
Photo : Réseaux sociaux (@diogomoreira_10)
Manuel Pecino révèle que le Brésilien était le premier choix de Trackhouse pour tester une MotoGP lors des essais d’Aragón, mais celui-ci a décliné l’offre.
Lors des récents essais à Aragón, Maverick Viñales a dominé une séance marquée par des chronos impressionnants, plusieurs pilotes ayant amélioré le temps de référence établi par Marc Márquez lors des qualifications du Grand Prix. Manuel Pecino et Antonio Jiménez ont expliqué sur la chaîne YouTube PecinoGP les rouages de cette journée riche en nouveautés, avec notamment les débuts de Manu González en MotoGP sous les couleurs de Trackhouse, ainsi que des essais de nouvelles technologies dont un nouveau système d’intercom entre pilote et équipe.
Un test peu ordinaire : données incomplètes et forte concurrence
Manuel Pecino souligne que, d’ordinaire, l’analyse des temps au tour permet de distinguer le pilote « ayant le mieux travaillé », mais cette fois-ci, la fiabilité des données laissait à désirer. Antonio Jiménez confirme : « beaucoup d’informations étaient incomplètes, avec une multitude de configurations testées, ce qui rend une large part des données douteuses. » Cette situation s’explique par le rythme intense dans le paddock où « il arrive que cinq personnes s’activent simultanément sur une seule moto », précise Pecino, notant que chaque membre de l’équipe occupe un rôle très spécifique.
Malgré cette complexité, la lutte était féroce : quinze pilotes se sont tenus en moins d’une seconde. Maverick Viñales (KTM Tech3) s’est imposé avec un temps de 1’45’’694, devançant de six millièmes Marco Bezzecchi (Aprilia). Marc Márquez (Ducati) complète le podium très serré, à seulement 0,055 secondes. Fermín Aldeguer (Gresini Ducati) et Pedro Acosta (KTM) complètent le top 5, à moins de 0,335 secondes de Viñales.
Records battus et évolutions techniques
Un trait marquant de ces essais est le nombre important de pilotes ayant roulé sous le record du circuit. Pecino rappelle que ce phénomène est classique sur des tracés comme Sepang où « après tant de journées d’essais, la piste est recouverte de gomme, ce qui améliore l’adhérence et accélère les chronos ». Antonio Jiménez insiste toutefois sur l’essentiel : « ce qui compte, c’est qui est capable de répéter ces temps sur la durée et en course. »
Les équipes en ont profité pour tester plusieurs nouveautés. Ducati a étudié un nouveau carénage aérodynamique, Aprilia a présenté une nouvelle face avant pour sa RSV4, tandis que KTM a expérimenté une « queue de dragon » controversée sur la RC16. Yamaha et Honda ont concentré leurs efforts sur de nouvelles bascules et structures, et le team VR46 a ajusté son package aérodynamique.
Les efforts d’Aprilia ont été particulièrement remarqués, Lorenzo Savadori s’étant focalisé sur le nouveau système d’intercom, tandis que Marco Bezzecchi a brillé en s’approchant de records. Pecino loue aussi la prestation de Raúl Fernández, qui a probablement vécu « son meilleur week-end depuis son arrivée chez Aprilia ». Le pilote espagnol a montré un bon rythme et une constance qui laissent entrevoir une progression notable. Bien qu’Aprilia n’ait pas communiqué officiellement, les chronos parlent d’eux-mêmes.
Débuts, chutes et opportunités manquées
Ces essais ont également été le théâtre du premier roulage en MotoGP de Manuel González, champion du monde Moto2, qui a pris le guidon de l’Aprilia Trackhouse en remplacement d’Ogura. Malgré une chute lors de sa première session, ses temps sont restés compétitifs vis-à-vis de pilotes habituels. Alex Rins, Pedro Acosta et Franco Morbidelli ont aussi connu des chutes sans gravité majeure.
Une anecdote révélée par Manuel Pecino a retenu l’attention : la première option pour piloter l’Aprilia en essais aurait été Diogo Moreira. Ce dernier aurait décliné la proposition, préférant se concentrer sur son développement avec Yamaha Brésil, au lieu de saisir cette occasion en MotoGP. Une décision stratégique qui laisse songeur sur les priorités dans ce monde tumultueux.
Points à retenir
- Des essais à la fois riches en performances et brouillés par des données lacunaires : un vrai bazar high-tech.
- Quinze pilotes en moins d’une seconde, on se croirait presque à une réunion de cosplayeurs speedés.
- Plusieurs innovations techniques présentées, du « queue de dragon » avant-gardiste de KTM au nouveau carénage Ducati, histoire de faire jaser dans les paddocks.
- Manuel González a fait ses premiers tours en MotoGP avec Trackhouse malgré une chute, preuve que l’apprentissage passe aussi par les gamelles.
- Diogo Moreira a dit non à la MotoGP, ce qui nous rappelle que parfois, on préfère rester dans son canapé que de sauter sur l’occasion… ou alors, il ne voulait pas rater la prochaine série sur Netflix.
Dans l’ensemble, ces tests à Aragón nous offrent un aperçu fascinant d’un paddock en ébullition où l’innovation côtoie la maladresse, et les rêves de vitesse se frottent à la dure réalité des compétitions. Alors, on applaudit l’audace des équipes et des pilotes, tout en se demandant si, au fond, toutes ces données et nouveautés ne servent pas surtout à alimenter la machine à suspense qui fait tourner notre passion pour la MotoGP. Parce qu’entre nous, qui n’aime pas un peu de chaos bien chronométré ?