La connexion des Canariens à leur milieu local est plus forte que jamais. C’est ce que révèle la première étude approfondie sur l’identité et le patrimoine menée par la Direction Générale de la Culture et du Patrimoine Culturel du Gouvernement des Canaries. Cette enquête, réalisée auprès de plus de 2 000 résidents des différentes îles, a pour objectif d’analyser les facteurs qui façonnent l’identité personnelle, sociale et territoriale de la population, ainsi que son lien avec le patrimoine matériel et immatériel de l’archipel. Les résultats montrent que les Canariens se sentent principalement attachés à leur quartier, puis à leur île, et enfin à l’ensemble des Canaries. En revanche, l’identité par rapport à l’Espagne et à l’Europe apparaît plus faible.
Cet attachement local est particulièrement marqué, devant même des facteurs tels que la génération et le genre, qui influencent l’auto-identification. Des éléments comme la classe sociale, l’orientation sexuelle ou la religion ont, quant à eux, une incidence bien moindre qu’il y a quelques décennies.
Jeunes et âgés
Les plus jeunes accordent une importance accrue aux aspects personnels et culturels, alors que les personnes de plus de 50 ans se sentent davantage liées à des facteurs territoriaux. Toutefois, pour être Canarien, il n’est pas nécessaire d’être né dans les îles; l’essentiel est d’y avoir vécu. L’utilisation de la variante linguistique du espagnol local se classe au troisième rang dans la définition de « canarité ». Ainsi, cette étude confirme que l’identité canarienne est avant tout ancrée dans l’expérience de vie sur le territoire et le lien affectif au milieu naturel. Plus de 95% des personnes interrogées expriment leur fierté d’être Canarien.
Concernant le territoire, les jeunes se sentent plus en phase avec les côtes et les plages, tandis que les générations plus âgées recherchent l’attachement aux montagnes et aux ravins. En parallèle, l’étude met aussi en lumière les habitudes culturelles actuelles des Canariens, qui perçoivent le patrimoine non seulement comme un lien émotionnel, mais aussi comme un élément d’appartenance. La population accorde une grande importance à l’état de conservation du patrimoine, jugeant prioritaire la protection des biens immobiliers et la mise en valeur des centres historiques.
Représentativité
Ce travail de recherche fournit un aperçu actuel de la société canarienne, grâce à un échantillonnage réalisé entre le 16 et le 31 juillet de cette année, avec plus de 2 000 entretiens téléphoniques. L’analyse révèle que l’identité canarienne se construit aujourd’hui dans un équilibre entre l’individuel, le social et le territorial, et que la société se caractérise par sa diversité et son enracinement dans de multiples identités culturelles.
Le coordinateur de l’étude, le sociologue Juan del Río, a affirmé que la société canarienne est considérée comme « plutôt ouverte ». Il s’attendait à un portrait plus cosmopolite, mais a découvert que « nous retournons aux racines ». Il a également souligné que vivre et travailler aux Canaries prime sur le fait d’y être né, tout en notant que la majorité des Canariens se reconnaît dans le christianisme, fortement associé à des célébrations festives plutôt qu’à la pratique religieuse traditionnelle.
Outil
La conseillère aux Universités, à la Science, à l’Innovation et à la Culture, Migdalia Machín, a précisé que cette recherche est la plus exhaustive réalisée sur l’identité culturelle et les habitudes de relation au patrimoine aux Canaries. Elle a également insisté sur l’importance de ce type d’outil pour « comprendre qui nous sommes, comment nous nous sentons et comment nous souhaitons projeter la culture canarienne vers l’avenir ».
Le directeur général de la Culture et du Patrimoine Culturel, Miguel Ángel Clavijo, a ajouté que « les identités ne sont pas statiques ». Les générations précédentes se reconnaissaient dans d’autres dimensions de l’identité. Ainsi, le projet « Identitaria Canarias », lancé en 2023, illustre l’importance d’explorer, écouter et réfléchir sans préjugés.
Points à retenir
- Une enquête a été menée auprès de plus de 2 000 résidents des Canaries pour étudier l’identité locale.
- Les résultats montrent un attachement fort à la localité plutôt qu’à des identités nationales ou européennes.
- Les jeunes privilégient les éléments culturels, tandis que les plus âgés valorisent le lien territorial.
- La conservation du patrimoine est jugée essentielle par la population.
- Ce projet est le plus vaste sur l’identité et les rapports culturels aux Canaries.
Ensemble, explorons à quel point l’identité peut évoluer tout en préservant nos racines. La richesse de la diversité des expériences individuelles et collectives est une force que nous devons reconnaître et célébrer. La question demeure : comment pouvons-nous enrichir encore plus notre culture canarienne tout en honorant notre identité ? C’est une réflexion passionnante à poursuivre pour les générations futures.