Le retour de Screamer, orchestré par l’italien Milestone, est empreint d’une belle touche de romantisme. Après avoir forgé sa réputation dans le domaine des simulations de sport automobile, ce studio milanais se penche sur un passé riche (mais souvent méconnu) où il était connu sous le nom de ‘Graffiti’. En 1995, Milestone a lancé l’original Screamer sur la plateforme MS-DOS, un jeu de course simple d’accès qui a su se forger une solide communauté grâce à une formule engageante et une sensation de vitesse incroyable pour l’époque.
Plus de trente ans après, l’entreprise italienne revit Screamer avec un design entièrement repensé, cherchant à capturer l’esprit arcade de l’original tout en le plaçant dans un contexte artistique et narratif tout à fait différent, sans négliger l’attrait et la jouabilité qui avaient fait le succès de son prédécesseur.
Neon City Blues : plongée dans la mode Tournoi
En faisant une parenthèse sur les ambitions réalistes de ses précédents titres, le studio milanais s’engage dans une interprétation arcade des courses, accessible et sans complexité excessive, reposant sur un système de conduite simple mais attrayant qui ajoute de la profondeur à l’expérience.
Cette nouvelle aventure se dévoile à travers une longue campagne solo intitulée « Le Tournoi », offrant une immersion dans un monde inédit tout en présentant une histoire riche en personnages bien développés. Le changement marquant réside dans le cadre futuriste de Neo Ray City, où les pilotes, possédant des réflexes presque surhumains, s’affrontent à bord de bolides futuristes dans une ambiance cyberpunk vibrante de couleurs éclatantes.
L’esthétique s’inspire largement de l’animation japonaise, renforçant les relations entre les équipes compétitrices et exposant leurs ambitions, motivations et conflits, le tout avec un riche éventail de second rôles bien caractérisés.
Milestone a fait un choix judicieux en évitant de se concentrer sur un unique protagoniste, permettant au joueur de vivre la narration à travers différentes perspectives, ajoutant ainsi de la profondeur aux interactions.
Les modes de jeu En plus du Tournoi, Screamer propose des modes classiques pour les jeux de course arcade : course rapide, épreuves en équipe, défi de points, et une variante intrigante appelée ‘Course Overdrive’ pour les joueurs à la recherche d’intensité. Évidemment, le multijoueur en ligne est également présent, avec une option pour des courses en écran partagé jusqu’à quatre joueurs.
Bien que les personnages puissent sembler disparates au premier abord, leur écriture de qualité parvient à créer une atmosphère immersive, malgré quelques problèmes de rythme et de redondance dans le scénario. Le passage entre les dialogues et les phases de course peut parfois sembler abrupt, perturbant l’expérience.

Le Tournoi de Screamer est une expérience réussie, bien que quelques faiblesses l’empêchent d’obtenir une note parfaite. Néanmoins, l’effort de Milestone pour créer un univers narratif riche et des personnages nuancés est à saluer.
Enflammer l’asphalte : le gameplay
Concernant le gameplay, Screamer opte pour un modèle de conduite accessible tout en intégrant des éléments techniques qui enrichissent l’expérience. Les voitures, au design distinctif, sont contrôlées par un nouveau système à double stick, permettant de diriger et de drifter simultanément.

Avec le joystick gauche, vous contrôlez la direction, tandis que le droit déclenche le drifting, sans avoir besoin de freiner. Cela rend les virages palpitants, nécessitant précision et timing pour éviter de percuter les barrières.
Un ajout marquant est l’introduction d’un système de changement de vitesses semi-automatique qui permet aux joueurs de gagner en dynamique pendant les courses. Gagner des points Sync lors des courses accélère le passage à la vitesse supérieure.
Atelier et Galerie Le menu principal offre l’accès à deux fonctionnalités : l’Atelier pour personnaliser les voitures, et la Galerie pour explorer des contenus annexes comme des croquis et des vidéos de la campagne.
Le système S.G.U. (Sync Gen Up) encourage un style de conduite énergique, tandis que deux indicateurs dans les véhicules permettent de libérer de l’énergie pour des manœuvres spectaculaires. Cependant, certains mécanismes, comme l’Overdrive, peuvent s’avérer difficiles à maîtriser.
Au final, Milestone a concocté une structure ludique fonctionnelle et divertissante, avec une profondeur inattendue qui ravira les fans de jeux de course arcade, qu’ils soient débutants ou experts.
Un style indéniable !
Visuellement, Screamer offre un style esthétique soigné, bénéficiant d’une bonne utilisation du cel-shading et d’une conception solide avec Unreal Engine 5. Les pistes, malgré leur beauté, peuvent présenter des problèmes de conception, parfois perturbant le rythme des courses.

Le son est bien réalisé, mêlant effets réalistes et musiques électroniques en harmonie avec l’univers du jeu. Le doublage, qui mélange plusieurs langues, est une touche originale qui mérite d’être soulignée et enrichit la diversité des personnages.
Après quelques heures de jeu, ces choix stylistiques sont finalement appréciables et contribuent à créer une expérience unique.
Points à retenir
- Retour d’un classique du jeu de course revampé pour une expérience moderne.
- Une campagne solo riche en narration et en personnages diversifiés.
- Des mécanismes de jeu accessibles mais avec une profondeur technique appréciable.
- Un style visuel distinctif, bien réalisé, qui renforce l’immersion.
- Un gameplay engageant, bien qu’avec quelques faiblesses structurelles à noter.
Dans l’ensemble, cette renaissance de Screamer suscite de véritables réflexions sur l’évolution des jeux de course. J’apprécie particulièrement la tentative de Milestone de marier nostalgie et innovation. Que penserons-nous des jeux de course dans les années à venir ? L’avenir nous le dira, mais une chose est certaine : le plaisir de la course est loin d’être révolu.