mer. Juin 24th, 2026

Mon colocataire, Hana, esquisse un sourire en tapant sur son ordinateur portable. Grâce à ses ricanements, j’en déduis qu’elle est en train de discuter avec sa famille. En réalité, elle interagit avec ChatGPT.

Elle affiche une expression familière, comme si elle discutait avec un ami de longue date. Ils se donnent des surnoms—« Chatty » et « Hanis ». Le grand modèle de langage (LLM) signe toujours avec un emoji souriant et timide.

Je plaisante sur leur « relation », mais je m’interroge aussi : cette proximité est-elle simplement amusante, potentiellement dangereuse, ou finalement bénéfique ? Un article de Forbes qualifie l’habitude de Hana d’anthropomorphisme, un « phénomène psychologique où l’homme attribue des caractéristiques humaines à des entités non humaines. » Puisque l’intelligence artificielle générative imite le comportement humain, nous commençons à lui faire confiance, risquant ainsi la dépendance ou la tromperie.

Cependant, alors que l’empathie est l’une des dernières caractéristiques purement humaines qui nous restent, je pense qu’il serait bon d’utiliser l’IA pour nous aider à la développer davantage, et non pas moins.

Je n’ose pas demander à ChatGPT comment se passe son après-midi, mais je remarque ma politesse à son égard. Je lui dis de prendre son temps quand je lui impose trop de demandes et n’hésite pas à ajouter un « s’il te plaît » et un « merci ». Une étude de Cornell a montré que les utilisateurs polis obtiennent de meilleurs résultats, et l’Université Waseda a publié des découvertes similaires. Toutefois, les deux études soulignent un point de basculement : « l’excès de flatterie » peut réduire les performances.

Pour la plupart des gens, c’est tout ce qui compte. Mon amie Maria parle à ChatGPT comme elle le ferait à Google. Elle est concise et ne perd pas de temps en compliments. Elle m’a confié : « Je parle à Chat comme à un autre moteur de recherche. » Cela est logique, car Google, tout comme ChatGPT, récupère des informations.

À la différence de Google, le LLM utilise le langage, applique des règles et communique. Il reflète la pensée humaine même sans l’avoir expérimentée. Ce qui est essentiel, c’est qu’il ne possédera jamais le genre de sentiment qui pousse Hana à demander à une machine si elle a passé un bon week-end. Ce même instinct qui, petite, l’incitait à utiliser les gommes de tous ses crayons de façon égale, pour que none ne se sente exclue. Ce que je considérais auparavant comme une frivolité chez ma colocataire est en réalité une caractéristique profondément humaine. Je pense qu’elle en sort grandie.

Le professeur de Stanford Benoît Monin mentionne que, à mesure que l’IA devient plus performante, notre humanité devient notre véritable richesse. Il la définit par des éléments comme « avoir des relations », « tenir des convictions », ou « être spirituel ». Ce ne sont pas seulement des traits qui nous rendent employables, mais aussi ceux qui nous unissent.

Quand nous étions petits, je me souviens que mon frère frottait sa serviette sur tout son visage à table. Il tenait le tissu, froissé tel un massif montagneux, dans ses deux petites mains. Lorsque notre mère le réprimandait, il répondait qu’il ne le faisait que chez nous. Pourtant, elle croyait que ce que nous pratiquons à la maison devient ce que nous faisons dans le monde ; ce que nous faisons lorsque personne ne regarde définit qui nous sommes. Peut-être que notre façon de parler aux machines ne déterminera pas comment nous traiterons les bébés, nos animaux de compagnie ou nos voisins. Mais cultiver l’empathie nous aide à conserver notre humanité, qui est l’une des caractéristiques les plus précieuses qu’il nous reste.

Points à retenir

  • L’interaction humaine avec l’intelligence artificielle peut favoriser, ou nuire, à notre capacité d’empathie.
  • Être poli dans nos échanges avec les IA semble produire de meilleurs résultats, selon des études menées dans ce domaine.
  • Le lien émotionnel que nous avons avec les technologies est révélateur de notre nature humaine, qui reste une ressource précieuse à préserver.

En conclusion, alors que nous naviguons dans un monde de plus en plus dominé par la technologie, il est intéressant de réfléchir à la manière dont nos interactions avec les machines peuvent façonner notre humanité. L’appel à l’empathie, même en conversant avec des intelligences artificielles, pourrait bien être une clé pour préserver ce qui nous rend véritablement humain.


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By Maria Rodriguez

Maria est Journaliste Trilingue indépendante depuis 2015, elle intervient sur LesNews Le Web est à nous dans les univers : International, Economie, Politique, Culture et d'autres faits de Société

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