La ministre de la Science, de l’Innovation et des Universités, Diana Morant, a éludé les irrégularités signalées au Centre National de Recherche sur le Cancer (CNIO) révélées par ABC. Lors de sa déclaration devant la commission de Science, Innovation et Universités au Congrès, Morant a mentionné que l’institut de recherche avait agi de manière «
contundente » face aux « supposées » irrégularités, sans toutefois confirmer leur existence.
À l’avenir, l’objectif du CNIO est de continuer à récolter toutes les informations nécessaires pour « organiser et clarifier ce qui a pu se produire au centre ». Parmi les irrégularités soulignées figurent des cas de harcèlement au travail, des achats d’œuvres d’art non liés aux missions de l’organisme, des frais de voyage excessifs et les sursalaires perçus par l’ancienne directrice pendant plusieurs années.
Avant cela, Morant a souligné l’importance du travail des chercheurs et du conseil d’administration du CNIO, le qualifiant d’organisme parmi les « plus importants d’Europe et un véritable phare de notre science », malgré les informations publiées. Elle a exprimé son regret des « doutes » qui pourraient exister sur les investissements en recherche contre le cancer, tout en affirmant qu’ils poursuivront « avec fermeté les responsables » de ces irrégularités, en tenant compte de l’implication financière des citoyens. Morant a également rappelé qu’elle occupe la fonction de “présidente honoraire” et qu’elle n’a pas de responsabilité dans les décisions du conseil.
Suite au départ de Blasco et Arroyo, un « nouveau chapitre » s’ouvre, en continuant la collaboration avec la justice et en menant un travail de « réorganisation pour éliminer les doublons et les niveaux intermédiaires ». Selon Morant, le parquet n’a pour l’instant demandé « aucune information » au CNIO concernant les irrégularités. Actuellement, seul le Tribunal des Comptes mène une audit qui dure depuis janvier pour examiner les recrutements de personnel, les biens et les services. Pour Morant, cette investigation reflète « le niveau de transparence » que l’institution s’efforce de maintenir.
« Le PSOE s’attachera à faire toute la lumière sur ces irrégularités et n’hésitera pas à poursuivre », a affirmé Morant, tout en pointant du doigt le Parti Populaire qui souhaiterait limiter l’audit du CNIO entre 2018 et 2023, et non durant toute la gestion d’Arroyo. Le PSOE, quant à lui, propose une enquête depuis 2011, couvrant ainsi tout le mandat de la direction sortante. « Quels types d’investigations le PP envisage-t-il s’il souhaite ignorer une partie significative de la période à examiner ? », s’est-elle interrogée.
Réactions divergentes
Après sa première intervention, les groupes parlementaires ont eu l’opportunité de questionner la ministre. De son côté, la députée Marije Fullaondo de EH Bildu a évité d’aborder les irrégularités, un choix partagé également par plusieurs de ses collègues. Le PSOE a tenu un discours en deux parties : Obdulia Taboadela a évoqué les avancées scientifiques de ce gouvernement, tandis que Roberto García a accusé le PP de vouloir attaquer la recherche publique.
Jacobo González-Robatto, de Vox, a posé plusieurs questions à la ministre sur la crise des irrégularités au CNIO. Il a demandé si les responsables présumés des irrégularités étaient encore en poste, si des mesures avaient été prises pour protéger les lanceurs d’alerte, et a interpellé Morant sur la gestion des données médicales partagées après le licenciement d’un consultant juridique. Le PP a aussi remis en question la capacité de Morant à mener sa mission, qualifiant son intervention de « gestion à temps partiel » et réduisant la crise à de simples « tensions internes ».
Points à retenir
- Diana Morant n’a pas confirmé l’existence d’irrégularités au CNIO malgré des accusations.
- Elle a valorisé le travail des chercheurs et la réputation du CNIO.
- Le CNIO se concentre sur la transparence en collaborant avec la justice et en auditant ses processus.
- Des interrogations demeurent autour de la gestion des ressources et de la protection des dénonciateurs.
- Les tensions politiques entre le PSOE et le PP impactent la perception publique du CNIO.
La situation qui se joue autour du CNIO soulève des questions plus larges sur la responsabilité dans la recherche publique. Comment assurer une transparence efficace tout en préservant la confiance et l’intégrité dans les institutions? En tant que citoyen, je me sens profondément interpellé par le rôle que nous devons tous jouer pour garantir une science éthique et responsable, essentielle pour notre société.
