juil 14th, 2026

Liberty Media, le puissant groupe médiatique du milliardaire américain John C. Malone, s’active au sein de Dorna. Le dernier coup du propriétaire des droits de la Formule 1 : préparer une vaste restructuration de 1,225 milliard d’euros de dette pour le propriétaire de MotoGP, dont le rachat a été récemment finalisé après une longue enquête approfondie menée par Bruxelles.

Sous la direction de Carmelo Ezpeleta, fondateur et toujours actionnaire de Dorna après la vente partielle à Bridgepoint et au Canada Pension Plan Investment Board (CPPIB) — détenteurs à eux deux de 84% du capital, le management conservant 16% — un nouveau crédit de 800 millions d’euros en format TLB (prêt à terme B) est en voie d’être signé, avec échéance en 2032.

À cela s’ajoutera une ligne de crédit renouvelable (RCF) garantie senior de 100 millions d’euros, en remplacement de la précédente qui arrivait à échéance en 2028. Cette panoplie financière sera complétée par un prêt à terme A (TLA) garanti senior de 200 millions, tous deux venant à échéance en 2030.

L’objectif ? Utiliser une partie de ces nouveaux crédits, accompagnée de 125 millions d’euros en liquidités, pour couvrir les frais liés à la transaction et rembourser l’actuel TLB, dont le solde s’élève à 975 millions avec échéance en 2029. La dette TLA en cours, de 150 millions, expirant en 2028, sera aussi en partie effacée grâce à ce montage.

Les agences de notation ont déjà statué sur cette opération : Moody’s attribue désormais à la société une note Ba3, légèrement spéculative, soulignant la stabilité des revenus et bénéfices du MotoGP grâce à des contrats pluriannuels, une activité diversifiée, une rentabilité solide ainsi qu’un flux de trésorerie libre soutenu par une faible intensité capitalistique.

De son côté, S&P Global précise que cette opération n’impactera pas le levier financier du groupe. Selon leur analyse, l’endettement ajusté rapporté à l’EBITDA devrait baisser à 4,5 fois en 2025, contre 4,8 à la fin de 2024.

Acquisition par Liberty

Cette opération de refinancement intervient peu après que Liberty Media ait franchi avec succès les exigences réglementaires de la Commission européenne, obtenant un feu vert sans conditions pour son acquisition de Dorna. Ce rachat signé en 2024 avait suscité l’intérêt de poids lourds comme Disney ou encore de Qatar Sports Investments, détenteur du PSG.

Les inquiétudes des régulateurs européens avaient porté sur le risque qu’une concentration des droits sportifs de la F1 et du MotoGP entre les mains d’un même acteur puisse déstabiliser la concurrence sur le marché et éliminer certains compétiteurs.

Liberty a présenté aux investisseurs les chiffres clés post-acquisition : en 2024, Dorna a affiché un résultat brut ajusté de 161 millions d’euros sur un chiffre d’affaires de 462 millions, soit une marge d’environ 35%. Ses revenus proviennent d’une activité bien répartie entre droits audiovisuels (45%), organisation des courses (29%), sponsoring (18%) et autres sources (8%).

Points à retenir

  • Liberty Media n’est pas du genre à faire dans la demi-mesure, surtout quand il s’agit de consolidations dans le sport mécanique.
  • La dette de plus d’un milliard d’euros fait passer la note au-dessus du niveau “très safe”, mais l’appui de Moody’s et S&P reste assez rassurant.
  • Carmelo Ezpeleta continue de peser dans le jeu malgré la vente de la majorité du capital, preuve que le know-how reste une denrée précieuse.
  • L’aval de la Commission européenne est la double confirmation que le dossier a été étudié avec soin, même si la crainte d’un monopole sur les grandes compétitions reste palpable.
  • La diversification des revenus de Dorna est un bon bouclier contre les aléas des droites télé et sponsors, un vrai plus dans ce secteur.

Alors, à quand la fusion F1-MotoGP au point de vendre les deux sports sur la même plateforme numérique exclusive ? Ah, Liberty, toujours à l’affût des nouveaux horizons pour étirer ses tentacules… Tout cela promet un spectacle financier aussi palpitant que les courses elles-mêmes. Qu’en pensez-vous ? Le capitalisme sportif est-il en train de piloter à pleine vitesse vers une nouvelle ère, ou faudra-t-il d’ici là un pit stop réglementaire pour éviter de percuter le monopole ? Moi, j’en garde un œil sur la ligne de départ – et l’autre sur mon portefeuille !


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