Les joueurs expriment régulièrement leurs mécontentements, parfois avec raison, d’autres fois moins. Lorsqu’un problème survient avec un jeu, il est tout à fait raisonnable de s’adresser au studio de développement pour chercher une solution. Cependant, certaines plaintes peuvent sembler exagérées. C’est le cas des développeurs de Farthest Frontier, Crate Entertainment, qui ont récemment dû faire face à un utilisateur particulièrement insistant, ayant en plus obtenu le jeu de manière illégale, c’est-à-dire à partir d’une version piratée.
Plaintes en série
Un certain BigBadAss33, dont le pseudonyme en dit long, a inondé le forum Steam de Farthest Frontier de ses commentaires. Il se plaignait de presque tout, alors que le jeu, très apprécié, bénéficie de 90 % de critiques positives. Il critiquait sans relâche, évoquant des cartes trop boisées, un système de commerce insatisfaisant, et un inventaire qu’il jugeait perfectible.
En mi-décembre, ce même utilisateur a rencontré des problèmes de plantages, augmentant ainsi la pression sur les développeurs. Finalement, le 21 décembre, il a ouvert une discussion sur la gestion du temps de jeu, à laquelle Zantai, l’un des développeurs, a répondu. Malheureusement pour lui, il a été pris en flagrant délit : « Veuillez acheter le jeu au lieu d’utiliser une version ‘non Steam’. » Le fil de discussion a aussitôt été clos.
Lancement de la version 1.0 de Farthest Frontier, sortie de l’accès anticipé

Comment les développeurs ont-ils su que BigBadAss33 ne possédait pas une version originale ? Zantai l’a expliqué sur Reddit. En effet, l’utilisateur a mentionné une « version non Steam », alors qu’aucune version de ce type n’existe, à part celles piratées.
Zantai a souligné que si un joueur ne souhaite pas soutenir le travail des développeurs, il ne devrait pas s’attendre à recevoir le même soutien que les acheteurs légitimes.
Néanmoins, Zantai précise qu’il n’a rien contre les pirates en soi. La question de la piraterie est complexe et punir un joueur n’est pas toujours la meilleure solution. Il a constaté que certains pirates essaient d’abord le jeu illégalement avant de l’acheter, et parfois même s’excusent. À ses yeux, ces joueurs méritent une seconde chance.
« Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les gens pirate des jeux, et parfois c’est simplement parce qu’ils ne peuvent pas se le permettre », a écrit Zantai. « Ce n’est pas une vente perdue, car elle n’aurait jamais eu lieu. Par contre, si vous pouvez vous le permettre mais que vous le faites par ‘protestation’ contre Steam ou autres, alors vous pouvez aller vous faire voir avec votre morale. »
« Si le travail d’un développeur indépendant vous procure du plaisir, aidez-le à mettre de la nourriture sur la table », a-t-il conclu. « Et si vous ne pouvez pas vous le permettre, ne vous vantez pas sur ses forums. »
Points à retenir
- Les plaintes des joueurs peuvent parfois friser l’absurde, comme dans le cas de BigBadAss33, un utilisateur ayant contourné l’achat du jeu.
- Les développeurs encouragent l’achat des jeux pour soutenir le travail de création.
- La piraterie pose des questions complexes, car certains utilisateurs peuvent tester avant d’acheter réellement.
- Il est essentiel de respecter la communauté et les créateurs de contenu pour un écosystème de jeu durable.
- Chaque perspective sur la question de la piraterie mérite d’être examinée, qu’elle soit celle des développeurs ou des joueurs.
En somme, cette situation soulève une réflexion importante sur les enjeux de l’achat de jeux vidéo et sur le respect dû aux créateurs de contenu. Il est nécessaire de questionner notre rapport à la piraterie et à l’accès aux jeux, tout en gardant à l’esprit la valeur du travail des développeurs, qui mérite d’être reconnu et récompensé. Quels sont, selon vous, les enjeux éthiques qui entourent la piraterie et l’accès aux jeux vidéo ?