lun. Juin 29th, 2026

Carmignac célèbrera son 35e anniversaire en 2024. Comme le souligne Edouard Carmignac, président et directeur des investissements de l’entreprise, dans sa lettre annuelle, cette longévité permet d’aborder l’avenir avec une certaine assurance. “Rien ne m’intéresse davantage que le futur. Dans ma quête pour dépasser les réponses faciles et immédiates, je cherche à comprendre la direction que prend notre monde et ce que les acteurs du marché sous-estiment ou surévaluent. J’avoue avoir les yeux grands ouverts face aux temps qui s’annoncent. Les plaques tectoniques de la géopolitique, de la technologie et du climat sont en mouvement, préparant le terrain pour des changements majeurs et des décisions cruciales,” indique-t-il.

Mais à quoi ressemble le monde que scrute Edouard Carmignac ? D’après ses analyses, 2025 débutera sous un nouveau mandat pour Donald Trump, une situation que beaucoup, notamment en Europe, considèrent comme une menace sérieuse. “Il est indéniable que ses positions répétées sur la transition climatique sont préoccupantes. Cependant, ces inquiétudes légitimes ne doivent pas occulter son inclination à favoriser le climat d’investissement aux États-Unis par une déréglementation accrue, une réduction des dépenses publiques et une administration propice à la technologie,” affirme-t-il.

Il estime qu’il existe de réels défis que l’Europe doit relever. “Prenons l’exemple de l’industrie automobile européenne, désormais tristement célèbre pour être le principal casse-tête des maux économiques du continent. Cela devrait servir d’avertissement. Il y a trop de réglementations et de lois du travail qui n’apportent aucune aide à ceux qui en ont le plus besoin. Cette prétendue naïveté face au commerce mondial et ces discussions à rallonge pour trouver des compromis sur le minimum commun dénotent un besoin urgent d’éveil collectif. J’ai personnellement appelé à cette prise de conscience, notamment en suggérant le nom de Mario Draghi pour la présidence de la Commission Européenne l’année précédente. Les retraites en sont un exemple. Personne ne croit véritablement que les systèmes de pension redistributifs traditionnels soient viables. Cela fait consensus. Les arguments idéologiques obsolètes retardent l’adoption de régimes de retraite à capitalisation, qui demeurent la seule option viable,” écrit-il dans sa lettre.

Dans ce contexte, Carmignac souligne que le manque de courage et les manœuvres politiques cyniques des décennies précédentes nous ont conduits à la limite de la faillite collective. “Faut-il attendre le dernier moment pour prendre des mesures décisives ? In fine, il est impératif de privilégier le pragmatisme. Des solutions existent déjà, comme le souligne le rapport Draghi. Il serait avisé de le lire et de l’appliquer”, déclare-t-il.

Pour conclure, il estime qu’investir avec succès au cours des 35 prochaines années nécessitera non seulement de sélectionner des valeurs attractives selon une approche ascendante, mais également d’intégrer une analyse géopolitique approfondie. “Nous nous doutons tous que la croissance mondiale va ralentir. Les pays avec une gouvernance politique défaillante seront laissés pour compte. Des forces différenciatrices influencent déjà la croissance : États-Unis contre Europe, Inde contre Chine, Argentine contre Brésil… J’ai toujours eu confiance dans le potentiel de croissance des marchés émergents et de la technologie. Je le crois encore, peut-être plus que jamais,” ajoute-t-il.

Pour finir, il ajoute que nous nous approchons d’un tournant face à l’essor de l’intelligence artificielle (IA), propice à l’émergence de nouveaux leaders et à l’expansion des frontières. “Beaucoup s’accordent à dire qu’il s’agit d’une révolution, mais je pense que nous sous-estimons toujours l’ampleur des changements à venir. Certes, ce sujet dépasse le cadre de la gestion d’actifs, mais pour nous la réponse est claire : nous devons adopter la technologie comme jamais auparavant. J’ai une confiance totale en notre contribution, qui devrait vous permettre de saisir les nombreuses opportunités à venir tout en dissipant l’appréhension qu’elles peuvent engendrer,” conclut-il.

Points à retenir

  • Carmignac envisage l’avenir sous l’angle des changements géopolitiques et technologiques imminents.
  • Il appelle à un réveil collectif en Europe face aux défis économiques et réglementaires, sollicitant une approche plus pragmatique.
  • L’émergence de l’IA est perçue comme une révolution dont l’ampleur est souvent sous-estimée, modifiant les dynamiques du marché et les investissements futurs.

En regardant vers l’avenir, il devient essentiel d’évaluer comment les tendances géopolitiques et technologiques vont interagir dans le paysage économique mondial. Quels nouveaux défis pourraient émerger pour les investisseurs et comment ces développements pourraient-ils redéfinir les stratégies d’investissement dans les prochaines décennies ?


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One thought on “Edouard Carmignac mise sur le potentiel des marchés émergents et de la technologie IA”
  1. C’est fascinant de voir comment l’avenir se dessine sous nos yeux, mélangeant technologie et enjeux géopolitiques. Un véritable tableau digne d’être exploré avec passion !

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