Investir dans des actions reste souvent une aventure périlleuse, surtout lorsqu’il s’agit de jeunes entreprises dont la trajectoire est difficile à prévoir. Pourtant, un artiste a su décrocher le gros lot en acceptant des options d’achat d’actions en guise de paiement, plutôt qu’un règlement en espèces, lorsqu’il a décoré les premiers bureaux de Facebook, il y a presque vingt ans.

Toutes les entreprises débutent quelque part, et il est devenu courant pour les startups d’offrir à leurs employés et conseillers des actions comme incitatif ou forme de rémunération, dans une logique de valorisation à long terme.

La plupart du temps, cela ne débouche pas sur grand-chose : les sociétés trébuchent, parfois faillissent, et les actions se retrouvent sans valeur. Mais pour les plus chanceux, l’introduction en bourse peut transformer une mince participation en véritable pactole du jour au lendemain.

C’est exactement ce qui est arrivé à l’artiste David Choe. Commandé par Sean Parker, fondateur de Napster et alors président de Facebook, il a peint des fresques murales sur le thème de la Silicon Valley dans les tout premiers locaux de la plateforme, rapporte Market Realist.

Quelle a été la rémunération de David Choe chez Facebook ?

La légende veut que Choe ait eu le choix entre une rémunération immédiate de 60 000 dollars ou une participation équivalente à 0,25 % du capital de Facebook une fois son œuvre achevée dans les locaux de la société.

Pour beaucoup, refuser une somme conséquente au profit d’une part hypothétique dans une jeune entreprise semblait relever d’un pari risqué, voire insensé.

David Choe a pris le risque au lieu de recevoir 60 000 dollars
David Choe a pris le risque et accepté 0,25 % des actions Facebook plutôt que 60 000 dollars (Ramin Talaie / Corbis via Getty Images)

De son côté, l’artiste partageait ce scepticisme, jugeant Facebook et les réseaux sociaux comme un « mauvais pari » sans avenir. Mais Sean Parker l’a convaincu d’accepter les actions — un choix qu’il doit aujourd’hui bien remercier.

Lors de l’introduction en bourse de Facebook en 2012, l’action s’échangeait à 38 dollars. À cette date, la part de Choe valait aux alentours de 200 millions de dollars, soit une multiplication par plus de 3 300 fois par rapport à la somme immédiate initiale.

Quelle est la valeur actuelle de ces actions ?

Il est difficile de connaître précisément le nombre d’actions détenues par Choe à l’époque, d’autant que la transformation de Facebook en Meta a complexifié les calculs. En 2012, la capitalisation boursière était d’environ 104 milliards de dollars, avec environ 2,7 milliards d’actions en circulation.

Sur la base de sa part de 0,25 %, Choe possédait environ 6,8 millions d’actions. Aujourd’hui, au prix actuel des actions Meta fixé à 719,01 dollars, ces parts vaudraient près de 5 milliards de dollars.

La valeur actuelle des actions de David Choe
Si David Choe avait conservé ses actions, elles vaudraient aujourd’hui près de 5 milliards de dollars (STR / NurPhoto via Getty Images)

Selon Forbes, cela ferait de lui la 776e personne la plus riche au monde. Pas mal pour quelqu’un qui prenait les réseaux sociaux pour une blague, n’est-ce pas ?

Comment David Choe a-t-il dépensé cette fortune ?

David Choe, entre art et extravagances
David Choe a dépensé sa nouvelle fortune dans des chasses au trésor et des expositions artistiques originales (JC Olivera / Getty Images)

Évidemment, il a vendu ses actions dès que la société est devenue publique. On ne peut pas lui en vouloir, la patience avait été longue !

Mais il n’a pas trop réfléchi à l’utilisation de cet argent : il a organisé une chasse au trésor nationale avec un prix de 100 000 dollars cachés dans une simple boîte à chaussures dans sa chambre.

Il a aussi monté une exposition d’art très sélective à Los Angeles. L’entrée était gratuite, mais l’accès soumis à un long processus de candidature et la signature d’un accord de confidentialité prohibant toute divulgation du contenu.

Points à retenir

  • Opter pour des actions au lieu d’argent comptant est un pari risqué, mais parfois ça paye mieux qu’un jackpot à la loterie.
  • David Choe a cru que Facebook était un mauvais investissement… jusqu’à ce qu’il réalise qu’il venait d’accrocher l’« œuf d’or » de la Silicon Valley.
  • Les startups aiment bien faire miroiter des actions à leurs employés, même si la majorité de ces actions finissent dans le grand puits de l’oubli.
  • Chose intéressante : plutôt que de devenir un collectionneur d’œuvres d’art classique, Choe a préféré organiser des expériences artistiques aussi exclusives que secrètes.
  • On peut se demander si ce genre de risque serait aussi séduisant pour un artiste français face à nos startups hexagonales, ou si c’est plutôt du domaine de la Silicon Valley et ses miracles.

Au final, cette histoire nous rappelle que parfois, il faut savoir prendre des risques… ou du moins écouter un Sean Parker un peu insistant. Et puis honnêtement, qui n’a jamais pensé que Facebook était une blague à ses débuts ? Moi y compris. Maintenant, on peut dire que cet artiste a vu juste là où beaucoup d’autres se sont fait avoir. Allez, qui veut tenter le même coup avec les licornes tech d’aujourd’hui ? Moi, je dis ça, je dis rien, mais au moins, ça ferait une belle histoire à raconter au prochain apéro.


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