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Investissements et responsabilité : le procès de Facebook en question

En 2017 et 2018, Facebook a dépensé un total de 15 milliards de dollars en rachats d’actions, tandis que le PDG Mark Zuckerberg a sciemment choisi de sous-financer les équipes en charge de la confiance et de la sécurité sur Instagram, a révélé la Federal Trade Commission (FTC) lors du procès antitrust qui s’est tenu aujourd’hui à Washington, D.C.

Facebook a effectivement alloué 15 milliards de dollars à des rachats d’actions durant les deux années évoquées, tout en choisissant de ne pas investir suffisamment dans les équipes responsables de la confiance et de la sécurité sur Instagram, selon des déclarations faites devant le tribunal fédéral par la FTC.

Au cours du témoignage du Responsable de la sécurité de l’information chez Meta, Guy Rosen, le juge en charge de l’affaire a souvent exhorté l’avocate de la FTC, Susan Musser, à aller droit au but. Le juge a indiqué que la FTC avait consacré de nombreuses heures à explorer en détail le manque de ressources accordées à Instagram, suggérant que l’application aurait mieux fonctionné sans l’acquisition de Facebook pour 1 milliard de dollars en 2012, selon le juge James Boasberg.

Les révélations ont mis en lumière une évaluation interne des risques réalisée en 2019, qui indiquait que les algorithmes d’Instagram recommandaient des millions de comptes identifiés comme nuisibles, notamment des prédateurs sexuels, montrant que 27 % des recommandations faites étaient destinées à des mineurs.

Kevin Systrom, co-fondateur d’Instagram, a même exprimé des inquiétudes par e-mail en 2017, indiquant que le PDG ne semblait pas comprendre l’urgence des questions d’intégrité sur la plateforme. Systrom a demandé des anecdotes pour appuyer ses arguments, référant notamment à des cas tragiques impliquant des jeunes.

L’avocate de la FTC a confronté Rosen sur les rachats d’actions faits par Meta, alors que les documents internes montraient une décision “délibérée” de Zuckerberg de ne pas allouer les ressources nécessaires à l’intégrité d’Instagram, car le PDG estimait que l’application avait encore le temps pour se redresser.

En outre, Meta a investi environ 30 milliards de dollars au cours de la dernière décennie pour élaborer et mettre en œuvre des règles visant à interdire certains contenus et comportements sur ses plateformes. À l’heure actuelle, environ 40 000 personnes travaillent sur les questions de sécurité et de protection des utilisateurs sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger, selon Rosen.

L’avocate Leslie Pope a souligné la nécessité de répondre à certains arguments de la FTC sur le programme d’intégrité de Meta, tout en précisant que des témoignages d’experts à venir aborderaient des thèmes similaires.

Un expert en systèmes d’intégrité, Damon McCoy, professeur à l’Université de New York, a été appelé à témoigner pour la FTC. Il a chargé Meta d’évaluer si ses acquisitions étaient nécessaires pour obtenir les bénéfices d’intégrité revendiqués. McCoy a été confronté à des questions évoquant la possibilité d’obtenir les mêmes résultats d’intégrité sans l’acquisition par Meta.

Un autre point intéressant soulevé durant le procès concerne la technologie PhotoDNA, dont bénéficiait Facebook avant l’acquisition d’Instagram ; toutefois, McCoy a affirmé qu’Instagram aurait pu accéder à cette technologie gratuitement.

En résumé, le procès met en lumière des tensions entre l’innovation et la responsabilité en matière de sécurité et d’intégrité des plateformes.

Points à retenir

  • Les rachats d’actions de Facebook soulèvent des questions sur les priorités financières de l’entreprise face aux enjeux de sécurité.
  • Les algorithmes d’Instagram ont été critiqués pour leur recommandation de contenus potentiellement dangereux pour les mineurs.
  • Le témoignage d’experts continue d’explorer les implications des acquisitions et de leur impact sur le marché et la sécurité des utilisateurs.

Cela nous pousse à réfléchir : comment les entreprises technologiques doivent-elles équilibrer rentabilité, croissance et responsabilité sociale ? Les décisions stratégiques doivent-elles toujours privilégier la sécurité et le bien-être des utilisateurs, même si cela signifie limiter la profitabilité à court terme ?


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By Maria Rodriguez

Maria est Journaliste Trilingue indépendante depuis 2015, elle intervient sur LesNews Le Web est à nous dans les univers : International, Economie, Politique, Culture et d'autres faits de Société

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