dim. Juin 14th, 2026

La signature de Fabio Quartararo par Petronas SRT pour la saison MotoGP 2019 a suscité de nombreuses interrogations lors de son annonce à l’été 2018. Le jeune Français, considéré comme le successeur de Marc Marquez, avait vu l’engouement autour de lui s’estomper après des années en Moto2 et Moto3 qui n’avaient pas été à la hauteur des attentes.

Officiellement, Quartararo n’affichait qu’une victoire en Moto2, une seconde lui ayant été retirée pour des raisons techniques. Cependant, l’équipe SRT était convaincue que le talent du pilote, qui avait brillé durant ses années précédentes en MotoGP, était toujours présent et n’attendait qu’un cadre adéquat.

Dès ses débuts sur la Yamaha, Quartararo s’est illustré avec six poles et sept podiums en 2019, mettant même Marquez à l’épreuve lors de plusieurs courses.

Au début de 2020, Yamaha avait déjà décidé de le considérer comme le véritable héritier de Valentino Rossi et l’a recruté pour 2021. Ses trois victoires en 2020, une saison très changeante pour Yamaha, ont renforcé cette décision.

En 2021, Quartararo a remporté le titre dès sa première tentative avec l’équipe Yamaha, mettant fin à une attente de six ans pour le constructeur. En 2022, il a lutté jusqu’au bout, mais la moto n’était clairement pas à la hauteur face à Pecco Bagnaia et Ducati.

Cela fait maintenant un certain temps que Quartararo n’a pas remporté de victoire, la dernière date de 2022. Bien qu’il ait exprimé son mécontentement, Yamaha a réussi à le garder en interne avec un contrat de 12 millions d’euros jusqu’en 2026.

Aprilia n’a pas réussi à le convaincre malgré une offre de 4 millions d’euros, ayant seulement gagné quatre courses en dix saisons à ce jour.

Avec le recul, il est facile de penser que la décision de Quartararo peut avoir été motivée par l’appât du gain. Sa forme sur la M1 par rapport à celle de ses équipiers prouve qu’il est conscient de sa valeur en tant que pilote et de ce que cela implique en termes de rémunération.

Par certains aspects, sa confiance en lui semble biaisée face à Marquez, qui a accepté une baisse de salaire pour rouler sur une moto gagnante chez Gresini. Toutefois, cela découle d’une période où Marquez commençait à douter de ses capacités suite à des blessures.

En 2024, avec ses 31 ans, Marquez savait que le temps lui était compté pour prouver qu’il pouvait encore gagner. Il a réussi à le démontrer, et son contrat de base de 3 millions d’euros avec Ducati est désormais considéré comme une bonne affaire, bien qu’il tentera de renégocier pour sa valeur lors des négociations de 2027.

La décision de Quartararo de rester chez Yamaha avec ses succès passés et l’ingénierie de Max Bartolini semble logique. Cependant, en 2025, sa situation pose la question : que se serait-il passé si il avait choisi Aprilia ?

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing, 2025 Valencia test

Fabio Quartararo lors du test à Valence, 2025

Yamaha est de plus en plus dépendant de Quartararo

Le déclin de Yamaha ces dernières années n’a en rien entaché la réputation de Quartararo en tant que l’un des meilleurs pilotes du plateau. La saison 2025 a continué de le prouver, le plaçant en neuvième position au championnat.

Il est le seul représentant d’une marque japonaise dans le top 10, ce qui est impressionnant compte tenu des résultats mitigés de Honda. En revanche, Yamaha n’a marqué qu’un seul podium lors du Grand Prix d’Espagne.

Sur les 22 courses, Quartararo s’est qualifié dans le top 10 à 20 reprises, un chiffre reconfortant malgré les performances décevantes de la M1.

Yamaha possède indéniablement un pilote de talent, mais il est évident que ces quatre ans pourraient avoir été gâchés alors que Quartararo aurait dû briller après son titre mondial en 2021. Ses critiques fréquentes à l’encontre des performances de la moto témoignent de frustrations compréhensibles.

Yamaha a tenté de contrer cela en engageant Max Bartolini comme directeur technique, ce qui a apporté à Quartararo un regain de motivation. La décision de construire un moteur V4 mérite d’être soulignée pour convaincre Quartararo de rester.

Cependant, l’impatience des deux parties commence à se faire sentir. Quartararo a fait part d’un enthousiasme limité concernant la moto qu’il a testée, malgré quelques points qu’il apprécie.

Le principal problème actuel du V4 est le manque de sensations à l’avant, qui était la force de l’ancienne moto. Ce projet est encore au début de son développement, sans promesse de résultats immédiats.

Quartaro a déjà signifié qu’il n’a pas le temps d’attendre que Yamaha évolue dans un marché des pilotes qui bouge rapidement en vue de 2027.

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing, 2025 Valencia test

Fabio Quartararo lors du test à Valence, 2025

Yamaha doit envisager un avenir sans Quartararo

Les critiques constantes de Quartararo concernant les anciennes motos et le V4 commencent à agacer le directeur de Yamaha, Paolo Pavesio, qui a reconnu son mécontentement mais a insisté sur le fait que “nous sommes tous professionnels et dans le même bateau.”

Il est devenu évident que la patience de Yamaha est mise à l’épreuve, et Quartararo semble trop fixé sur le projet V4. Il souhaite une moto compétitive et Yamaha lui a fait comprendre que cela n’était pas encore envisageable.

Alors que les négociations de contrat approchent, Yamaha est à un tournant. Il n’a rien à offrir à Quartararo à court terme, mis à part plus d’argent et la promesse que le projet V4 portera ses fruits à l’avenir.

Quartaro sait maintenant que l’argent ne garantit pas forcément la meilleure machine, un enseignement qu’il retiendra sûrement pour ses décisions en 2027.

Il est également conscient qu’il a refusé des offres de Ducati et Aprilia, actuellement les meilleures motos sur la grille. S’il y a une opportunité, il ne ratera pas une troisième chance.

Le nouveau règlement de 2027 sur les moteurs de 850cc complique le choix, mais il est évident que seule Yamaha n’a pas le potentiel de victoire actuellement. Si Yamaha veut convaincre Quartararo de rester, ce sera sur la base de promesses concernant le bon développement du V4 et l’aide que Toprak Razgatlioglu pourrait apporter.

Les progrès de Honda, Ducati, et Aprilia rendent difficile d’imaginer qu’ils connaissent une chute de performance en 2027. Rappelons qu’au dernier changement de manufacturier de pneus, Yamaha en a été le plus impacté.

Si Yamaha ne parvient pas à se rétablir dès l’année prochaine et à bien commencer 2027, les tensions risquent d’augmenter entre les deux parties.

Peut-être que Yamaha devra revoir son approche et envisager de laisser partir Quartararo.

Yamaha a déjà vécu la difficulté d’accueillir un pilote insatisfait, comme Maverick Vinales en 2021. Même après avoir mis fin à son contrat anticipé, l’atmosphère n’était pas améliorée.

Avec son V4, Yamaha a besoin que tous ses pilotes soient unis vers un même objectif. Alex Rins et Jack Miller n’ayant pas récemment lutté pour des titres, il leur est plus facile de tempérer les attentes. Cependant, Yamaha a besoin des retours de son meilleur pilote pour aligner le développement de la V4.

Si l’attention de Quartararo reste fixée uniquement sur les résultats, cela pourrait freiner l’évolution du projet V4, surtout avec Razgatlioglu en phase d’apprentissage en MotoGP tout en participant au développement de la moto de 2027.

Yamaha pourrait aussi tirer des leçons de Honda, qui a prouvé qu’une séparation avec un pilote vedette peut finalement aider à l’avenir. La perte de Marquez a été un moment charnière pour Honda à la fin de 2023, mais les ressources économisées ont été réinvesties dans le projet.

À la fin de 2024, Honda a embauché de nouveaux talents pour relancer ses performances et, face à 2027, pourra revendiquer des positions intéressantes sur le marché des pilotes avec Quartararo dans sa ligne de mire.

Fabio Quartararo

Fabio Quartararo

Yamaha face à un marché des pilotes en difficulté pour 2027

Yamaha devra faire face à une période délicate. Avec chaque siège de l’usine convoité, la file d’attente pour un guidon Yamaha en 2027 ne sera pas longue ni peuplée de grandes stars.

La liste de pilotes en 2024 éclaircit déjà cette situation. Le talent ultime de Quartararo ne doit pas occulter la faiblesse générale du plateau. Rins, Miller et Oliveira sont tous des vainqueurs, mais leurs performances ont été fluctuant depuis les blessures.

Signer Razgatlioglu, champion du monde en Superbike, a été une belle prise, mais Yamaha semble penser que c’était le bon moment pour lui. Peu de doutes subsistent quant à sa capacité à s’adapter à la MotoGP, ce qui peut avoir encouragé Yamaha à être plus critique face aux plaintes de Quartararo.

Néanmoins, il est évident que Yamaha peine à imaginer un remplaçant à la hauteur de Quartararo s’il venait à partir. Cela pourrait signifier un choix difficile pour soutenir ses ambitions de championnats à l’avenir.

En fin de compte, Yamaha est dans une situation où un changement d’approche pourrait être bénéfique. À suivre.

Points à retenir

  • Yamaha a fait preuve de confiance envers Quartararo, mais cela pourrait nuire à l’équipe sur le long terme.
  • La situation actuelle met en avant l’importance de l’harmonie entre le pilote et la moto.
  • Le marché des pilotes en 2027 pourrait présenter des défis, d’autant plus si Yamaha ne répond pas aux attentes.
  • La séparation avec un pilote vedette peut parfois donner lieu à un renouveau bénéfique pour une marque.
  • Les décisions de Quartararo sont cruciales pour son avenir, tout comme pour celui de Yamaha.

En tant que passionné de MotoGP, il est fascinant de voir comment le destin de Quartararo et celui de Yamaha s’entrelacent. L’avenir de cette collaboration pourrait déterminer non seulement la carrière de Quartararo, mais aussi l’image de Yamaha sur le long terme. Les choix stratégiques à venir nous rappellent à quel point le monde de la compétition est imprévisible et stimulant, et nous invitent à réfléchir aux implications de chaque décision sur la scène mondiale du sport.


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