Lors des récents tests officiels MotoGP à Aragon, Fabio di Giannantonio a suivi son coéquipier Ducati en GP25, Francesco Bagnaia, en essayant les disques de frein avant plus grands de 355 mm. Cependant, le pilote VR46 n’a pas ressenti les mêmes avantages que son collègue.
Bagnaia avait vanté ces disques agrandis, expliquant qu’ils avaient permis de retrouver un précieux ressenti à l’avant, ce qui l’avait aidé à terminer troisième lors du Grand Prix d’Aragon.
Di Giannantonio, qui rencontrait lui aussi des difficultés avec le retour d’information sur l’avant de sa moto, a donc tenté ces nouveaux disques lors du test du lundi.
« Le feeling sur la poignée de frein est différent, » a déclaré di Giannantonio. « Mais cela ne nous a pas donné plus de confiance ni un meilleur ressenti à l’avant. »
« C’est simplement différent, et l’équilibre général de la moto ne m’a pas convaincu, donc nous sommes revenus à notre configuration habituelle. »
Bien que Bagnaia ait perçu une nette amélioration avec les freins plus larges, di Giannantonio souligne que les styles de pilotage et les réglages des motos rendent toute comparaison directe compliquée.
« Nos styles de pilotage sont assez différents, tout comme notre position sur la moto, » ajoute-t-il. « Sans parler de nos réglages, qui ne se ressemblent pas vraiment. Difficile donc de dire que mon ressenti est le même que celui de Pecco. Pour être sûrs, il faudrait qu’on échange nos motos ! »
Retour sur le test MotoGP d’Aragon selon di Giannantonio
Malgré ce recul sur les freins, di Giannantonio a progressé dans d’autres domaines, réussissant à enregistrer le onzième meilleur temps lors des essais.
« J’avais peu confiance dans les virages rapides, ce qui est paradoxal car c’est normalement mon point fort. Je souffrais de ne pas avoir de retour d’information à l’entrée de ces courbes, » explique le pilote VR46.
« Aujourd’hui, nous avons fait des avancées. Au moins, on y voit plus clair. Ce n’est jamais facile de retrouver ce ressenti de façon constante, course après course, mais le but était de comprendre. »
Di Giannantonio a aussi réexaminé le carénage prototype présenté par Ducati en pré-saison. Il reste cependant prudent quant à une homologation rapide de ce design pour la compétition.
« Dire qu’il est 100 % meilleur ou pire est difficile, surtout que l’adhérence de la piste évolue à chaque passage. Il y a des points positifs et négatifs. Pour l’instant, on analyse tout, mais c’est envisageable, » précise-t-il.
Actuellement cinquième au classement général MotoGP, di Giannantonio accuse un retard de 134 points sur le leader Marc Marquez, lui aussi pilote GP25.
Points à retenir
- Les disques de frein avant plus grands ne font pas l’unanimité, même au sein d’une même équipe.
- Le ressenti du pilote reste une science aussi subjective que la météo en Aragon un jour de course.
- Changer de pièces, c’est bien, mais adapter la moto à son style de pilotage, c’est encore mieux.
- Le nouveau carénage Ducati intrigue, mais on n’est jamais pressé de valider un design sans être sûr qu’il respecte les lois du paddock.
- Di Giannantonio semble en quête de sens – et de sensations – plus que de simples chronos.
Au fond, on pourrait se demander si chaque innovation apportée par les ingénieurs n’est pas davantage un casse-tête pour les pilotes qu’une bénédiction. Comme quoi, avant de crier victoire sur un nouveau composant, mieux vaut échanger les motos… ou au moins les idées. Mais entre nous, qui aurait envie d’abandonner un virus confortable, même si c’est juste pour vérifier que chez l’autre, la fièvre est vraiment meilleure ?