Le syndicat Jupol, représentant majoritaire au sein du Conseil de la Police, a réagi suite à une publication d’ABC abordant le manque de communication des responsables politiques en matière de sécurité concernant les campements pour le droit au logement. Le syndicat fait état d’une absence d’informations essentielles transmises aux agents impliqués dans les opérations, ce qui compromet leur capacité à prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Ils imputent cette situation à un « intérêt électoral » et envisagent d’intenter une action en justice. Cette semaine, le Tribunal Supérieur de Justice de Madrid a refusé de prendre des mesures conservatoires, estimant que le délégué du gouvernement à Madrid n’avait pas manqué à ses obligations.
Jupol souligne que « la situation est particulièrement préoccupante en raison du manque d’informations sur les manifestations annoncées, les rassemblements et autres événements ». Selon le syndicat, la privation d’informations cruciales nuit à la préparation, à la coordination et à la réactivité des unités concernées.
Ils affirment n’avoir jamais rencontré une telle situation, même lors de précédents mandats gouvernementaux. Ils évoquent une « interruption des procédures habituelles » pour organiser les services de police face à des événements nécessitant l’intervention d’unités spécialisées en maintien de l’ordre, telles que l’Unité d’Intervention Policière (UIP) ou les Unités de Prévention et de Réaction (UPR).
Un précédent récent a eu lieu jeudi dernier, lors d’une marche partant du campement de la Puerta del Sol vers le domicile de Maricarmen, une vieille dame décédée deux semaines après son expulsion. Des milliers de personnes ont bloqué les routes entre les deux points. La Délégation du Gouvernement n’a pas prévu cette manifestation, qui n’avait également pas été signalée par les voies légales.
Lors de cette nuit-là, trois groupes d’unités UIP, soit environ 130 agents, étaient présents mais ont principalement accompagné les manifestants, tandis que la majorité des forces anti-émeute étaient positionnées aux alentours du Congrès des Députés afin de prévenir toute escalade.
Cette absence d’orientations et d’informations préalables est perçue par Jupol dans un contexte de « coïncidence avec l’appel aux élections et d’une montée des tensions sociales liée à la crise du logement ». « Un gouvernement en fonction ne peut justifier une négligence dans la coordination et la planification essentielles au maintien de l’ordre public », affirment-ils. Le syndicat constate également que les agents soutiennent ce point de vue depuis le 26 septembre, date à laquelle le campement a été installé.
« Ce n’est pas qu’un simple problème administratif : nous sommes face à une lacune qui pourrait avoir des conséquences directes sur la sécurité des policiers, la protection des citoyens et la capacité de réaction des forces de l’ordre. Les informations sur les manifestations et autres événements d’ordre public doivent impérativement être transmises à ceux qui sont responsables de la planification et de l’exécution des dispositifs de sécurité », ajoute-t-il. Deux journalistes ont tenté d’entrer en contact avec la Délégation du Gouvernement à plusieurs reprises jeudi après-midi, sans obtenir de réponse.
« Nous travaillons à l’aveugle »
Le syndicat envisage d’amener ces manquements devant les tribunaux, craignant que cette série de décisions simultanées à une période de forte tension sociale ne conduise à une situation encore plus conflictuelle dans les rues, avec des conséquences incertaines sur la coexistence et la sécurité publique.
Face à ces conditions de « travail à l’aveugle », les policiers exigent : le rétablissement immédiat des procédures habituelles de communication, de planification et d’émission d’ordres de service ; une communication complète et en temps utile aux responsables sur les manifestations annoncées et autres événements susceptibles d’affecter l’ordre public ; des explications formelles concernant cette situation et les responsabilités quant à la coordination manquante ; des garanties que les intérêts politiques ou électoraux n’interféreront pas dans la planification des services destinés à protéger les citoyens et les policiers.
Points à retenir
- Le manque de communication entre le Gouvernement et la police suscite des inquiétudes quant à la gestion des manifestations.
- Les syndicats dénoncent une possible politisation de la sécurité publique en période électorale.
- Des actions en justice pourraient être envisagées par les syndicats face à cette situation.
- Les tensions sociales s’intensifient autour des questions de logement et des expulsions.
- Les agents de police appellent à un retour aux pratiques habituelles pour garantir l’ordre public.
Il est essentiel de s’interroger sur la responsabilité des autorités face à leurs obligations de communication et d’action. En tant que citoyens, nous devons réfléchir à la façon dont ces manquements peuvent influer sur notre sécurité au quotidien et sur la confiance accordée aux institutions qui sont censées nous protéger. La situation actuelle soulève des questions fondamentales sur l’équilibre entre la sécurité publique et les intérêts politiques, et il est crucial d’y prêter attention.
