Redonner vie et caractère à une résidence californienne des années 60 représente un défi de taille. Pour cette mission, les designers Jesse Rudolph et Joëlle Kütner ont fait appel à leur collègue Ben Willett. Amis de longue date, Joëlle et Jesse ont fondé en 2020 à Los Angeles l’atelier Ome Dezin, spécialisé dans la restauration de maisons historiques. Leur travail vise à préserver les codes architecturaux existants tout en intégrant un « design réflexif ». Parmi leurs réalisations récentes figurent la rénovation de la maison du producteur A. Quincy Jones à Brentwood et celle d’un cottage de style Tudor de 1927, autrefois propriété de la star du burlesque Lili St. Cyr. Ben Willett, quant à lui, dirige son propre studio à Los Angeles, où il collabore avec des artisans locaux et européens pour créer des espaces et des meubles sur mesure. Son œuvre, en constante évolution, mêle pièces uniques, collections en série et œuvres d’art, toutes empruntant un langage esthétique qui rend hommage au modernisme du XXe siècle. En parallèle, il s’occupe également de projets résidentiels, commerciaux et expérientiels, guidé par la conviction que les espaces doivent être vécus comme des « paysages émotionnels », au-delà du simple plaisir visuel.
La CM G1 House est née de cette collaboration entre les deux studios. Conçue pour un client privé, cette demeure témoigne d’une vision globale où architecture, intérieur, mobilier et environnement s’harmonisent. S’inspirant des principes du modernisme qui ont marqué l’histoire de la ville, la transformation valorise le lien de la maison avec son environnement. On y retrouve des espaces ouverts, des éléments artisanaux et des formes épurées. C’est un havre de paix qui véhicule intimité et modernité. Située sur une rue plane au sommet de Laurel Canyon, un quartier emblématique de Los Angeles célèbre pour son riche héritage culturel en matière de musique et d’art, la maison était en état de délabrement lorsqu’elle a été acquise. La conception originale, fragmentée, a posé un véritable défi pour Ben Willett, qui a choisi d’ouvrir l’espace afin de favoriser une circulation fluide.
La maison s’étend sur 230 mètres carrés, avec un espace de vie orienté au sud et un espace nuit au nord. Le point central est un foyer, autour duquel sont agencés un canapé sur mesure et d’autres espaces de vie. Jesse souligne : « L’objectif était de créer une ambiance chaleureuse et sophistiquée à l’aide d’une palette de couleurs raffinée. » Les concepteurs ont associé un parquet existant à des dalles de schiste irrégulières, tout en utilisant du bois de douglas pour les portes et certains éléments des salles de bain. Des pièces faites sur mesure ont vu le jour, notamment la porte d’entrée et divers meubles. En outre, des objets choisis avec soin par le studio Ome Dezin en collaboration avec un magasin de vintage de Los Angeles apportent une touche authentique à l’ensemble. Les tapis proviennent de la collection Whispers de cc-tapis, conçue par l’artiste multi-disciplinaire Scarlett Rouge.
Bon à savoir
- La CM G1 House illustre comment les rénovations peuvent redonner vie à des espaces en souffrance, en reconnectant passé et présent.
- La collaboration entre différents artistes et designers enrichit le projet, apportant diversité et créativité au projet.
- Le choix de matériaux durables et locaux favorise un design responsable et durable, en phase avec les attentes contemporaines.
Cet article rappelle l’importance d’allier esthétique et fonctionnalité dans l’architecture d’intérieur. La démarche des designers met en lumière le dialogue crucial entre l’histoire d’un lieu et son utilisation actuelle. Dans un monde de plus en plus tourné vers l’éphémère, comment maintenir cette connexion avec le passé tout en embrassant l’évolution des modes de vie modernes ?
