Amy Poehler, comédienne et ancienne figure emblématique de l’émission “Saturday Night Live”, s’est confiée avec franchise lors de son podcast “Good Hang”. Elle y évoque ses anciens sketches, reconnaissant que certains, à la lumière des normes actuelles, passeraient pour offensants.
Pour célébrer les 50 ans de “Saturday Night Live”, un segment “In Memoriam” a mis en lumière les blagues et personnages qui ont mal vieilli, renonçant à ceux qui reflétaient des stéréotypes ethniques, des comportements déplacés comme le harcèlement sexuel, le body-shaming, la panique homophobe, ainsi que d’autres moments controversés du show.
Tom Hanks, acteur engagé et très apprécié, qui introduisait cette séquence, a ironisé : “Même si ces personnages, accents, ou devrions-nous dire ces perruques ethniques, étaient manifestement de mauvais goût, vous en avez ri. Alors, si quelqu’un devait être ‘cancelled’, ce ne devrait pas être vous, le public ?” Une manière subtile et piquante de pointer notre complicité dans le temps.
Recul sur le temps et prise de conscience
Lors d’une discussion avec son ancien camarade Will Forte, Amy Poehler a partagé une réflexion sur la maturité en humour : “En vieillissant et dans la comédie, il faut comprendre que tout a une date d’expiration.”
Elle rappelle un épisode gênant lors d’un séminaire sur le harcèlement sexuel où, lors d’un jeu de dessins grivois avec Will Forte, elle a malencontreusement remis ses croquis au responsable du séminaire, pensant qu’il s’agissait de la feuille de présence. “Il a demandé : ‘C’est quoi ça ?’ et j’ai répondu : ‘Oh, ce n’est pas le bon papier, monsieur.’”
Elle revient ensuite sur le segment “In Memoriam” qui, selon elle, était une manière d’admettre publiquement les erreurs du passé. “On nous a montré toutes les façons dont on s’est plantés. On a joué des personnages qu’on n’aurait pas dû. Moi, j’ai fait de l’appropriation culturelle. Parfois sans savoir, parfois en étant consciente.”
Dans ce segment, Amy Poehler est visible dans une scène controversée où Ben Affleck incarne un personnage maltraitant un individu handicapé, tandis que d’autres acteurs apparaissent floutés pour avoir interprété des rôles racialisés. Parmi les imitations les plus discutées de Poehler figurent des personnalités telles que Michael Jackson, Yoko Ono et Kim Jong-il.
Elle a notamment incarné le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il lors d’un sketch en 2006, entourée d’interprètes incarnant des gardes nord-coréens pendant un discours du leader.
Amy Poehler conclut avec une note de sagesse : “C’est très concret, et la meilleure chose à faire, c’est de réparer, apprendre de ses erreurs, et faire mieux. C’est tout ce qu’on peut faire.”
Points à retenir
- Les comédiens de “Saturday Night Live” reconnaissent aujourd’hui que certains personnages et blagues ne supporteraient plus l’épreuve du temps.
- Le segment “In Memoriam” a été un geste rare d’autocritique dans un univers où l’auto-dérision ne suffit plus toujours.
- Tom Hanks rappelle subtilement que le public n’est pas exempt de responsabilité : rire de tout, oui, mais penser aussi un peu.
- Amy Poehler, avec sa franchise habituelle, partage ses moments gênants, montrant que l’humour est un terrain glissant où l’on trébuche parfois.
- L’appropriation culturelle et les stéréotypes ne sont plus tolérés comme avant, ce qui pousse artistes et spectateurs à une réflexion nécessaire.
En fin de compte, il semble que même les rois et reines du rire doivent s’incliner devant le jury implacable du progrès social. Mais entre nous, quand on voit tout le monde y passer — les comédiens, les personnages, le public — on se demande si on n’est pas tous un peu “cancelled” dans une dimension parallèle. Peut-être que la vraie question est : jusqu’où peut-on rire de tout sans qu’un jour notre propre souvenir ne devienne la punchline d’un autre ? Moi, je dis, faisons en sorte que ce jour soit encore bien loin, histoire de rigoler un peu plus longtemps.