Si l’on devait résumer le parcours de Maverick Viñales en MotoGP en un seul mot, ce serait celui de « féru de voyages ». Depuis ses débuts en catégorie reine en 2015, le pilote espagnol a enchaîné les guidons, passant par Suzuki (2015-2016), Yamaha (2017-mi-2021), puis Aprilia (mi-2021-2024). Partout où il est passé, il a su monter sur la plus haute marche du podium, avant de rejoindre Tech3 KTM.
Depuis ses débuts, Viñales a presque touché à toutes les marques du plateau MotoGP à l’exception de deux : Honda et Ducati. Pourtant, il a récemment révélé qu’il avait failli rejoindre l’écurie de Borgo Panigale en 2018.
À cette époque, on lui proposait de s’aligner aux côtés d’Andrea Dovizioso pour les saisons 2019 et 2020, en remplaçant Jorge Lorenzo, parti chez Repsol Honda. Mais il avait préféré rester fidèle à Yamaha.
Sept ans plus tard, il confesse un peu de regrets. « Oui, c’est ce que je regrette le plus dans ma carrière sportive. En 2018, j’avais une offre pour intégrer l’équipe officielle Ducati en 2019 et 2020, aux côtés de Dovizioso, » a-t-il avoué lors d’une interview avec le média espagnol AS. « Ils m’avaient convaincu, j’étais prêt à y aller, mais le groupe avec qui je travaillais m’a persuadé de rester chez Yamaha pour essayer de gagner là-bas. Bien sûr, c’était une erreur totale. »
Ce qu’aurait pu être la carrière de Maverick Viñales

Depuis, Ducati a continué sa montée en puissance, devenant la référence incontestée que l’on connaît aujourd’hui, tandis que la carrière de Viñales a pris un tournant plus chaotique. Sa relation avec Yamaha s’est dégradée en 2021, ce qui a précipité son départ en cours de saison, se traduisant par une perte estimée à 17 millions d’euros sur un contrat fraîchement signé pour deux ans.
Heureusement, Aprilia a tendu la main pour relancer sa carrière, l’accueillant pour les six dernières manches de 2021. Il est resté trois saisons de plus avec la marque de Noale, décrochant une victoire à COTA en 2024. Un exploit qui fait de lui le premier pilote à s’imposer avec trois constructeurs différents en MotoGP.
En 2025, il roulera pour Tech3 KTM et apprivoisera la RC16, nouveau défi de taille dans sa carrière. Il a même réussi à monter sur le podium au Qatar, avant de rétrograder à la quatorzième place à cause d’une pénalité liée à la pression des pneus.
Lorsqu’on lui demande ce qu’aurait pu être sa trajectoire chez Ducati, Viñales répond avec une certaine philosophie : « Je n’en ai aucune idée. Je pense que tout ce qui arrive dans la vie a une raison. Peut-être que j’aurais rejoint Ducati, pris une mauvaise chute, et je n’aurais plus jamais roulé. Personne ne sait. Ce qui est sûr, c’est que le destin m’a conduit à KTM, et c’est une évolution que j’adore. »
Il ajoute : « Je suis fier de représenter ma famille aujourd’hui, de montrer à quel point ils comptent pour moi. Entre mon état d’esprit actuel et une aventure chez Ducati, je pourrais avoir trois ou quatre titres. Mais ce qui compte vraiment, c’est mon ressenti et d’être en paix avec moi-même. La paix intérieure, c’est le bonheur, et quand on est à l’aise, tout va mieux. Je me dis souvent de ne pas forcer les choses. Par exemple, à Mugello récemment, je me suis dit : “Si ça marche pas, ça marche pas, et mieux vaut attendre une meilleure opportunité.” Aujourd’hui, je veux surtout gagner. »
Points à retenir
- Viñales a roulé pour presque tous les grands constructeurs, sauf Honda et Ducati.
- Une offre Ducati en 2018 aurait pu changer radicalement sa carrière, mais il a choisi la loyauté envers Yamaha… avec regrets.
- Sa carrière a connu des hauts (victoires avec plusieurs marques) et des bas (rupture douloureuse avec Yamaha, pertes financières).
- Aprilia lui a servi de second souffle, avec trois saisons solides et une victoire historique en 2024.
- En 2025, il découvre le défi Tech3 KTM, avec pour l’instant de bons débuts mais quelques déconvenues.
- Viñales privilégie aujourd’hui l’équilibre personnel et la sérénité plutôt qu’une course effrénée aux titres.
En somme, Viñales est un peu le globe-trotter du MotoGP, toujours à la croisée des chemins, oscillant entre décisions cruciales et fortunes diverses. Qui sait si son destin serait devenu plus doré sur Ducati ou plus tumultueux ailleurs ? Ce qui est sûr, c’est que dans ce grand théâtre de la vitesse, on finit toujours par se demander : et si j’avais fait un autre choix ? Mais bon, n’est-ce pas là tout le sel de la vie… et du sport ? Allez, à la prochaine virée avec Maverick, ça promet d’être animé !