Fabio Quartararo a signé trois poles positions pour Yamaha lors des quatre dernières courses de la saison 2025 de MotoGP, confirmant un net progrès par rapport aux performances en qualifications, souvent qualifiées de « catastrophe » ces dernières années.
Champion du monde en 2021, Quartararo totalise désormais 19 poles en catégorie reine depuis ses débuts en 2019, avec notamment six premières places en qualifications lors de son année rookie.
Si le Français a longtemps affiché une vitesse de pointe impressionnante, cette aptitude s’était estompée avec la baisse de régime de Yamaha entre 2023 et 2024, alors que la marque japonaise perdait du terrain face à ses rivaux.
« La vitesse sur un tour, c’était clairement un désastre l’an dernier, mais c’est devenu un point où nous avons progressé », confiait récemment Quartararo à l’issue du Grand Prix de Grande-Bretagne, illustrant l’amélioration en qualification dont il est le principal responsable.
L’arrivée de Max Bartolini, ancien de Ducati, à la tête du développement technique de la Yamaha M1 a contribué à cette remontée en puissance en 2025. Le tricolore a ainsi décroché une deuxième place en Espagne, juste après avoir signé la pole position pour la première fois depuis l’Indonésie en 2022.
Deux semaines avant, en effet, le pilote Yamaha avait retrouvé la première ligne au Qatar en se qualifiant troisième. Il a ensuite confirmé lors du Grand Prix de France, devant son public, en devançant de seulement 0,118 seconde Alex Marquez (Ducati) pour signer une deuxième pole consécutive.
Enfin, au Royaume-Uni, Quartararo a complété un triplé de poles en s’imposant face au même Alex Marquez, cette fois sur la piste de Silverstone, avec 0,309 seconde d’avance.

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Mais qu’est-ce qui a changé pour Quartararo et sa Yamaha ? L’un des éléments clés de ce retournement est la stabilité retrouvée dans le réglage de la M1. Bien que Yamaha innove toujours sur sa moto, depuis le Grand Prix du Qatar, les ajustements sont minimes et Quartararo peut se fier à une base stable qu’il maîtrise parfaitement.
« Pour moi, c’est clairement la constance : depuis le Qatar, nous n’avons rien changé ou presque. Quelques détails à la marge, parfois meilleurs, parfois pires, mais globalement la même base », explique le pilote français.
« Cela m’a permis de rester sur la limite en un tour, ce qui a toujours été une de mes forces. La confiance est revenue. »
Quartararo s’est toujours distingué chez Yamaha par sa capacité à faire la différence en qualifications. Cette saison, cela reste criant : sur la grille de Silverstone, le deuxième Yamaha le plus rapide était Jack Miller (Pramac) à sixième place, presque une seconde derrière. En France, Miller était encore son plus proche rival dans la famille Yamaha, à plus de 0,8 seconde.
En Espagne, Quartararo était le seul Yamaha à accrocher la Q2, Miller se classant loin derrière en 14e position.
Cette stabilité dans le réglage offre aussi l’avantage à Quartararo de mieux exploiter un changement de style de pilotage amorcé depuis la fin de la saison dernière, axé sur une gestion plus douce de la poignée des gaz.
Moins d’électronique intervient sur l’accélération, ce qui augmente la vitesse en sortie de virage, mais réclame une délicatesse accrue pour éviter quela roue arrière ne glisse ou que la moto ne part en highside, pas toujours facile à gérer pour lui.
« J’ai commencé à travailler là-dessus depuis le Grand Prix de Malaisie 2024, en modifiant mon style de pilotage », indique Quartararo. « Ce n’était pas évident, mais depuis le test à Sepang, ça s’améliore. Sur le plan électronique, nous faisons aussi mieux que par le passé. »
« Il a fallu rendre tout cela beaucoup plus fluide, avec le moins d’intervention électronique possible, pour une ouverture des gaz plus propre. Au début, on sentait moins d’adhérence, et le risque de highside était élevé. Mais pas à pas, on y arrive, et même quand je pousse fort, je reste doux sur la poignée. Ça me donne plus de confiance. »
Points à retenir
- La full stabilité dans les réglages depuis le Grand Prix de Qatar est devenue la recette secrète de la Yamaha M1 de Quartararo.
- Modifier son style de pilotage en douceur, c’est un peu l’équivalent en MotoGP de passer du café serré au thé vert detox.
- Les progrès techniques apportés par un ancien de Ducati ne font pas que refroidir le café, ils remettent Yamaha au goût du jour.
- Le Français réussit toujours à creuser l’écart face à ses coéquipiers, pour le plus grand plaisir de ses fans (et la frustration de Miller, peut-être).
- Moins d’électronique ne veut pas forcément dire moins de performance, mais demande un style plus fin, preuve que le pilotage a encore son importance.
Alors voilà, on croyait Yamaha en plein doute existentiel, et voilà qu’avec un peu de patience, une pincée d’ajustements et un soupçon de talent, ils remettent tout ça à plat. Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre… et à qui change un peu son style en douceur. Et si finalement, le vrai pilote, ce n’est pas celui qui va vite, mais celui qui s’adapte au mieux aux mystères insondables de l’électronique ? Je dis ça, je dis rien…