mar. Juin 23rd, 2026

Selon un document interne examiné par Reuters, des chercheurs de Meta ont révélé que les adolescents se sentant coupables de leur corps à cause d’Instagram échangent un volume significativement plus élevé de “contenus liés aux troubles alimentaires” que ceux qui ne ressentent pas ce même seuil de culpabilité. Les publications exposées à ces utilisateurs comportaient des “visualisations proéminentes” de certaines parties du corps, ainsi que des “jugements explicites” sur les types de corps, et abordaient des thèmes de l’alimentation désordonnée et de l’image corporelle négative.

Bien que ce type de contenu ne soit pas interdit sur la plateforme, les parents, les adolescents et des spécialistes ont expressément signalé à Meta qu’ils le considéraient comme potentiellement nuisible pour les jeunes utilisateurs. Meta a interrogé 1 149 adolescents durant l’année académique 2023-2024 afin de savoir à quel point ils se sentaient mal dans leur corps après avoir utilisé Instagram. Par la suite, les chercheurs ont manuellement échantillonné les contenus visionnés par ces utilisateurs sur une période de trois mois.

Les résultats de cette étude ont montré que parmi les 223 adolescents qui se sentaient souvent mal à l’aise par rapport à leur corps après avoir consulté Instagram, 10,5 % des contenus visualisés étaient liés aux troubles alimentaires. En comparaison, ce pourcentage était de seulement 3,3 % chez leurs pairs n’exprimant pas de telles insatisfactions.

“Les adolescents qui rapportaient une insatisfaction corporelle fréquente après avoir vu des publications sur Instagram… ont été exposés à environ trois fois plus de contenus centrés sur le corps ou associés aux troubles alimentaires que les autres”, ont noté les chercheurs dans leur rapport. En plus des contenus liés aux troubles alimentaires, les adolescents avec des sentiments négatifs se heurtaient à un volume plus élevé de contenus jugés provocateurs, tels que les “thèmes matures”, “comportements à risque” et “souffrance”. Au total, ces contenus représentaient 27 % de ce qu’ils ont vu, contre 13,6 % pour les autres adolescents.

Les chercheurs ont précisé que leurs conclusions ne prouvaient pas que l’utilisation d’Instagram était directement en cause dans les sentiments négatifs, soulignant l’hypothèse que les adolescents éprouvant déjà des difficultés pourraient rechercher de manière proactive ce type de contenu. Ils ont également mentionné que les outils de dépistage de Meta n’avaient pas pu identifier 98,5 % des contenus jugés “sensibles”, selon les normes de la plateforme. Selon eux, ce résultat n’est “pas nécessairement surprenant”, car les efforts pour développer un algorithme efficace sont récents.

Ce rapport, qualifié de “non diffusé” sans autorisation, s’inscrit dans une série d’études internes démontrant une association entre l’exposition à des contenus de mode, de beauté et de fitness et le sentiment de mal-être corporel. Meta est actuellement sous le feu des projecteurs pour son impact sur la santé des jeunes, avec des enquêtes menées aux niveaux étatique et fédéral aux États-Unis.

Avec un engagement à réduire les contenus inappropriés, Meta a déjà diminué de moitié la quantité de contenus considérés comme dangereux pour les adolescents sur Instagram depuis juillet. Le professeur Jenny Radesky, spécialiste en pédiatrie à l’Université du Michigan, a salué la robustesse des méthodologies de cette recherche et a exprimé de vives inquiétudes quant à ses résultats, affirmant que cela soutenait l’idée que les adolescents vulnérables étaient ciblés pour consommer des contenus plus néfastes.

Points à retenir

  • Les adolescents éprouvant des sentiments négatifs à l’égard de leur corps sont exposés à davantage de contenus à risque sur Instagram.
  • Meta n’interdit pas les contenus perçus comme nuisibles, malgré des alertes reçues de la part de divers concernés.
  • Des efforts sont en cours pour affiner les algorithmes permettant de filtrer les contenus sensibles.
  • Un volume important de contenus jugés inappropriés reste non détecté par les outils de dépistage actuels de Meta.
  • La recherche souligne l’importance de continuer à surveiller l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes.

Il est essentiel de réfléchir à l’impact que les réseaux sociaux peuvent avoir sur notre auto-perception. En tant que passionné de médias et observateur des comportements humains, je trouve fascinant mais préoccupant de constater à quel point une simple application peut influencer notre bien-être mental. Les adolescents d’aujourd’hui se retrouvent souvent dans une réalité où l’image est tout. Dans ce contexte, la responsabilité des plateformes sociales devient cruciale. Comment équilibrer la liberté d’expression avec le bien-être des utilisateurs les plus impressionnables ? Cette question mérite d’être approfondie, car l’avenir de nombreux jeunes pourrait en dépendre.


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