lun. Juin 15th, 2026

Un retour aux sources, un gameplay éprouvé et de nombreuses missions à mener jusqu’à la dernière étape : voici les caractéristiques de la dernière œuvre tentaculaire de Slitherine, RuneQuest : Warlords.

RuneQuest: Warlords

En paraphrasant une célèbre publicité d’autrefois, on pourrait dire que « Slitherine sait faire les choses ». Que ce soit avec leurs propres développements ou des sélections de jeux prisés, les productions de cette entreprise proposent toujours quelque chose de captivant qui justifie leur acquisition. Des stratégiques comme Starship Troopers : Terran Command et Terminator : Dark Fate – Defiance en sont d’excellents exemples, tout comme le récent Broken Arrow, sans oublier leur remarquable relifting du chef-d’œuvre Master of Magic.

On pourrait donc s’attendre à ce que le nouveau RuneQuest : Warlords soit à la hauteur de ses prédécesseurs en termes de gameplay, mais plusieurs éléments de ce titre n’ont pas réussi à nous convaincre.

Un retour aux sources

RuneQuest demeure une référence dans le monde des jeux de rôle depuis les années 70 et 80, où il rivalisait avec Dungeons and Dragons. Ainsi, la décision de Slitherine de redonner vie à cette IP semble judicieuse. Cependant, en jouant, on se rend compte que l’ambiance originale est peu présente et on dénote des éléments déjà vus et éprouvés. RuneQuest : Warlords est un jeu de guerre fantastique au tour par tour qui permet de gérer des unités variées, certaines substituables d’une mission à l’autre, et d’autres dont la survie est nécessaire jusqu’à la fin de la campagne. Le jeu propose trois factions (Empire Lunaire, Talastar et Chaos), intégrées au fil des 18 niveaux de la campagne, mais qui peuvent également être choisies librement dans les modes skirmish et multijoueur.

Interface du jeu
L’interface graphique n’est pas des plus claires, mais il suffit de quelques missions pour la maîtriser.

Le système de jeu ressemble à celui de Warhammer 40K Battlesector, qui est l’un des stratégiques les plus aboutis de Slitherine. Chaque tour, chaque unité utilise ses points de mouvement pour se déplacer sur la carte et activer ses compétences. La direction des unités revêt une grande importance, car elle leur permet de surveiller des zones spécifiques et de réagir aux mouvements adverses, en leur imposant même un arrêt complet en plus de les endommager. Les sorts jouent un rôle clé, en particulier ceux que possèdent les héros, qui ont souvent des effets décisifs mais soumis à des délais de recharge longs. On retrouve aussi des armées axées sur le corps à corps et des archers, une configuration classique qui peut paraître rassurante ou ennuyeuse, selon le point de vue.

Lumières et ombres

Le jeu offre une expérience appréciable pour les amateurs de Slitherine, mais si l’objectif était de recréer le magnifiquement conçu Battlesector dans l’univers de RuneQuest, il aurait fallu s’inspirer également de son incroyable design de missions, de ses ennemis et des situations qui immergent vraiment le joueur dans l’action, sans la frénésie d’un jeu d’action, mais de manière immersive comme sait le faire ce genre. RuneQuest, de ce point de vue, paraît un peu apathique ; les ennemis ne surprennent jamais, les niveaux, bien que prometteurs, finissent tous par révéler le même défi : « éliminez tous les ennemis restants » qui peut devenir redondant et souvent peu spectaculaire. En somme, le jeu manque d’épopée et d’adrénaline, n’offrant pas le puzzle armé à résoudre qui aurait pu l’élever.

Impression visuelle
Graphiquement, on aurait pu faire mieux, surtout au niveau audio.

Visuellement, RuneQuest est agréable, mais les unités se fondent souvent trop dans le décor, tant par leurs couleurs que par un manque de caractère. Si la qualité graphique n’est pas le critère premier dans ces productions, le caractère est essentiel, et on peut le trouver en LesNews dans d’autres œuvres de Slitherine. Avec son esthétique fantastique colorée, RuneQuest semble amalgamer trop d’influences tout en manquant de figures emblématiques. De plus, le son semble avoir été négligé, avec des effets manquants, des bruits peu convaincants et un doublage dispensable. La musique est souvent fade et disparaît presque totalement. Le peu, mais de qualité dont on a pu bénéficier dans d’autres productions semble ici insuffisant. Une occasion manquée, car redonner vie au gameplay de Battlesector aurait certainement séduit bien des joueurs.

Pour les passionnés…

Cela dit, ceux qui connaissent déjà l’univers de RuneQuest seront sûrement ravis de découvrir qu’un nouveau jeu lui est enfin consacré, et ils pourront s’enthousiasmer à la vue de nombreux héros et méchants bien connus qui feront leur apparition à l’écran.

Limitations des missions
Chaque mission impose des limites au nombre et à la force des unités pouvant être déployées.

Pour eux et pour ceux qui ont adoré Warhammer 40K : Battlesector, RuneQuest : Warlords est en état suffisant pour justifier son achat. Pour ceux qui n’ont pas encore exploré son catalogue, il existe de nombreux jeux de qualité supérieure, qui ne nécessitent même pas d’aller trop loin : un simple coup d’œil au catalogue de Slitherine suffit.

Conclusion

Version testée PC Windows

RuneQuest : Warlords est un jeu de stratégie à tour par tour solide, mais qui n’a pas reçu les éléments nécessaires pour briller pleinement. Les missions manquent de surprises et le jeu n’atteint jamais le rythme épique qu’on aurait espéré. De plus, sur le plan audio, il y a trop de failles, tant dans les effets sonores que dans le doublage. Une occasion perdue.

POINTS FORTS

  • Gameplay solide et éprouvé
  • Retour de RuneQuest, une véritable surprise
  • Modes skirmish et multijoueur disponibles : à vous de prouver votre force

POINTS FAIBLES

  • Missions peu captivantes
  • Qualité sonore insatisfaisante
  • Le jeu ne parvient pas à l’épique qu’il ambitionne

Points à retenir

  • Une ambiance nostalgique qui pourrait plaire aux fans de RuneQuest.
  • Des mécaniques de gameplay généralement solides, bien que parfois prévisibles.
  • Des factions variées et des modes de jeu diversifiés à explorer.
  • Un manque de surprises dans la conception des missions et des niveaux.
  • Un aspect audiovisuel qui pourrait bénéficier d’améliorations significatives.

Pour conclure, RuneQuest : Warlords soulève plusieurs questions. Peut-on vraiment faire revivre une franchise sans y insuffler une dose d’inspiration moderne ? En tant que passionné de jeux de stratégie, j’aimerais qu’on renouvelle davantage les expériences vidéoludiques, tout en restant fidèle à leurs racines. La passion pour le jeu peut-elle l’emporter sur les points faibles techniques ? Cheminons ensemble vers le futur de cette saga.


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