Johann Zarco triomphe aux 8 Heures de Suzuka malgré un été compliqué
Il est évident que Johann Zarco prend un plaisir enfantin chaque fois qu’il enfourche une moto, surtout après les efforts intenses des dernières semaines. Après sa participation au Grand Prix MotoGP de Brno sur la Honda RC213V du team LCR, le double champion du monde de Moto2 s’est envolé pour Suzuka. Il devait y former une équipe de trois pilotes avec Takahashi et Xavi Vierge, ce dernier remplaçant Iker Lecuona, victime d’une blessure lors de l’épreuve WorldSBK à Balaton Park.
Mais la situation s’est compliquée : Honda n’a pas réussi à obtenir à temps le visa de Vierge, qui a malgré tout pu participer aux essais avant d’être contraint de renoncer à la course. Cette mésaventure a non seulement frustré Vierge, mais aussi laissé seuls Zarco et Takahashi, exposés à une chaleur extrême rendant la compétition presque insoutenable.

Malgré ce handicap considérable, le duo Honda a offert à la marque aux ailes dorées sa quatrième victoire consécutive dans cette épreuve mythique. Il s’agissait du septième succès pour Takahashi, et du deuxième pour Zarco. Ce dernier a prouvé une fois de plus son engagement envers le constructeur tokyoïte, avec qui une extension de contrat en MotoGP est en préparation.
En dépit d’une course imposant un relais prévu pour trois pilotes, laissant moins de temps pour la récupération, Honda n’a jamais vraiment vu sa domination mise en danger, sauf lors d’une brève intervention de la voiture de sécurité dans le dernier quart d’heure. Une fausse alerte à la menace Yamaha, représentée notamment par Jack Miller, n’a pas suffi à troubler l’harmonie sur la piste.

« C’est toujours bien de pouvoir contrôler son avance, mais courir à deux dans une course pensée pour trois complique énormément les choses », a confié Zarco, visiblement épuisé physiquement, ne bénéficiant que d’environ 40 minutes de repos et de récupération dans une piscine, bien en deçà des standards habituels.
« La chaleur était accablante, on transpire énormément, on se fatigue vite et on a peu de temps pour récupérer. Ce n’est jamais facile de remonter sur la moto dans ces conditions », a-t-il ajouté. Le pilote LCR se prépare maintenant à retourner dans le championnat MotoGP en Autriche, dans deux semaines, marquant la première étape après un été très court en compétitions.
Malgré la fatigue accumulée, Zarco a déjà fait savoir son envie de revenir disputer les 8 Heures de Suzuka l’an prochain. « Cette fois, j’espère que nous serons trois pilotes. J’adore cette course, nous avons l’une des meilleures motos et c’est un vrai plaisir de la piloter. J’aime considérer ça comme mes vacances », a-t-il conclu avec un sourire complice.

Points à retenir
- Johann Zarco, ce compétiteur charmant, n’a pas quitté sa moto une seule seconde, même quand la chaleur aurait eu raison de n’importe quel mortel moyen.
- Honda cumule les victoires à Suzuka, histoire de rappeler qu’en endurance, ils maîtrisent encore leur sujet, même avec un effectif amoindri.
- Les imprévus liés à l’administration – on pense au visa de Vierge – peuvent sérieusement bouleverser la stratégie et le moral d’une équipe.
- Apparemment, les 40 minutes de repos dans une piscine, c’est le nouveau régime “sportif extrême” made in Suzuka, pour tester la résistance des pilotes.
- Zarco compte bien renouveler l’aventure l’an prochain… mais insiste pour être trois, parce que courir à deux dans ces conditions, c’est quand même un peu du masochisme, non ?
Au final, on pourrait presque se demander si cette compétition n’est pas un prétexte pour Zarco et ses collègues de s’adonner à du spa à haute température, façon moto. Dans tous les cas, cette course symbolise bien la passion dévorante qui anime ces pilotes : à l’épreuve du feu, dans tous les sens du terme. Et puis, avouons-le, regarder ces machines tourner sous la chaleur écrasante, c’est presque un sport extrême pour les spectateurs que nous sommes aussi. Alors, rendez-vous l’année prochaine, avec ou sans visa en poche, pour un nouveau chapitre de cette épopée moto mêlant sueur, stratégie et sourires sous casques. Qui est partant ?