Marc Márquez semble voler tout droit vers son neuvième titre mondial de MotoGP grâce à une saison 2025 tout simplement exceptionnelle. Le pilote espagnol n’a pas déçu lors de sa première année au sein de l’équipe officielle Ducati. Bien au contraire, il a prouvé qu’il pouvait retrouver le niveau de domination qu’il affichait avant sa blessure en 2019.
Alors que le championnat MotoGP s’apprête à atteindre son milieu de saison avec le onzième Grand Prix à Sachsenring — un circuit sur lequel Márquez a remporté pas moins de 11 victoires — le niveau de performance du multiple champion est incontestable. Sur les 10 premiers week-ends, il a remporté 9 sprints, échappant seulement à Silverstone. Sur les courses longues, il mène également avec six succès en Thaïlande, Argentine, Qatar, Aragon, Italie et Pays-Bas. Ses rares contretemps incluent des chutes alors qu’il menait à Austin et Jerez, une deuxième place en terres françaises sans prendre de risques, et une troisième place en Angleterre après une chute due au vent lors de la première tentative de départ.
Avec un tel palmarès, le #93 domine le classement pilote avec 307 points, soit 68 de plus que son principal rival… son frère Alex Márquez, qui a malheureusement chuté récemment après un contact avec Pedro Acosta, se blessant au doigt. Alex devrait être de retour à Sachsenring.
Sans ses erreurs en Espagne et en France, Marc Márquez pourrait même afficher plus de 100 points d’avance au général. Mais même en tenant compte de ces petits accrochages, il impose toutefois le plus grand écart de domination depuis l’instauration du format avec courses sprint en 2023. Ni Pecco Bagnaia, champion en 2023, ni Jorge Martín, sacré en 2024, n’ont pu égaler la régularité et la régence de Márquez cette année. Voici le comparatif :
| Pilote et saison | Points après 10 Grands Prix | Victoires et points en course longue | Victoires et points en course sprint |
|---|---|---|---|
| 🇪🇸 Marc Márquez (2025) | 307 points | 6 victoires (190 points) | 9 victoires (117 points) |
| 🇪🇸 Jorge Martín (2024) | 241 points | 2 victoires (155 points) | 4 victoires (86 points) |
| 🇮🇹 Pecco Bagnaia (2023) | 251 points | 5 victoires (165 points) | 4 victoires (86 points) |
Bagnaia a presque égalé le total de six victoires en course longue avec cinq succès (Portimao, Jerez, Mugello, Assen et Red Bull Ring), mais ses abandons à Termas, Austin et Le Mans lui ont coûté cher. Quant à Martín, sa régularité a payé, mais il n’a remporté que deux courses longues en 2024. Sur les sprints, lui et Bagnaia alignent quatre victoires chacun, mais Márquez les distance nettement avec neuf succès et une deuxième place en Grande-Bretagne, où les points sont particulièrement serrés.
La leçon de ce début de saison 2025 est claire : Márquez a relevé la barre en MotoGP. Avec des performances que l’on n’avait plus vues depuis 2014 et 2019, il rend quasiment impossible toute lutte pour le titre, même face à son frère Alex, auteur de sa meilleure saison en catégorie reine au guidon de la Ducati GP24.
Certes, Bagnaia ne semble pas à 100 % de son potentiel à cause de problèmes de confiance avec l’avant de la GP25. Quant à Martín, une triple blessure en pré-saison a sans doute freiné ses ambitions lors de sa première année chez Aprilia. Avec seulement 181 points après 10 courses, il reste loin de ses meilleurs résultats. Le championnat est donc clairement à l’avantage du Catalan, qui démontre que la clé reste la constance et la maîtrise du sprint combinées aux courses longues.
Points à retenir
- Marc Márquez plane presque sans décoller les pieds du bitume, renouant avec les performances d’antan, un peu comme si ses blessures n’avaient été qu’un mauvais rêve.
- 9 victoires en sprint sur 10, ce n’est pas juste un exploit, c’est un véritable festival — presque à se demander s’il ne devrait pas participer uniquement aux sprints.
- Son frère Alex fait pourtant figure de dauphin, mais même un accident et un doigt cassé ne semblent pas pouvoir freiner la famille Márquez dans cette année folle.
- Les adversaires, Bagnaia et Martín, montrent des signes de vie, mais entre blessures et petites erreurs, ils jouent plutôt dans la catégorie des “presque”.
- Le format sprint impose de nouvelles règles : il ne suffit plus d’être bon une seule fois le dimanche ; il faut aussi maîtriser le samedi. Clairement, Márquez l’a bien compris.
En résumé, il semblerait que Márquez ait remis les pendules à l’heure chez Ducati. Il domine le championnat avec une aisance qui frise l’insolence, et si cette dynamique se poursuit, le suspense finira peut-être par se résumer à savoir combien de points il rapportera dimanche plutôt que qui finira premier. Mais bon, après tout, le MotoGP reste un sport… et j’aime toujours une bonne surprise, à condition qu’elle ne me rende pas trop jaloux.